département de sociologie, université Laval

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Le laboratoire de recherche cette année

 

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 Syllabus du cours

(version pdf)

 

 

 

Table de contenu     
Département de sociologie

Université Laval

Automne 2002 et Hiver 2003

DKN 3D

Mercredi, 12h30 - 15h30
Soc-18879  Laboratoire de recherche I
Soc-18880  Laboratoire de recherche II

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Jacques Simard

656-2131 poste 5055

jean-jacques.simard@soc.ulaval.ca

  Professeur titulaire

|

  Dominique Morin 687-2449 dominique.morin.2@agora.ulaval.ca 
  Chargé de cours-coordonnateur

|

  Mélanie Bédard 687-2449 melanie.bedard.5@agora.ulaval.ca 
  Auxiliaire-coordonnatrice
  |

Marie-Ève Schmouth

871-0137

schm@globetrotter.net

  Auxiliaire-coordonnatrice


Introduction

      Au sens premier, un laboratoire est un espace physique où l’on poursuit des expériences scientifiques et techniques. Celui-ci est plutôt un espace mental, une attitude de travail qui pourrait se résumer en une phrase : ici, c’est pour vrai et l'école est finie. Il s’agit de réaliser une véritable étude professionnelle sur commande d’un client, à partir d’un problème qui n’est pas académique mais qui se pose réellement sur le terrain de la vie sociale.

 

      Sur deux trimestres consécutifs, l’étudiant devient consultant, recherchiste, ou expert-conseil et tout se déroule selon les normes du marché du travail, à deux nuances près : 1) on est payé en expériences, en contacts et en crédits universitaires plutôt qu’en espèces sonnantes ; 2) vu le temps imparti et la nécessité d’apprendre sur le tas, le produit final correspondra à ce qu’on appelle dans le métier une étude exploratoire.

 

      Tous les types de terrains pourront être l’objet de cet apprentissage, depuis l’enquête par observa­tion participante, l’enquête par entrevues individuelles ou de groupes, le sondage ou encore l’en­quête classique par questionnaires, jusqu'à l'étude d’archives ou de statistiques. L’enquête doit répondre à la question du client : le mandat accepté est un contrat.

 

      Le laboratoire est réservé aux seuls étudiants inscrits en deuxième année au baccalauréat ou à la majeure en sociologie.

 

Objectifs

       Le cours poursuit trois objectifs:

            -     initiation pratique à la recherche empirique dans un esprit de responsabilité professionnelle ;

            -     expérience du processus complet d’exécution d’une commande depuis l’étude de l’appel d’offres jusqu’à la livraison d’un rapport de recherche ;

            -     plus largement, apprentissage du métier de chercheur, consultant, analyste, bref, de la compétence attendue d’un diplômé en sciences sociales sur le marché du travail ou des services. 

 

Le mandat de recherche

       Au début du trimestre, divers organismes proposent, sous la forme d’un « appel d’offres », certains problèmes ou questions qui les préoccupent. Les équipes (2 ou 3 étudiants, sauf cas très spéciaux à discuter) choisissent un sujet dans cette liste et répondent au client-commanditaire par une offre de services. Ce document décrit clairement les tâches que l’équipe propose d’accomplir pour exécuter le mandat de recherche ; une fois acceptée par le client, l’offre de services tient lieu de contrat entre les parties. Une page Web liée au site du département (http://www.soc.ulaval.ca/) présente quelques  exemples d’offres de services et de rapports d’enquête des années antérieures. 

   

Échéancier des travaux

       Les « cahiers de charges » remis au début des sessions d’automne et d’hiver énumèrent dans le détail les tâches à accomplir chaque semaine. En voici un sommaire :

   

L’offre de service :

 

Septembre

-     Formation des équipes, choix d'un projet, étude de l’appel d’offre ;

-     Rencontre avec le client, développement du mandat, collecte de documentation « grise » (organigrammes, politiques, statistiques, budgets, etc.) ;

-     Entrevues exploratoires avec experts ; identification des concepts-clés ; identification des princi­pales sources de données ;

-         Lectures exploratoires empiriques ou théoriques (dictionnaires de sciences humaines, grandes encyclopédies, bibliographies, etc.) ;

-         Début des discussions collectives (remue-méninges) sur les divers mandats de recherche ® en réunion d'équipe et en classe ;

-     Rédaction de l'offre de services, reprises et corrections. Dépôt final début octobre et accord du client.

 

Le rapport préliminaire :

 

Octobre

-     Poursuite des discussions collectives (remue-méninges) sur les divers mandats de recherche ® en réunion d'équipe et en classe ;

-         Revue de la littérature (problématique) ;

-         Hypothèses, indicateurs, variables, mesures, échantillon (opérationnalisation)

-     Pré-enquête (ébauche d’un instrument de collecte et entrevues exploratoires) ;

-     Rédaction de l’introduction du rapport préliminaire et de sa table des matières telle qu’anticipée : à remettre le 13 novembre.

 

Novembre

-         Poursuite de la revue de littérature (problématique) ;

-         Poursuite de la pré-enquête et pré-test ;

-         Rédaction des chapitres du rapport préliminaire (10 pages par semaine).

 

Décembre

-         Fin de la rédaction du rapport préliminaire ;

-         Reprises, corrections, révisions et mise en forme graphique du rapport préliminaire ;

-         Identification des points saillants (executive summary en début de rapport) ;

-     Remise du rapport préliminaire au client au plus tard le 20 décembre.

 

Le rapport final :

 Janvier

-         Collecte de données : observation, entrevues, questionnaires, archives, statistiques, livres, etc. ;

-         Enregistrement, classement et traitement continu des matériaux théoriques et empiriques recueillis (fiches de travail, tableaux, graphiques, coefficients, schémas, cartes, etc.).

 

Février/mars

-         Poursuite de la collecte et du traitement des matériaux ;

-         Discussions collectives (remue-méninges) sur les résultats préliminaires des différentes enquêtes : en réunion d'équipe et en classe ;

-     Plan du rapport final (table des matières anticipée) ;

-     Rédaction du rapport final. Dépôt de la première version au plus tard mercredi le 26 mars 2003.

 

Avril

-         Réécritures, corrections, révisions et mise en forme graphique du rapport final ;

-         Identification des points saillants du rapport  (executive summary, dans les premières pages) ;

-         Préparation et pratique de la présentation orale (4 minutes) des points saillants de l’enquête lors de la cérémonie de dépôt des rapports de recherche ;

-         Dépôt du rapport final auprès du client lors d’une cérémonie officielle, le mercredi le 23 avril 2003 ;

-         Sur demande, discussion orale plus détaillée des résultats de l’enquête dans les bureaux de l’organisme commanditaire.

   

Encadrement pédagogique

       Toutes les activités sont directement axées sur les projets de recherche. Les équipes sont accompagnées toute l'année par un professeur titulaire et rencontrent chaque semaine un coordon­nateur ou une coordonnatrice, étudiants à la maîtrise ou au doctorat. En début de session et au besoin par la suite, il y a rencontre hebdomadaire en salle de classe pour des conférences magistrales et des ateliers de réflexion collective  (remue-méninges) où chaque équipe présente ses travaux au reste du groupe et le consulte pour recevoir ses critiques, ses commentaires et ses suggestions. Toutes les activités en classe sont annoncées au cahier de charges.

   

Prérequis

       Les inscrits (personne n’est conscrit dans ce cours) sont supposés avoir déjà acquis les éléments de base en méthodologie, tant pour ce qui est des techniques de cueillette de données que des méthodes d’analyse. Mais chaque équipe devra avoir en main un des deux manuels suggérés en référence, ci-après (emprunt ou achat). Des textes photocopiés seront distribués en classe, ce qui imposera des frais de quelques dollars. À la première rencontre en classe, chaque participant versera 5$ dans une cagnotte commune de photocopie ; quand elle sera vidée, on passera de nouveau le chapeau. Les équipes assument aussi les frais d’impression et de reliure de leurs travaux écrits, l’achat de leurs fiches de travail, leurs fournitures, leurs déplacements, etc. En tout et partout, prévoir environ 75 $ sur l’année scolaire (l’équivalent d’une sortie en ville, n’est-ce pas?)

       Comme disait Boileau ; « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». On ne sait pas vraiment ce qu’on pense tant qu’on ne l’a pas écrit. Un test de français est donc prévu lors de la première rencontre en classe. Les gens qui ont intérêt à développer leur compétence grammaticale (nous leur soulignerons : ça se voit tout de suite quand on est habitué à lire) devront s’engager à suivre assidûment les ateliers de français offerts par la faculté des Sciences sociales sous la direction du professeur Mackelberghe (son enseignement est très efficace ; tout le monde en ressort plus fort).

   

Évaluation

       D'un côté, le projet de recherche à exécuter est bien réel ; d'un autre côté, le cadre demeure partiellement « académique » et les étudiants ne sont pas encore des professionnels diplômés. L'évaluation des travaux doit donc combiner deux échelles de jugement : universitaire et professionnelle.  

1)      Universitaire : compte-tenu du point où en sont les apprentis-chercheurs dans leur formation, et relativement à leurs pairs scolaires, que vaut l'effort accompli ?  

2)      Professionnelle : le résultat de la recherche est-il conforme aux attentes généralement partagées par les gens qui embauchent des chercheurs diplômés en sciences sociales  ?  

D'autre part, parce que le travail se fait en groupe, l'évaluation doit aussi combiner un suivi à deux dimensions : individuelle et collective.  

1)      Individuelle : « fiches de travail » déposées à chaque semaine.  

      2)   Collective :      au premier semestre : « offre de services » et « rapport préliminaire » ;

                              au deuxième semestre : « rapport final ».

       À la fin de chaque trimestre, la note finale versée aux dossiers personnels des étudiants-chercheurs combinera donc ces quatre dimensions.

       Au premier trimestre, l'offre de services compte pour 25% des points, le rapport d'étape pour 50%, et les fiches ou notes personnelles de travail pour 25%. Au second trimestre, 100% pour une évaluation globale du rapport final de recherche et de sa présentation lors de la remise officielle. Les ébauches rédigées en cours de route (voir les cahiers de charges) seront commentées, corrigées, révisées, afin de les améliorer, mais ne feront pas l’objet d’une évaluation académique.  

      Une chaise réussie à 75% par un ébéniste  (siège un peu percé, dossier un peu inconfortable, pattes un peu croches ou inégales) ne tient simplement pas debout et n’est pas vendable. Une chaise n’est une chaise qu’à 100%.  Il en va de même des enquêtes scientifiques sur une question donnée : on ne peut pas les achever à moitié. Ou bien ça se tient, ou bien ça se tient pas. Puisque la recherche est ici « pour vrai », que les résultats sont signés personnellement par leurs auteurs et remis publiquement à des clients-commanditaires, la réputation future de chaque signataire est en jeu (un certain nombre d’étudiants du Labo ont d’ailleurs trouvé plus tard un sujet de maîtrise ou un emploi, dans la suite de cette expérience). Aussi, les ébauches successives seront-elles examinées dans leurs moindres détails ; les équipes devront continuellement les remettre sur le métier en s’acharnant, à l’intérieur des délais, jusqu’à ce qu’elles soient sereinement fières du travail accompli. Préparez-vous à une sorte de « corrections » comme vous n’en avez jamais subies dans les écoles. Elles ne signifieront pas que vous êtes mauvais, mais que votre chaise n’est pas à point, qu’elle ne tient pas encore debout. Les copies scribouillées par le professeur et les coordonnateurs, rougies de commentaires, de critiques et de suggestions, n’ont pas pour objectif de vexer ou de fustiger les apprentis-chercheurs, mais plutôt de leur pointer les possibilités de faire mieux. Le diable est dans les détails, quand on veut bien travailler pour de vrai. Dieu aussi, précisait le grand architecte Mies Van der Rohe.   

 

Pour réussir  

      Dès le début, s’impliquer totalement. Deuxièmement, garder le contact avec le client, lire continuellement (concepts, études pertinentes), plonger immédiatement sur le terrain et dans les données : en pratique, une démarche scientifique n’est pas linéaire, elle combine à tout moment les éléments de conceptualisation et la collecte empirique, documentaire ou de terrain. Troisièmement, consigner assidûment toute information pertinente sur des fiches de travail. Quatrièmement, toujours viser la rigueur, ce qui veut dire clarté, pertinence, cohérence et faisabilité. On aura naturellement compris que l’assiduité la plus entière est la première exigence d’un ouvrage professionnel. Le Laboratoire vaut 12 crédits, l’équivalent de quatre cours ordinaires ; c’est très prenant, très sérieux : prévoir une vingtaine d’heures de travail par semaine. Comme on disait, l’école est finie.

Livres de référence

 

Obligatoire par équipe : Chaque équipe devra avoir son manuel de méthodologie, pour consultation constante. Si aucun, aucune des membres ne les ont déjà en main, l’équipe devra se procurer l’un des deux ouvrages suivants : 

 

 Approche pratique avec exemples à l’appui :
/
ANGERS, Maurice
1996    Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines, Anjou, CEC.
/
 Un peu plus orienté vers les principes :
/
 QUIVY, Raymond et L. Van CAMPENHAUDT
1988    Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, Dunod.  
/
Pour les questions d’écriture, et bien d’autres choses pertinentes au métier :
/
 LÉTOURNEAU, Jocelyn
1989    Le coffre à outils du chercheur débutant : guide d’initiation au travail intellectuel, Toronto, Oxford University Press.
/
Pour le bon usage des statistiques :
/
Agréable à lire avec exemples à l’appui :
/
FOX, William
1999    Statistiques sociales, Québec, Les Presses de l’Université Laval.
/
En long et en large, dans le détail, mais tout de même facile d’abord :
/
GILLES, Alain
1994    Éléments de méthodologie et d’analyse statistique pour les sciences sociales, Montréal, McGraw-Hill.

 

 

 
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Dernières modifications : 15 janvier 2003

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