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Soutenance de thèse de Georges Danhoundo

Les orphelins et leur famille en Afrique. Une réflexion sur les logiques d'acteurs autour du soutien aux enfants orphelins chez les Mossi à Ouagadougou (Burkina Faso).

RÉSUMÉ

S’appuyant sur les normes de filiation, nombre de travaux font valoir que, chez les Mossi, l’orphelin n’existe pas : le fils aîné ou les frères du père biologique se substituent valablement à ce dernier, à son décès. Cette idée se fonde sur la croyance selon laquelle les Mossi constituent une entité du collectif, du consensus, où les individus n’ont d’intérêt qu’en rapport avec la famille élargie. Mais, à l’analyse, cette référence au consensus paraît simpliste.

Réalisée sur la base de 20 entretiens semi-directifs accompagnés d’observations directes, cette thèse vise à comprendre les logiques d’acteurs autour du soutien familial aux orphelins chez les Mossi, à Ouagadougou. Contrairement aux idées reçues, cette thèse conclut que : 1) Le décès du père révèle des divisions antérieures entre frères et apparaît comme une cause de conflits opposant la veuve et sa famille à la famille de l’époux, concernant la gestion des biens du défunt. En effet, selon le mariage coutumier, la femme apparaît comme une étrangère dans la famille de son époux; alors que le mariage civil la responsabilise vis-à-vis de ses enfants. Dans ces conflits, contrairement aux normes de filiation prédominantes dans cette société, nombre d’orphelins sont transférés vers la lignée maternelle ou auprès des personnes non apparentées; 2) Plusieurs orphelins de mère sont maintenus auprès du père en raison d’un orgueil masculin assimilant les transferts d’orphelin à une irresponsabilité sociale. Les coépouses jouent un rôle important dans le soutien aux orphelins et illustrent, selon les hommes, l’importance de la polygamie; 3) La stratégie de transfert des orphelins en vue de permettre leur éducation n’est pas toujours récompensée. De manière générale, les orphelins s’investissent dans le travail pour subvenir à leurs besoins; ils s’arrangent pour que cet investissement ne constitue pas un frein à leur éducation; 4) La relation de filiation ne légitime pas celle de l’alliance.

Cette thèse souligne la nécessité d’étendre la notion de la famille élargie dans le cas des transferts d’orphelin, voire mieux définir l’appartenance à la famille élargie. Au-delà des normes de filiation, les modalités de transfert d’orphelin ou le contexte économique et social jouent un rôle important.

Date et heure
Vendredi 16 mai 2014 à 13 h 30

Lieu
Pav. Charles-De Koninck - local 3470