Événements

Soutenance de thèse d'Emiliano Scanu

« L'action publique urbaine et les enjeux des changements climatiques : l'exemple de Québec et Gênes »

RÉSUMÉ

Les changements climatiques représentent l’exemple paradigmatique des effets secondaires de la modernisation sur les sociétés contemporaines. Au-delà d’entrainer des conséquences écologiques graves, les changements climatiques comportent également toute une panoplie d’enjeux sociopolitiques dont la nature et la portée méritent une attention particulière. Si de nombreuses études de sociologie se sont déjà penchées sur ce sujet, l’action urbaine pour le climat a été plutôt négligée. Cela est curieux si l’on tient compte du fait que nous vivons dans une société globale urbanisée, et que les initiatives climatiques le plus innovantes et prometteuses sont actuellement réalisées par les villes. Cette thèse de doctorat se propose ainsi d’emprunter cette piste de recherche, en se penchant notamment sur l’action climatique urbaine dans les villes de Québec (Canada) et de Gênes (Italie). À l’aide d’une approche socioconstructiviste, et à la lumière de la thèse de la modernisation écologique, l’objectif est de comprendre et expliquer la manière dont les enjeux climatiques font l’objet des discours et des actions des acteurs urbains, et dans quelle mesure ces enjeux influent sur les choix de gouvernance et de planification. Nous montrerons que la question climatique est de plus en plus considérée par les villes, et que cela semble être associé à des changements plus larges dans la manière de concevoir le développement urbain et de pratiquer l’action publique. D’une part, il est possible d’observer une certaine homogénéité dans les politiques urbaines pour le climat, même si les acteurs impliqués, les instruments de planification ou les actions réalisées peuvent diverger fortement d’un contexte à l’autre. D’autre part, les résultats suggèrent d’interpréter certaines formes d’action climatique urbaine en termes de modernisation écologique, en raison notamment du fait que celles-ci sont conçues dans un esprit qui attribue un rôle central, bien que renouvelé, aux institutions de la modernité. En se penchant sur le phénomène croissant de l’engagement des villes dans la lutte contre les changements climatiques, cette thèse de doctorat contribue à élargir la connaissance sociologique sur les diverses manières dont les sociétés et les institutions contemporaines se transforment afin de faire face aux défis environnementaux.

Date et heure
Lundi 8 juin 2015 à 14 h

Lieu
Pavillon Charles-De Koninck - local 2419