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20 avril 2021 • Les petites sociétés vues du Québec : bilan et prospective

Recherches sociographiques sollicite des propositions d’articles en vue de la préparation d’un numéro spécial : Les petites sociétés vues du Québec : bilan et prospective

« La plupart des comparaisons, que ce soit en Occident ou avec des pays en voie de développement, se sont limitées aux plus grandes et aux plus influentes unités sociales et ont eu tendance à négliger les expériences riches et variées des petites entités politiques, en particulier les nombreux ‘États sécessionnistes’ européens après 1814, 1830 et 1918, et leurs histoires de construction nationale: ce sont, après tout, les entités les plus immédiatement comparables aux États récemment formés au Tiers-monde. »

 

Stein Rokkan, 1971, p. 10-11[1]

La taille des sociétés revêt un intérêt de connaissance classique auquel réfléchissaient déjà d’illustres penseurs tels Platon, Aristote, Montesquieu et Rousseau (Dahl and Tufte, 1973). Il s’agit aussi d’un enjeu contemporain, celui d’un monde globalisé où les grands États-nations font de moins en moins figure de modèles universels. Selon le politologue catalan Joseph M. Colomer, deux tiers de la population mondiale vivrait aujourd’hui dans une « petite nation » (2007). C’est dire que sous diverses acceptations que résume la notion de « petites sociétés » (petites nations, petits États, petits pays, micro-États, sociétés insulaires, etc.), celles-ci posent autrement les enjeux de la politique internationale (Steinmetz et Wivel, 2010), les opportunités du marché mondial (Van Den Bulcke, Verbeke et Yuan, 2009), les normes démocratiques et étatiques (Keating et Harvey, 2014), les formes de nationalisme (Laniel et Thériault, 2020) et les imaginaires collectifs (Delsol, Maslowski et Nowicki, 2002), pour ne nommer qu’eux.

En effet, les petites sociétés soulèvent des questions épistémologiques et méthodologiques originales et heuristiques pour des sciences sociales et humaines habituées aux perspectives de sociétés de moyennes et grandes tailles. Que voit-on et que vit-on à l’autre bout du regard que les grandes sociétés projettent sur le monde (Boucher et Thériault, 2005)? Peut-on faire de ce regard autre, de ce regard petit, non hégémonique et fragile, un outil heuristique pour comprendre les enjeux de nos sociétés contemporaines? Comment y réagit-on aux grands processus modernes, par exemple la mondialisation et ses appels à une convergence des cultures? Quelles sont les expressions les plus courantes de la « petitesse », ainsi que ses cas types historiques et contemporains? Comment entre-t-on, comment sort-on, comment mesure-t-on la « petitesse », politiquement, économiquement, culturellement, religieusement et cognitivement?

Ces questions sont discutées et ces notions sont employées au Québec depuis longtemps, et avec une vitalité renouvelée depuis quelques années. Déjà, François-Xavier Garneau, Lionel Groulx et Fernand Dumont réfléchissaient au Canada français et au Québec comme « petite nation ». Plus récemment, on recense notamment les ouvrages de Gérard Bouchard en études des mythes (2013a,b), Alain-G. Gagnon en études des sociétés plurinationales (2011), Stéphane Paquin (2001, 2016) et Hubert X. Rioux (2020) en économie politique, François Paré (1994a,b) et Isabelle Daunais (2015) en littérature,  et Joseph Yvon Thériault (2005, 2020) en sociologie politique, souvent dans une perspective comparée, avec pour vis-à-vis les nations d’Europe centrale et orientale, les États scandinaves, les nations sans États souverains d’Europe de l’Ouest. Parfois même, ce sont des universitaires étrangers qui invitent les chercheurs québécois à concevoir leur société au prisme de la petitesse (Hughes, 1953). Cette fécondité pérenne du prisme d’analyse des petites sociétés invite à en consolider l’objectivation et à en poursuivre la problématisation (Cardinal et Papillon, 2011; Laniel, 2018, 2021).

Ce numéro spécial de Recherches sociographiques a pour objectif principal de fournir un bilan prospectif du champ d’études québécois des petites sociétés, tout en accueillant des études de cas sur le Québec qui placent en leur centre la notion ou la réalité des petites sociétés, notamment dans une perspective comparée. Par exemple, quels sont les principaux travaux sur le Québec comme petite société? Quelles questions soulèvent-ils? À quoi reconnaissent-ils et mesurent-ils la petitesse? Quelles disciplines en font un objet et un prisme d’analyse? Quel concept plus précis emploient-elles, et pourquoi? À quelles petites sociétés compare-t-on le Québec, et pourquoi? Quels sont les défis de ce champ d’études à la fois ancien et en émergence? Comment cette notion est-elle reçue et travaillée dans les réseaux savants internationaux? Peut-elle être élargie à l’étude de sociétés non occidentales? Quelles solidarités pourraient en émerger?

Le numéro spécial rassemblera des articles produits par des chercheur.euse.s issu.e.s des sciences sociales et humaines, ou d’autres disciplines apparentées.

 

SOUMISSION D’UNE PROPOSITION DE CONTRIBUTION

Pour soumettre une contribution à ce numéro spécial, les auteur.trice.s sont invité.e.s à nous faire parvenir en premier lieu une proposition d’article comprenant les informations suivantes :

  • Nom de ou des auteur.trice.s, incluant l’affiliation, les coordonnées complètes ainsi qu’une courte notice biographique;
  • 3 à 5 mots-clés;
  • Proposition d’article sous forme de résumé (entre 250 et 500 mots, police Times New Roman 12 pts, double interligne), incluant une problématique, l’approche méthodologique privilégiée et un minimum de 5 références bibliographiques.

Ce numéro spécial est dirigé par le sociologue Jean-François Laniel, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval.

Les propositions de communication doivent être envoyées par courriel à  jean-francois.laniel@ftsr.ulaval.ca avant le 1er septembre 2021.

 

CALENDRIER

26 avril 2021 : Lancement de l’appel à contributions

1 septembre 2021 : Date limite pour la soumission d’une proposition

15 septembre 2021 : Notification aux auteur.trice.s de l’acceptation de leur proposition

15 mars 2022 : Date limite pour la remise de l’article par les auteur.trice.s

 

BIBLIOGRAPHIE

Bouchard, Gérard, « The Small Nation with a Big Dream: Québec national myths (eighteenth-twentieth century) », dans G. Bouchard (dir.), National Myths: Constructed Pasts, Contested Presents, New York, Routledge, 2013a, p. 1-23.

Bouchard, Gérard, « Neoliberalism in Québec: The Response of a Small Nation Under Pressure », dans P. A. Hall et M. Lamont (dirs.), Social Resilience in the Neoliberal Era, Cambridge, Cambridge University Press, 2013b, p. 267-292.

Boucher, Jacques L. et Joseph Yvon Thériault (dirs.), Petites sociétés et minorités nationales. Enjeux politiques et perspectives comparées, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 2005.

Cardinal, Linda et Martin Papillon, « Le Québec et l’analyse comparée des petites nations », Politique et Sociétés, vol. 30, no 1, 2011, p. 75-93.

Colomer, Josep M., Great Empires, Small Nations. The Uncertain Future of the Sovereign State, London & New York, Routledge, 2007.

Dahl, Robert A. et Tufte, Edward R., Size and Democracy, Stanford, Stanford University Press, 1973.

Daunais, Isabelle, Le roman sans aventure, Montréal, Boréal, 2015.

Delsol, Chantal, Michel Maslowski et Joanna Nowicki (dirs.), Mythes et symboles politiques en Europe centrale, Paris, Presses Universitaires de France, 2002.

Gagnon, Alain-G., Essais sur le fédéralisme et la diversité nationale, Québec, Presses de l’Université Laval, 2011​.

Hughes, Everett C., « Regards sur le Québec », dans Jean-Charles Falardeau (dir.), Essais sur le Québec contemporain, Québec, Presses de l’Université Laval, 1953, p. 224.

Keating, Michael et Harvey, Malcom, Small Nations in a Big World. What Scotland Can Learn, Edinburgh, Luath Press Limited, 2015.

Laniel, Jean-François, « Le Québec, petite nation ou société neuve? Regard sur les paradigmes comparatifs du Québec », Jean-François Laniel et Joseph Yvon Thériault (dirs.), Le Québec et ses autrui significatifs, Montréal, Éditions Québec Amérique (à paraître, 2021).

Laniel, Jean-François, « On the Relevance of Small Nations. Religion and Politics in S.N. Eisenstadt’s Multiple Modernities Paradigm », Nations and Nationalism, vol. 24, no 4, 2018, p. 1076-1096.

Laniel, Jean-François et Joseph Yvon Thériault (dirs.), Les Petites Nations. Culture, politique et universalité, Paris, Classiques Garnier, 2020.

Paquin, Stéphane, La revanche des petites nations: Le Québec, l'Ecosse et la Catalogne face à la mondialisation, Montréal, Vlb éditeur, 2001.

Paquin, Stéphane, « Small nation versus small states: the case of Quebec », dans H. Baldersheim et M. Keating (dirs.), Small States in the Modern World. Vulnerabilities and Opportunities, Cheltenham & Northampton, Edward Elgar Publishing, 2016, p. 131-144.

Paré, François, Les littératures de l’exiguïté, Ottawa, Éditions du Nordir, 1994a.

Paré, François, Théories de la fragilité, Ottawa, Éditions du Nordir, 1994b.

Rioux, Hubert X., Small Nations, High Ambitions. Economic Nationalism & The Politics of Venture Capital in Quebec and Scotland, Toronto : University of Toronto Press, 2020.

Rokkan, Stein, « Nation-Building: A Review of Models and Approaches », Current Sociology, vol. 19, no 3, 1971, p. 7-38.

Steinmetz, Robert et Wivel, Anders (éd.), Small States in Europe. Challenges and Opportunities, Aldershot & Burlington, Ashgate, 2010.

Van Den Bulcke, Daniel, Alain Verbeke and Wenlong Yuan, Handbook on Small Nations in the Global Economy, Edward Elgar Publishing, 2009.

 

[1] Nous traduisons.

17 février 2021 • Communs, autogouvernement et initiatives collectives au Québec: les nouvelles formes de la coopération et de l’innovation sociale émancipatrice

Recherches sociographiques sollicite des propositions d’articles en vue de la préparation d’un numéro spécial sur le COMMUNS, AUTOGOUVERNEMENT ET INITIATIVES COLLECTIVES AU QUÉBEC: LES NOUVELLES FORMES DE LA COOPÉRATION ET DE L’INNOVATION SOCIALE ÉMANCIPATRICE

Depuis le début du XXIe siècle, nous assistons à une nouvelle vague d’initiatives collectives prenant les formes de coopération socio-économiques novatrices qui mobilisent notamment les revendications politiques des communs, de l’autonomie, de l’autogouvernement ou de la réappropriation d’espaces pour reconstruire du lien social et entamer une transition écologique (Dardot et Laval, 2014; Coriat, 2015; Hess, 2008; Bollier et Helfrich, 2012). Des projets comme la gestion commune de ressources, la réappropriation collective d’espaces urbains, les tiers-lieux, l’urbanisme tactique, les monnaies alternatives, les Fab Lab, les éco-changes ou les projets de jardins communautaires augmentent, gagnent en visibilité et deviennent de plus en plus efficaces (Carlson, 2008; Saunders, 2014; St. Martin, 2009). Le Québec ne fait pas exception. Nous observons dans la province une multiplication de ces initiatives, dont certaines, mais pas toutes, se revendiquent explicitement du terme « commun ». Nous soulignons les collectifs de transformation locale et écologique (Solon, Champ des Possibles, Temps Libre, La Pépinière, Récolte, Coop Carbonne, CERSE, l’Esplanade), d’agriculture urbaine (NousRire, Craque Bitume, La Ligne Verte, les Urbainculteurs), de design social (Espaces temps), d’ateliers collaboratifs (La Patente, La Remise), d’urbanisme tactique (espaces éphémères) et de réappropriation d’espaces (Bâtiment 7, Espaces d’initiatives). 

Malgré la relative nouveauté de ces types d’initiatives, on remarque qu’elles empruntent la plupart du temps des modes d’organisations traditionnels issus de l’économie sociale, soit les coopératives, les associations et les OBNL. S’il est vrai que le mouvement de l’économie sociale en général et le mouvement coopératif en particulier connaissent un essor au XXIe siècle (Favreau et Hébert, 2012; Draperi, 2012), plusieurs considèrent qu’il leur manque un projet et un leadership politique afin de pouvoir se positionner comme une vraie alternative aux failles du système économique dominant (Favreau, 2010; Draperi, 2012; Wright, 2014; Borrits, 2015). Suivant Borrits (2018 : 17), « [s]i la forme coopérative d’entreprise reste un cadre largement utilisé dans les expériences alternatives [comme les communs], le mouvement coopératif international s’est aujourd’hui tellement institutionnalisé qu’il ne constitue plus une force transformatrice ». Dans cette perspective, la revendication des communs peut-elle être le signe d’un changement de paradigme par l’émergence d’une vision plus politisée et transformatrice de l’économie sociale? Quelles spécificités, continuités historiques et différences entre les formes traditionnelles de l’économie sociale et celles plus actuelles se revendiquant des communs? Bref, assiste-t-on à un renouveau et/ou une politisation de l’économie sociale au Québec via l’émergence de nouveaux projets socio-économiques plus radicaux, appelant à l’autogouvernement, la libération du travail et la construction d’utopies réelles pour bâtir une société post-capitaliste (Wright, 2020)? 

Ce numéro vise à explorer les dimensions sociales, économiques, historiques, culturelles et artistiques des nouvelles formes de coopération, de communs et d’autogouvernement au Québec, incluant des exemples chez les peuples autochtones, comme la Coop Nitaskinan. L’objectif n’est pas de tracer un portrait exhaustif des initiatives collectives sur l’ensemble du territoire, mais de proposer une analyse de la signification politique de ces phénomènes. 

Voici les trois travaux de recherche suggérés: 

  1. Travaux empiriques/enquêtes : expériences concrètes ayant émergé au Québec dans les deux dernières décennies.
  2. Travaux historiques : genèse et évolution de l’économie sociale, des expériences d’autogouvernement/autogestion et des communs au Québec.
  3. Travaux comparatifs : analyse comparative entre un cas québécois et un ou plusieurs cas ailleurs au Canada ou à l’étranger.

Pour soumettre une contribution à ce numéro spécial, les auteur.trice.s sont invité.e.s à nous faire parvenir en premier lieu une proposition d’article comprenant les informations suivantes :

  • Nom de ou des auteur.trice.s, incluant l’affiliation, les coordonnées complètes ainsi qu’une courte notice biographique;
  • 3 à 5 mots-clés;
  • Proposition d’article sous forme de résumé (entre 250 et 500 mots, police Times New Roman 12 pts, double interligne), incluant une problématique, l’approche méthodologique privilégiée et un minimum de 5 références bibliographiques.

Les contributions soumises par des étudiant.e.s ou des chercheur.euse.s émergent.e.s sont encouragées.

Les propositions d’articles doivent être transmises à Dan Furukawa Marques (dan.furukawa-marques@soc.ulaval.ca) et à Jonathan Durand Folco (jdurand@ustpaul.ca ). Pour toute question, veuillez communiquer avec nous par ces mêmes courriels.  

CALENDRIER

17 février 2021: lancement de l’appel à communication 

15 avril 2021: date limite pour soumettre une proposition

3 mai 2021: notification aux autrices et auteurs de l’acceptation de leur proposition 

30 septembre 2021: date limite pour la remise des articles par les autrices et auteurs

 

Recherches sociographiques publie des travaux de recherche originaux sur le Québec et sur le Canada français. Par son caractère pluridisciplinaire, la revue fait appel aux sociologues, politologues, historiens, démographes, économistes, anthropologues, littéraires.

 

RÉFÉRENCES

Bollier, David and Silke Helfrich. 2012. The Wealth of the Commons: A World Beyond Market and State. Amherst: Levellers Press.

Borrits, Benoît. 2018. Au-delà de la propriété. Pour une économie des communs. Paris : La Découverte.

Borrits, Benoît. 2015. Coopératives contre capitalisme. Paris : Éditions Syllepse.

Carlsson, Chris. 2008. Nowtopia. How Pirate Programmers, Outlaw Bicyclists, and Vacant-Lot Gardeners Are Inventing the Future Today. Edinburgh, PM Press.

Coriat, Benjamin. 2015. Le retour des communs. La crise de l’idéologie propriétaire. Paris : Les liens qui libèrent.

Dardot, Pierre et Christian Laval. 2014. Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle. Paris, La Découverte.

Draperi, Jean-François. 2012. « Pour un renouveau du projet politique du mouvement coopératif ». Vie Économique 3(4) : 1-10.

Favreau, Louis, 2010. Mouvement coopératif. Une mise en perspective. Québec : Presses de l’Université du Québec.

Favreau, Louis et Mario Hébert. 2012. La transition écologique de l’économie. La contribution des coopératives et de l’économie solidaire. Québec : Presses de l’Université du Québec.

Saunders, Fred P. 2014. « The Promise of Common Pool Resource Theory and the reality of Common Projects ». International Journal of the Commons, 8(2): 636-656.

St. Martin, Kevin. 2009. « Toward a Cartography of the Commons: Constituting the Political and Economic Possibilities of Place », The Professional Geographer, 61(4): 493-507.

Wright, Chris. 2014. Worker Cooperatives and Revolution. History and Possibilities in the United States. Bradenton: Book Locker.

Wright, E. O. 2020. Stratégies anticapitalistes pour le XXIe siècle. Paris: La Découverte.

 

21 décembre 2020 • Réalignement et transformation de la vie politique québécoise : conséquences et perspectives

Recherches sociographiques sollicite des propositions d’articles en vue de la préparation d’un numéro spécial sur le RÉALIGNEMENT ET TRANSFORMATION DE LA VIE POLITIQUE QUÉBÉCOISE : CONSÉQUENCES ET PERSPECTIVES.

Depuis plusieurs années, le paysage politique québécois se transforme. Ces changements semblent par ailleurs s’être accélérés au cours des derniers cycles électoraux. La nature des enjeux politiques, le renouvellement des actrices et des acteurs du système politique (compris ici au sens large) ainsi que le comportement de l’électorat apparaissent comme étant des indicateurs d’une mutation en cours.

Premièrement, le clivage souverainisme-fédéralisme, dominant la scène politique québécoise depuis la Révolution tranquille, semble s’effacer progressivement au profit d’autres enjeux s’inscrivant davantage sur l’axe gauche-droite (Grégoire et al., 2016; Nadeau et Bélanger, 2013). Les questions identitaires, autant nationales, collectives, qu’individuelles, se transforment et gagnent en visibilité dans le discours politique et au sein de la société québécoise. En ce sens, la polarisation des idées, la montée du populisme et de la crise de la démocratie représentative apparaissent comme étant des avenues de recherche prometteuses, ici comme ailleurs.

Deuxièmement, nous observons également un éclatement de la scène partisane québécoise. Le déclin des partis traditionnels – particulièrement du Parti québécois (Dufour et Montigny, 2020) parfois qualifié de « parti générationnel » (Lemieux, 2011) – au profit d’autres partis autrefois marginaux, additionné d’un renouvellement de l’élite politique, modifient la composition des acteur.trice.s et des institutions de la vie politique. Bien que l’élection de 2018 semble consacrer ce réalignement (Bélanger et Daoust, 2020), on observe cette dynamique depuis le scrutin de 2012 (Bodet et Villeneuve-Siconnelly, 2020)

Finalement, nous constatons des changements dans le comportement de l’électorat et dans les façons de militer politiquement. Cela s’observe autant chez les partis (ex. baisse du nombre d’adhérent.e.s) que dans les sphères d’action politique non-institutionnalisées (ex. formes de contestation). Ajoutons que non seulement les valeurs des Québécois.e.s semblent évoluer (Grégoire et al., 2016), mais que l’arrivée de nouvelles générations d’électrices et d’électeurs contribuent aussi à créer de nouvelles dynamiques (Gélineau, 2015; Montigny et Cardinal, 2019).

Bien que les études électorales portant sur le Québec aient maintenu l’intérêt des chercheur.euse.s depuis les 50 dernières années (Chouinard, 2017), les réalignements qui marquent la politique québécoise – comme leurs impacts sur la vie démocratique – doivent être mieux compris. Quelles sont leurs ramifications dans le système politique, auprès de ses acteur.trices et pour la société québécoise en général?

Ce numéro spécial de Recherches sociographiques a pour objectif d’analyser comment s’articule le réalignement en cours de la vie politique québécoise. Quels en sont les conséquences politiques, partisanes et sociales? Comment les actrices et les acteurs politiques s’adaptent à ces changements et comment pouvons-nous interpréter les effets de leurs actions? À qui profite cette situation et quels sont les impacts réels et potentiels de cette mutation sur la société québécoise?

Le numéro spécial rassemblera des articles produits par des chercheur.euse.s issu.e.s de des sciences sociales ou d’autres disciplines apparentées. Ces articles pourraient notamment aborder les thématiques de recherche suivantes, dans une perspective comparative ou non :

  • La communication et les stratégies politiques à l’ère du réalignement;
  • Les impacts du réalignement au regard des enjeux politiques contemporains (ex. nationalisme, populisme, extrémisme, remise en question de la démocratie représentative, etc.);
  • L’histoire politique québécoise;
  • La culture et les valeurs politiques;
  • Le comportement électoral et la participation citoyenne;
  • Les clivages politiques;
  • Les identités (nationales, collectives ou individuelles);
  • Le militantisme;
  • Les partis politiques;
  • Les questions de la justice sociale.

SOUMISSION D’UNE PROPOSITION DE CONTRIBUTION

Pour soumettre une contribution à ce numéro spécial, les auteur.trice.s sont invité.e.s à nous faire parvenir en premier lieu une proposition d’article comprenant les informations suivantes :

  • Nom de ou des auteur.trice.s, incluant l’affiliation, les coordonnées complètes ainsi qu’une courte notice biographique;
  • 3 à 5 mots-clés;
  • Proposition d’article sous forme de résumé (entre 250 et 500 mots, police Times New Roman 12 pts, double interligne), incluant une problématique, l’approche méthodologique privilégiée et un minimum de 5 références bibliographiques.

Les contributions soumises par des étudiant.e.s ou des chercheur.euse.s émergent.e.s sont encouragées.

Ce numéro spécial est dirigé par les doctorant.e.s Philippe Dubois et Katryne Villeneuve-Siconnelly, ainsi que par les professeurs Thierry Giasson et d’Eric Montigny, toute et tous du Département de science politique de l’Université Laval. Toute demande de renseignements supplémentaires peut leur être adressée par courriel.

Les propositions doivent être envoyées par courriel à Philippe Dubois philippe.dubois.3@ulaval.ca et Katryne Villeneuve-Siconnelly katryne.villeneuve-siconnelly.1@ulaval.ca avant le
1er février 2021.

CALENDRIER

21 décembre 2020 : Lancement de l’appel à contributions

1 février 2021 : Date limite pour la soumission d’une proposition

15 février 2021 : Notification aux auteur.trice.s de l’acceptation de leur proposition

15 juillet 2021 : Date limite pour la remise de l’article par les auteur.trice.s

RÉFÉRENCES

Bélanger, Éric et Jean-François Daoust, 2020, « A night to remember: perspectives on the watershed 2018 Quebec election », French Politics, 18 : 213-220.

Bodet, Marc André et Katryne Villeneuve-Siconnelly, 2020, « Effective support and electoral dynamics in Quebec », French Politics, 18 : 221-237.

Chouinard, Stéphanie, 2017, « Les études électorales au Québec depuis 1970 ou l’analyse de l’exceptionnalisme québécois aux urnes », Revue canadienne de science politique, 50, 1 : 369-376.

Dufour, Pascale et Eric Montigny, 2020, « À l’occasion des 50 ans du Parti québécois : comment le déclin d’un parti nous renseigne sur les transformations politiques et sociales d’une société? », Politique et Sociétés, 39, 3 : 3-17.

Gélineau, François, 2015, « Poids électoral : la revanche de la génération X », dans : Dans Anick Poitras (dir.), L’État du Québec 2015, Montréal, Del Busso Éditeur.

Grégoire, Marie, Eric Montigny et Youri Rivest, 2016, Le cœur des Québécois. De 1976 à aujourd’hui, Québec, Les Presses de l’Université Laval.

Lemieux, Vincent, 2011, Les partis générationnels au Québec. Passé, présent, avenir, Québec, Presses de l’Université Laval.

Montigny, Eric et François Cardinal (dir.), La Révolution Z. Comment les jeunes transformeront le Québec, Montréal, Les Éditions La Presse.

Nadeau, Richard et Éric Bélanger, 2013, « Un modèle général d’explication du vote des Québécois », dans : Frédérick Bastien, Éric Bélanger et François Gélineau (dir.), Les Québécois aux urnes. Les partis, les médias et les citoyens en campagne, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal.

Appels de textes passés

Les élites économiques du Québec

L’étude sociologique des élites économiques est d’autant plus délicate que la notion d’élite est ambivalente, plongée dans une double normativité, positive et négative, faisant pencher tantôt vers l’admiration tantôt vers la critique (Heinich, 2004). Au Québec, c’est à la fin des années 1960 que se multiplient les études sur les élites (Dumont et Montminy, 1966; Falardeau, 1966; Rocher, 1968) alors conçues positivement comme des « agents du procès politique tant par leurs intérêts et leurs positions établis que par la dynamique de leur conscience et de leur organisation » (Laurin Frenette, 1984, p.12). Cette référence s’efface ensuite dans les années 1980 et 1990 dans un contexte de forte croissance de la scolarisation. Domine alors une perspective méritocratique selon laquelle l’éducation constitue le principal facteur de mobilité sociale ascendante (Moulin et Bernard, 2009). Cependant, la dynamique récente de concentration des revenus et du patrimoine a contribué à une remise en cause de l’idée de société ouverte et d’égalité des chances dans les pays où elle a été la plus forte, particulièrement aux États-Unis (Piketty, 2013). Aujourd’hui, les élites économiques sont surtout perçues négativement. Les rémunérations des dirigeants sont considérées exorbitantes, scandaleuses et déconnectées (Laurin-Lamothe et L’Italien, 2015). Les pratiques d’évasion et d’optimisation fiscale des plus riches sont dénoncées (Alepin, 2004; Deneault, 2016). Enfin, les interventions des élites économiques comme agents du procès politique sont critiquées que ce soit à travers les groupes d’intérêt qu’elles financent (Graefe, 2004) ou les fondations privées qu’elles développent et qui innovent dans le domaine de la philanthropie (Leseman, 2011).

Ce numéro a pour objectif d’explorer quelques-unes des dimensions sociales et culturelles de l’étude des élites économiques dans la société québécoise contemporaine. Que nous apprennent les études récentes sur les élites économiques et la mobilité sociale ascendante au Québec? Un premier volet de cette exploration se rapporte à la définition et description de ces élites économiques en termes de composition sociale et professionnelle et d’insertion dans des réseaux sociaux. Qui sont-elles? Quelles sont leurs principales caractéristiques? Quels liens ses membres entretiennent-ils entre eux? Voilà quelques-unes des questions dont pourrait traiter ce premier volet. Un deuxième volet est relatif à l’étude des facteurs d’appartenance à ces élites et conduit à s’interroger, au-delà de l’appartenance professionnelle, sur le rôle respectif des parcours scolaires, de l’origine sociale, de l’héritage, du mariage et du divorce. En outre, ce deuxième volet pourrait inclure quelques archétypes contemporains de la mobilité sociale ascendante, tels que les étoiles médiatiques, grands criminels et sportifs célèbres, encore trop peu étudiés (Moulin et Bernard, 2009). Enfin un dernier volet se rapporte à l’étude de leurs attitudes, de leurs croyances, de leurs valeurs et des représentations d’eux-mêmes et du monde qui les entoure. Quelles valeurs les caractérisent? Dans quelle mesure se distinguent-elles des autres catégories sociales?

Les propositions d’articles, d’une longueur d’environ 300 mots, doivent être transmises à Stéphane Moulin(stephane.moulin@umontreal.ca) ou à Charles Fleury (charles.fleury@soc.ulaval.ca) avant le 15 avril 2017. Les auteurs recevront une réponse avant le 15 mai 2017. Les articles sont attendus pour le 31 janvier 2018. Recherches sociographiques publie des travaux de recherche originaux sur le Québec et sur le Canada français. Par son caractère interdisciplinaire, la revue fait appel aux sociologues, politologues, historiens, démographes, économistes, anthropologues, littéraires.

La francophonie canadienne depuis les années 1980 : débats, mobilisations et projections

Les sociétés occidentales ont été amenées à réfléchir à la refondation de la citoyenneté et du lien social dans un contexte marqué, depuis les années 1980, par l’accélération des mouvements migratoires, des échanges culturels et de la diversité idéologique, culturelle et linguistique (Giroux 1997; Choquet 2015; Aligisakis et Dascalopoulos 2012; Foner et Simon 2015; Tafarodi 2015). Le phénomène leur a imposé la nécessité de trouver de nouveaux équilibres entre l’ouverture à l’altérité et les fondements mémoriels et/ou ethniques qui avaient servi d’appui, historiquement, à leur construction identitaire et nationale (Taylor 1994; Habermas 1995; Kymlicka 2003; Bouchard 2011, 2013). La francophonie canadienne minoritaire a elle aussi été confrontée, au cours des dernières décennies, au défi que posent le pluralisme et la formulation d’une politique de la « reconnaissance » pour le maintien d’une référence identitaire fondée sur la mémoire, c’est-à-dire sur le sentiment de partager une expérience historique commune et originale. Depuis le XIXe siècle, elle avait nourri des ambitions sociétales qui s’étaient incarnées dans l’élaboration d’un vaste projet d’autonomie institutionnelle et référentielle (Dumont 1997; Frenette 1998; Bock 2008). Mais, au cours des dernières décennies, de nombreux facteurs, tant idéologiques, culturels et institutionnels qu’économiques, juridiques et démographiques, ont ébranlé les certitudes traditionnelles des intellectuels et des porte-parole politiques et communautaires des francophonies minoritaires : accélération de l’immigration internationale et d’autres formes de mobilité géographique ; diversification ethnoculturelle et idéologique des locuteurs du français; hybridité culturelle et bilinguisme identitaire; augmentation des taux de transferts linguistiques; avènement du néolibéralisme et retrait de l’État ; polarisation croissante autour des grands centres urbains ; recomposition du référent religieux, etc. (Bernard 1998; Kérisit 1998; Houle et Corbeil 2010; Forest et Gilbert 2010; Garneau 2010; Violette et Traisnel 2010; Meunier, Wilkins-Laflamme et Grenier 2013). Ces transformations ont apporté avec elles de nouvelles interrogations et d’importantes remises en question au sein de l’espace public des communautés francophones, lesquelles ont donné lieu à des débats substantiels et sans cesse renouvelés sur les différents arrimages à la société canadienne qui s’offrent à elles (Heller 1994; Gérin-Lajoie 2004; Pilote et Magnan 2008; Thériault et Meunier 2008; Bock 2016; Bock et Dorais 2016).

S’agissant d’une collectivité minoritaire comme la francophonie canadienne, qui s’interroge sur l’intégration en son sein de communautés ethnoculturelles francophones récemment installées au pays, voire de francophones de langue maternelle anglaise, tout en cherchant à déterminer de manière aussi autonome que possible les modalités de sa propre intégration à la société canadienne globale, les pistes d’analyse s’avèrent particulièrement fécondes. Le numéro spécial pour lequel la revue Recherches sociographiquessollicite des textes offrira une contribution importante à la problématique de l’inscription des petites sociétés et des minorités nationales dans la modernité, voire dans la postmodernité, laquelle attire l’attention de chercheurs provenant de tous les horizons disciplinaires et géographiques (Freitag 1986; Paré 1994; Thériault 2005; Cardinal et Papillon 2011; Koleva 2015). À partir de quel(s) principe(s) instituant(s) la francophonie canadienne cherche-t-elle à s’arrimer, en tant que minorité, à la société canadienne globale? Dans quelle mesure le maintien d’une conception de l’identité franco-canadienne fondée sur la mémoire du Canada français ou de l’Acadie est-il perçu comme étant compatible (ou non) avec le changement social? De quelle manière la francophonie canadienne tente-t-elle de composer avec les tensions entre les forces locales et globales qui contribuent à la redéfinition de ses représentations identitaires et de son imaginaire collectif (Anderson 1996) au moment où les repères de jadis semblent plus incertains que jamais? Quelle configuration prend, au sein de la francophonie canadienne, la tension dialectique entre l’impératif du pluralisme et sa volonté de se constituer en un sujet politique collectif, et quels sont les nouveaux positionnements intellectuels et politiques qui en résultent? Quelles sont les manifestations esthétiques de ces transformations sociodémographiques, idéologiques et discursives, et de quelle manière la création littéraire et artistique nourrit-elle les débats qui en découlent?

Les propositions d’articles, d’une longueur d’environ 300 mots, doivent être transmises à Michel Bock(mbock@uottawa.ca) ou à Yves Frenette (yfrenette@ustboniface.ca) avant le 1er novembre 2017. Les auteurs recevront une réponse avant le 30 novembre 2017. Les articles sont attendus pour le 1er avril 2018. Recherches sociographiques publie des travaux de recherche originaux sur le Québec et sur le Canada français. Par son caractère interdisciplinaire, la revue fait appel aux sociologues, politologues, historiens, démographes, économistes, anthropologues, littéraires.

D’amour et d’encre fraîche. Place et discours de l’amour dans la presse québécoise 20e et 21e siècles)

D’amour et d’encre fraîche. Place et discours de l’amour dans la presse québécoise 20e et 21e siècles

Sous la direction de Marie-Pier Luneau et d’Adrien Rannaud


Recherches sociographiques sollicite des propositions d’articles en vue de la préparation d’un numéro thématique consacré à l’amour, ses pratiques, ses discours et ses représentations en régime journalistique au Québec, depuis le tournant du 20e siècle jusqu’à nos jours.

Ce numéro table sur un double constat. D’une part, on observe depuis quelques années une intensification des études sur la presse au Québec. Dans la foulée des travaux fondateurs d’André Beaulieu et Jean Hamelin (1979-1985), la presse québécoise figure dorénavant au cœur de plusieurs chantiers, non plus en sa qualité de document historique, mais en tant qu’objet d’étude en soi, qui permet le renouvellement des perspectives d’analyse. En témoignent les travaux des équipes « La vie littéraire au Québec » (Saint-Jacques et Robert [dir.], 2010) et « La presse montréalaise de l'entre-deux guerres, lieu de transformation de la vie culturelle et de l'espace public » (Cambron, [dir.]), qui envisagent de façon systématique la presse comme un laboratoire des pratiques culturelles et littéraires. Les résultats produits par ces équipes éclairent d’un jour nouveau l’histoire de la communication au Québec, en misant autant sur ses acteurs et ses pratiques que sur les discours et les supports qui fondent le régime et l’imaginaire médiatiques (Pinson, 2013).

D’autre part, le discours amoureux, dont Roland Barthes disait qu’il était « d’une extrême solitude » (1977), fait l’objet d’un regain d’intérêt de la part des sciences humaines et sociales québécoises. Outre un récent numéro de la revue étudiante Postures consacré aux langages poétiques de l’amour (Godin et Pelletier [dir.], 2015), relevons un dossier de la revue Sociologie et sociétés qui s’intéresse précisément à l’intimité amoureuse (Piazzesi [dir.], 2014). Le sentiment amoureux constitue en ce sens le point de départ de recherches plus poussées invitant à repenser les relations entre individus, sociétés et institutions à travers le prisme des expériences collectives et personnelles, et de l’imaginaire qui en découle.

Le présent dossier fait le pari de croiser ces deux grands chantiers d’étude, en s’attachant à comprendre la place qu’accorde la presse à l’amour au Québec et, inversement, à tenter de saisir l’éventail des discours, des représentations, des poétiques et des pratiques médiatiques qui ont accaparé le sentiment amoureux dans les revues et journaux québécois. En effet, nous partons de l’hypothèse que la maturation nouvelle de la presse, qui se met en place dès le tournant de 1900 et se poursuit tout au long du 20e siècle, est corrélée à un processus progressif, mais croissant, consistant à accorder de plus en plus de visibilité à l’amour dans l’espace public (diversification des modèles de couples, publicisation et commercialisation des relations intimes, mise en avant des désirs et de la notion de plaisir). Si la radio, la télévision, le cinéma et, maintenant, Internet propulsent de nouvelles façons de « dire » et de faire « l’amour », les périodiques cristallisent et façonnent aussi les rapports amoureux, en constituant des réservoirs d’information et de prescription, et en participant à l’incubation et au déploiement de récits qui modèlent la société québécoise.

C’est sur cette voie que nous sollicitons des propositions portant sur le corpus québécois et issues de l’ensemble des disciplines de sciences humaines et sociales : histoire, communication, études littéraires et culturelles, sociologie, ethnologie, psychologie, philosophie, archivistique. Dans une perspective résolument interdisciplinaire et inclusive, nous envisageons la presse selon un large spectre de pratiques, de supports et de discours permettant des études sur les espaces de consommation (publicité), d’information et de fiction qui forment le corpus médiatique ; les différents types de périodiques (du quotidien au magazine, du bulletin d’information au fascicule) ; et les pratiques de lecture et d’appropriation des discours liés à l’imaginaire amoureux dans l’objet « journal ».

Les sujets suivants, qui ne constituent pas une liste exhaustive, pourront être abordés, à partir d’exemples québécois :

- la manifestation de l’amour dans le journal quotidien : quel rapport à la périodicité « au jour le jour » ? à l’événement ? au fait divers ? Y a-t-il place pour l’amour dans le traitement de l’information et le bruissement du monde qui résonne à l’intérieur du journal ?

- amour et culture médiatique au féminin : comment expliquer l’importance significative qu’accordent les chroniques et revues féminines à l’amour (tests psychologiques, courriers du cœur, rubriques sur le « bonheur à deux ») ? Quelles sont les grandes tendances qui se démarquent dans ces espaces journalistiques, en termes d’objectifs discursifs (informer, prescrire, conseiller), de représentations, de postures féminines d’« amoureuses » ? Et en quoi ces tendances nous informent-elles sur la nature et les pratiques du lectorat visé, souvent directement sollicité par ces rubriques ?

- l’amour chez les célébrités, entre flashs et potins : à mi-chemin entre le privé et le public, la vedette centralise l’attention du public, tout particulièrement autour de son intimité amoureuse. Quelles scénographies du vedettariat peut-on dégager à partir de la presse ? Comment les couples célèbres sont-ils exploités afin de former une nouvelle mythologie des sentiments amoureux ?

- « parlez-moi d’amour » dans les marges : quels sont les discours tenus sur l’amour dans les publications plus spécialisées dans l’espace social (tracts, presse féministe, gaie, etc.) ? Quelles sont les différences et lieux partagés avec la presse dite « généraliste » ? Comment ces différents supports, qui s’adressent à des publics plus spécialisés, infléchissent-ils l’imaginaire amoureux et sous quelles modalités idéologiques ?

Les propositions d’articles en français, comprenant un résumé d’environ 250 mots ainsi qu'une courte notice biographique, devront parvenir à Adrien Rannaud (Adrien.rannaud@gmail.com) par courriel d’ici le 15 août 2019. Les directeurs du numéro donneront une réponse (acceptation ou refus) au plus tard le 30 août.

Les articles dont la proposition aura été acceptée seront attendus au plus tard le 30 novembre 2019. Ils devront être d’une longueur de 20 à 25 pages à double interligne (pour un maximum de 8 000 mots, notes comprises). L’auteur.e doit également joindre un résumé de 100 mots et une liste de mots-clés. Les textes seront acheminés à Recherches sociographiques par voie électronique (rechsoc@soc.ulaval.ca). Ceux-ci seront soumis au processus habituel d’évaluation scientifique par les pair.e.s. Les auteur.e.s sont prié.e.s de suivre le protocole de rédaction disponible sur le site de la revue :

https://www.soc.ulaval.ca/recherchessociographiques/