Bulletin d'information

No 31 - Septembre 2017

Mot du directeur

Par Dominique Morin

Dominique MorinJ’ai écrit ce mot de la rentrée peu après avoir souhaité la bienvenue aux nouveaux inscrits du premier cycle réunis dans la salle du cours Introduction à la sociologie. L’amphithéâtre était bien rempli à mon arrivée, peu avant 8h30, de visages éveillés et sympathiques. Quelqu’un avait pris la liberté d’inscrire au tableau une invitation à se décoloniser l’esprit. Un sondage à main levée m’a confirmé que la plupart des étudiants et étudiantes avaient déjà une bonne idée de la discipline, ayant déjà suivi des cours de sociologie au cégep ou à l’université. Quelques jours plus tard, une étudiante en fin de baccalauréat est passée à mon bureau (malheureusement en mon absence) puis m’a partagé par écrit que nos recrues avaient été nombreuses à participer aux activités d’intégration et d’initiation. Son courriel me confirmait mon impression visuelle du mardi matin, qu’il s’agissait d’un beau groupe de personnes bien motivées. Cela augure bien pour la session, et pour l’avenir de la discipline.

Au moment où la diminution du volume des cohortes de finissants des cégeps se traduit forcément en diminution du nombre des demandes d’admission et d’inscriptions en sciences sociales, la sociologie fait brillamment exception à l’Université Laval cette année, en accueillant encore plus de recrues dans ses programmes de premier cycle que l’an dernier. J’en profite pour saluer le travail et les attentions de ceux et celles qui suscitent leur engouement pour la sociologie, en commençant par les enseignants et les enseignantes des cégeps qui éveillent l’audace de vouloir devenir sociologue, et nos étudiants et étudiantes qui agissent comme de fiers ambassadeurs. Les statistiques pour les programmes de maîtrise et de doctorat sont aussi prometteuses dans une situation où plusieurs candidats et candidates de l’étranger attendent une autorisation d’étudier au pays. À défaut de pouvoir intervenir, il faut se croiser les doigts et se préparer à les accueillir avec empathie dans la deuxième semaine du calendrier.

Ce numéro du Bulletin sera l’un des derniers publiés dans ce format. Les visiteurs des sites Internet du département, de la Faculté et de ses autres départements et écoles auront remarqué la transformation des pages d’accueil. Depuis plusieurs mois, les départements de sociologie et de science politique ont accepté de participer au projet pilote de transformation complète des sites. Nous devons adopter un format standard des sites de l’institution structuré par strates pour faciliter la navigation avec des appareils mobiles. Nous en profitons aussi pour « repeindre », faire du ménage et rendre notre espace virtuel plus attrayant et agréable. Le lancement du nouveau site est prévu à l’hiver 2018, et une présentation sera organisée, probablement en octobre, pour recueillir les commentaires des membres du département qui sont les principaux utilisateurs de la plupart des pages, et en particulier des étudiants et étudiantes qui peuvent connaître d’expérience la navigation sur les sites des universités dans la recherche d’un lieu d’étude, d’un programme ou d’un directeur de recherche. Le Bulletin de sociologie fera alors peau neuve : il y aura toujours envoi d’une infolettre aux abonnés, embellie elle aussi, et celle-ci mènera à la Vitrine sur la sociologie à l’Université Laval. La consultation des articles y sera organisée à la manière d’un blogue permettant des fouilles par rubrique, l’indexation de chacun des articles séparément, et une mise en valeur des textes les plus lus. Le département disposera aussi d’un canal sur une chaîne YouTube facultaire pour y déposer des vidéos de conférences, promotionnelles ou autres liées à nos activités. La collaboration des membres du département sera nécessaire pour dynamiser notre site Internet et mon souhait est que les étudiants et étudiantes puissent y participer davantage qu’auparavant. Il est notamment prévu que les candidats au doctorat et les stagiaires postdoctoraux y soient présentés, avec la possibilité pour eux de présenter leur photo, intérêts, recherches en cours et réalisations sur une page personnelle. Pour commencer, je lance aux lecteurs du Bulletin une invitation à nous soumettre des propositions de belles photos libres de droit, et qui représentent bien la sociologie, pour la page d’accueil où nous pouvons en placer quelques-unes en rotation, voire pour nous constituer une banque d’images qui nous ressemblent. Merci d’envoyer vos propositions (en format jpeg, minimum 1920x400 pour la page d’accueil) à soc@soc.ulaval.ca.

Pour l’instant, il faut encore faire défiler un Bulletin indivisible et aux sections immuables… Première dans l’ordre chronologique de rédaction et dans l’ordre de présentation après les chroniques des directeurs des programmes, une généreuse carte postale d’année d’étude et de recherche de Gérard Duhaime partage aux lecteurs les principales découvertes qu’il rapporte de son séjour à la Chaire de recherche Fulbright-Canada en sciences sociales à l’Université d’Hawaii à Manoa. Gérard y développe un enseignement magistral sur la condition des Kanaka Maoli, les autochtones hawaiiens, structuré autour de quatre étonnements. Suivent deux portraits de sociologues. Le premier présente Nancy Côté, qui était professeure associée au département et que nous avons eu le bonheur d’accueillir en mai dernier dans un poste de professeure sous octroi. Étant donné qu’elle n’offrira qu’un cours par an, à la session d’hiver cette année, elle a accepté avec enthousiasme de présenter une conférence à ceux et celles qui veulent en savoir plus sur les recherches qui l’occupent principalement. Le 26 octobre prochain, celle-ci donnera en primeur des résultats de l’enquête qu’elle réalise actuellement sur la profession de médecin de famille. Le second portrait du Bulletin est consacré à l’étudiante Andrée-Anne Boucher, qui amorce un DESS en enseignement collégial après un baccalauréat et une maîtrise en sociologie. Nous venons d’apprendre sa nomination au tableau d’honneur de la Faculté des études supérieures et postdoctorales et l’en félicitons.

Il y a aussi bien d’autres personnes qui méritent des félicitations : boursiers, boursières et récipiendaires de divers autres prix et honneurs présentés dans un compte rendu de la Soirée des prix d’excellence de la Faculté des sciences sociales, et dans la section des annonces de prix, bourses et distinctions du Bulletin. La sociologie était tout à l’honneur à la soirée facultaire des prix d’excellence de mai dernier, sous la présidence de la sociologue Maria De Koninck, dont le Bulletin publie le texte d’allocution. Emiliano Scanu, chercheur postdoctoral qui enseigne la sociologie de l’environnement au département, a remporté le prix de la meilleure thèse de la faculté, et Louis-Pierre Beaudry, celui du meilleur mémoire. Je souligne aussi que Simon Langlois a été élevé au rang des professeurs émérites cette année et s’est vu décerner le prix Outstanding Contribution Award de la Société canadienne de sociologie pour l’excellence de ses réalisations en recherche et son engagement au sein de la Société. Enfin, Daniel Mercure a été élu résident-chercheur en 2018 à L’Institut d’études avancées de Paris, où il occupera la chaire Jean d’Alembert de janvier à juin. Je vous invite à prendre connaissance des autres personnes honorées dont le département est également fier, de la présentation par Sylvie Lacombe du dernier numéro de la revue Recherches sociographiques, et des contenus des rubriques habituelles informant des dernières parutions de travaux, des apparitions dans les médias et des événements à venir.

Je termine ce mot de septembre par trois annonces importantes. La première consiste à vous rappeler que les départements de sociologie et d’anthropologie de l’Université Laval seront les hôtes du colloque international de l’ACSALF les 31 octobre, 1er, 2 et 3 novembre. L’inscription est gratuite pour les étudiants et étudiantes de ces départements. Les organisateurs souhaitent de plus impliquer des bénévoles étudiants. Leur recrutement et leur coordination est confiée à Louis-Pierre Beaudry qui a lancé un premier appel pour de l’hébergement solidaire (voir l’annonce de l’événement). Le programme sera diffusé sous peu et j’espère vous y rencontrer en grand nombre. Ma deuxième annonce est celle de la parution prochaine d’un nouvel appel de candidatures pour combler le poste de professeur régulier en sociologie spécialisé dans l’étude des enjeux actuels du développement. Passez le mot et surveillez la publicité dans Le Devoir, par courriel et sur le site du service des ressources humaines de l’Université Laval. Troisième annonce : je convoquerai prochainement, probablement pour octobre, une assemblée départementale d’information et de discussion ouverte à tous ceux et celles qui y enseignent et y étudient. Le Regroupement des étudiants en sociologie (RÉSUL) m’en avait fait la demande et je souhaite rencontrer ses représentants nouvellement élus pour déterminer avec eux les points à l’ordre du jour. L’invitation circulera par courriel dans les prochaines semaines.

Profitez bien de ce qu’il nous reste d’été et bonne rentrée!

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Chronique du 1e cycle

Par Charles Fleury

Charles Fleury

Bienvenue aux nouvelles étudiantes et aux nouveaux étudiants !

Vous êtes peut-être de celles et ceux qui entreprendront bientôt la première session d’un parcours devant vous conduire à l’obtention d’un diplôme de 1er cycle en sociologie. Au nom de mes collègues et en mon nom personnel, permettez-moi d’abord de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue au Département de sociologie de l’Université Laval. Je suis convaincu que votre passage dans notre département sera une expérience enrichissante et j’espère sincèrement que notre programme répondra à vos attentes. Aux autres étudiantes et étudiants, je vous souhaite aussi un bon retour en classe.

Vous trouverez sur le site Internet du département (www.soc.ulaval.ca), sous les onglets Études / Études de 1er cycle, toutes les informations relatives au cheminement dans votre programme. Outre ces documents, vous trouverez également sous ces onglets diverses informations à propos des stages, de la reconnaissance de l’implication étudiante, du laboratoire de recherche, des lectures dirigées, etc. L’horaire des cours ainsi que les syllabus y sont également disponibles.

Je me permets d’insister sur l’importance de consulter régulièrement votre boite de courriel institutionnelle (votre adresse @ulaval.ca) puisque c’est par l’intermédiaire de celle-ci que nous communiquons avec vous.

En ma qualité de directeur des programmes de premier cycle, il me fera plaisir de vous rencontrer à n’importe quel moment de votre parcours afin de discuter de votre cheminement, des possibilités offertes ou pour toutes autres questions en lien avec votre programme d’études (stages, séjours à l’étranger, ouvertures professionnelles, équivalences de cours, reconnaissances des acquis, etc.). Pour me rencontrer, il suffit de prendre rendez-vous avec moi par courriel (charles.fleury@soc.ulaval.ca). Pour les aspects administratifs et techniques relatifs au choix de cours, à l’inscription, au suivi du dossier académique, vous devez communiquer directement avec Manon Deschênes, agente à la gestion des études à la Faculté des sciences sociales dont voici les coordonnées:

Manon Deschênes
Agente de gestion des études, Faculté des sciences sociales
Pavillon Charles-De Koninck, bureau 3444
Téléphone : 418 656-2131, poste 8667
Courriel : programmes1ercycleSOC@fss.ulaval.ca

Laboratoire de recherche

Le laboratoire de recherche est de retour cette année! Ce cours d’envergure représente une chance inouïe de plonger dans la recherche sociologique. Répondant à des questions réelles posées par des organismes de la région, les étudiantes et les étudiants inscrits à ce cours auront l’occasion de développer dans un cadre concret leur capacité de recherche et d’analyse en faisant preuve d’autonomie et de dépassement. Elles et ils acquerront par le fait même une expérience professionnelle et enrichiront leur réseau de contacts susceptible de déboucher sur des perspectives professionnelles.

Encore une fois, les questions posées par les organismes partenaires sont nombreuses, pertinentes et diversifiées. Pour vous en donner un bref aperçu, voici quelques-uns des mandats de recherche reçus cette année :

  • Que sont devenus les jeunes Portneuvois qui ont quitté leur région pour poursuivre des études ou intégrer le marché du travail ? (Carrefour Jeunesse-Emploi, Portneuf)
  • Caveaux, chambres froides et séchage solaire : comment actualiser ces modes traditionnels de conservation alimentaire dans une perspective de transition écologique ? (Les AmiEs de la Terre, Québec)
  • Quels sont les impacts du programme de jumelage interculturel sur les familles d’origine québécoise et d’origine syrienne de confession musulmane ? (Centre multiethnique de Québec, Québec)
  • Quels types de consommateurs culturels participent au Festival de cinéma de la ville de Québec ? (Festival de cinéma de la ville de Québec, Québec).
  • Dans quelle mesure les représentations sociales à l’égard des personnes pauvres et des personnes assistées sociales diffèrent-elles et jusqu’à quel point celles-ci correspondent-elles à la réalité ? (Collectif pour un Québec sans pauvreté, Québec) 

Il reste encore quelques places disponibles pour ce cours maintenant offert une année sur deux. Si ce n’est pas déjà fait, n’hésitez pas à saisir l’opportunité pendant qu’elle se présente! À noter que les étudiantes et les étudiants qui terminent le laboratoire obtiennent la mention « profil recherche » sur leur diplôme, un plus pour votre curriculum vitae !

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à communiquer avec moi.

Comité de programmes

Votre association étudiante, le RÉSUL, élira prochainement vos représentant-e-s étudiant-e-s au comité de programme. Pour rappel, le comité de programme « s'assure de la qualité du programme et de l'enseignement offert, de l'adéquation avec l'évolution du domaine du savoir et les besoins de la société, ainsi que du respect des orientations et des objectifs du programme ». Il « s'assure de la qualité et de la pertinence des moyens mis en œuvre pour atteindre ces objectifs et satisfaire à ces besoins ». (Règlement des études, art.61).

Composé pour respecter la représentation paritaire des étudiant-e-s et des professeur-e-s, le comité de programme, présidé par le directeur de programme, compte deux professeur-e-s et deux étudiant-e-s. Il se réunit une à deux fois par session. La prochaine rencontre est prévue pour la fin octobre.

En espérant que ces informations vous seront utiles, je vous souhaite, à toutes et à tous, un excellent début de session.

Cordialement,

Charles Fleury

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Chronique des 2e et 3e cycles

Par Daniel Mercure

Bonjour et bonne rentrée 2017-2018.

Daniel Mercure

Votre comité des programmes des 2e et 3e cycles est présentement composé des représentants étudiants suivants : Pierre-Élie Hupé (3e cycle) et David Gaudreault (2e cycle); ainsi que des professeurs Olivier Clain et Élisabeth Mercier. J’en assure la direction. Nous sommes soutenus de manière exemplaire par Manon Deschênes à la gestion des programmes, par Julie Rodrigue, en guise de soutien supplémentaire pour la maîtrise avec stage, et par Annie Rémillard pour la mise en route et la gestion logistique des stages.

Je vous rappelle que nous gérons maintenant cinq programmes, soit le doctorat, la maîtrise avec mémoire, la maîtrise avec stage de recherche, le microprogramme en études de genre, avec l’aide d’Élisabeth Mercier, et le nouveau microprogramme de 2e cycle en études de populations et statistiques sociales en collaboration avec l’Université de Bordeaux parrainé par Richard Marcoux. Ce dernier programme vient tout juste d’être mis en route.

Le comité des programmes a entériné des modifications de titres et de descriptifs de quelques cours et séminaires durant l’année 2016-2017, de même que la création de nouveaux cours, entre autres pour le nouveau microprogramme en études de populations et de statistiques sociales, mais aussi dans le cadre de nos séminaires dans les programmes de maîtrise et de doctorat. Nous avons aussi travaillé, de concert avec la direction du département et la direction des programmes de 1er cycle, afin d’assurer une offre de cours et séminaires variée à chacune des sessions, de même qu’en prévision de l’année 2017-2018. Nous avons également examiné avec les collègues les calendriers hebdomadaires afin d’éviter qu’il y ait des chevauchements horaires dans les cours ou séminaires offerts. 

Par ailleurs, la maîtrise avec stage de recherche (et non de stage professionnel) comporte de nouvelles dispositions adoptées par le comité de programme lors de ses deux dernières réunions. Premièrement, le comité de programme a rendu obligatoire dans le programme en question le cours SOC-7146 Collecte d’informations et traitement des statistiques sociales de 3 crédits. Ce nouveau cours de méthodologie est adapté aux exigences du travail de recherche statistique lors des stages. Deuxièmement, comme demandé par les étudiant.e.s, les préalables pour accéder au stage ont été diminués à 18 crédits. Cette modification permettra aux étudiant.e.s qui ont réussi les cours de propédeutique et 18 crédits de débuter leur stage dès le premier été. Le comité a réaffirmé que les stages autorisés ne sont que des stages de recherche. Les étudiant.e.s qui ont réussi cette maîtrise sont évidemment fortement incités à poursuivre au doctorat.

L’an dernier, nous avons doublé le nombre de diplômés, soit de 10 à 19, dont 11 à la maîtrise avec mémoire, 4 avec stage et 4 au doctorat, et le nombre d’étudiant.e.s dans nos programmes avancés est en croissance. Merci à toute l’équipe dirigée par Richard Marcoux pour le travail accompli : Pascale Bédard, Fabrice Fernandez, Olivier Clain ; Lise Poisbleaud, Catherine Dussault et Pierre-Élie Hupé; merci aussi à Dominique Morin, notre directeur, qui soutient fermement nos initiatives, qui sont aussi les siennes.

Comme à chaque début d’année, nous organisons une courte rencontre d’accueil spécifique pour les étudiant.e.s nouvellement inscrits dans nos programmes de 2e et 3e cycles (doctorat, maîtrise avec mémoire et avec stage de recherche et microprogrammes en études du genre et en études de populations et statistiques sociales).  Cette rencontre se tiendra le lundi 18 septembre de 15h30 à 16h30 à la salle DKN-3470.

On aura une partie plus formelle suivie d’échanges avec vous.

1. Mot de bienvenue de Dominique Morin, directeur du Département de sociologie, et du directeur des programmes.
2. Présentation des différents programmes.
3. Programme de soutien à la réussite et Guide de cheminement aux cycles supérieurs sur le site Web de la FÉSP.
4.Le SPLA et ses services.
5. Mots des représentants étudiants sur le comité de programme et aussi des représentants  du RÉSUL et de la revue Aspects sociologiques.
6. Fin de la rencontre à 16h30.

Cette rencontre, à laquelle vous êtes conviés, vous permettra aussi d'échanger avec vos nouveaux collègues à la maîtrise et au doctorat.

À bientôt.

Daniel Mercure
Directeur des programmes d’études avancées
Département de sociologie

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Carte postale d'année d'étude et de recherche - Gérard Duhaime

Gérard Duhaime

Le professeur Gérard Duhaime terminait ce printemps son année d’étude et de recherche (AÉR), au cours de laquelle il a été nommé premier titulaire de la Chaire de recherche Fulbright-Canada en sciences sociales à l’Université d’Hawaii à Manoa. C’est entre autres ce qui l’a mené à explorer la condition des autochtones hawaiiens, dont il parle longuement dans cette carte postale toute personnelle qu’il a fait parvenir au Bulletin.

Lettre d’Hawaii
Gérard Duhaime

Brothers, is it not strange? Ours was the land, and behold, the land in not ours. What did these preachers of the word of God and the word of Rum give us for the land? Have you received one dollar, as much as one dollar, any of you, for the land? Yet it is theirs, and in return they tell us we can go to work on the land, their land, and that what we produce by our toil shall be theirs. Yet in the old days we did not have to work, Also, when we are sick, they take away our freedom.
- Jack London, Koolau the Leper, 1909

Manoa, le 21 avril 2017

Bonjour,

J’ai beaucoup pensé à notre récente conversation. Tu exprimais ta hâte de définir ton projet d’études, au bout duquel tu seras sociologue. Rassure-toi : l’insécurité fait déjà partie de l’apprentissage, car notre métier consiste aussi à identifier ce que nous ne savons pas. En vue de notre prochaine rencontre, je t’ai proposé de réfléchir à ce qui t’intéresse le plus profondément, à ce qui motive ton engagement, aux étonnements qui habitent ta pensée et qu’il te faudrait comprendre. La liste n’a pas à être très longue : deux ou trois éléments suffisent. Ensemble, nous en ferons la triangulation : elle révèlera ton projet. Je n’ai pas inventé la recette, mais je la sais efficace.

Parce qu’ils concernent des sujets dont nous avons discuté, parce qu’ils conduisent à identifier des questions à éclaircir, enfin parce qu’ils illustrent la démarche que je te propose d’entreprendre pour toi-même, je te fais part des étonnements qui surgissent de mon travail ici. Peut-être cela nous aidera-t-il pour la suite, autant pour toi que pour moi.

J’ai eu quatre étonnements. J’ai repéré le premier étonnement face à l’ampleur de la marginalisation des Kanaka Maoli, les autochtones hawaiiens. D’abord, ils forment aujourd’hui 20% de la population, une minorité par rapport à l’ensemble des résidents. Il y a presque autant d’Hawaiiens aux États-Unis continentaux qu’il y en a dans l’archipel; cela autorise à parler d’une diaspora, et cela requiert une explication. Ensuite, leurs conditions de vie matérielles sont statistiquement plus défavorables que celles de l’ensemble de la population d’Hawaii : niveau d’éducation plus faible, bilan de santé plus lourd, revenu familial plus faible, surreprésentation dans les emplois les moins rémunérés, plus forte proportion de locataires, plus forte proportion du revenu consacré au logement, surreprésentation dans la population itinérante.

Communes aux peuples colonisés et autres marginaux, ces inégalités systémiques sont justifiées par la responsabilité individuelle des victimes dans la succession des idéologies dominantes dont les plus récentes incarnations sont le néolibéralisme et le globalisme. En réalité, la marginalisation s’explique par l’histoire coloniale. Rien d’inconnu ici : les dates et les noms des acteurs diffèrent, mais il s’agit des mêmes processus qui bouleversèrent les pays conquis par l’épée, la croix et la monnaie. À Hawaii, se sont succédé les baleiniers, les planteurs de canne à sucre et d’ananas, et les barons du tourisme; la cosmologie et le mode de vie des premiers habitants furent tassés pour faire place aux religions monothéistes, à la propriété privée, au capitalisme et à l’État constitutionnel. Du reste, la convergence des institutions coloniales pourrait difficilement être mieux illustrée qu’ici : les familles descendant des missionnaires dominaient non seulement la vie spirituelle, mais possédaient les plantations et contrôlaient le gouvernement.

L’une des réalités les plus déterminantes de la marginalisation des Kanaka Maoli, et l’une des métaphores les plus puissantes pour l’illustrer est la définition même de la qualité d’Hawaiien autochtone. Décimés par les maladies contagieuses dans les années suivant la cartographie de l’archipel par James Cook, chassés des terres dont ils tiraient les ressources nécessaires à leur vie matérielle et la cohérence de leur système symbolique, les Kanaka Maoli étaient déjà sur la voie de l’extinction démographique lors du coup d’État armé de 1893 et de l’annexion par les États-Unis en 1906. Le gouvernement fédéral américain adopta ensuite, en 1921, une politique devant permettre de retourner les Hawaiiens survivants sur des terres (plutôt que de retourner les terres aux Hawaiiens, comme on le soulignera plus tard non sans ironie). Cette politique décrétait que les Hawaiiens indigènes étaient les personnes portant 50% de « sang pur ». Dans le contexte démographique, il s’agissait d’une décision génocidaire puisqu’elle programmait leur mort légale. Mais la marginalisation ne s’arrêtait pas là, les survivants continuant d’être soumis au processus colonial. Le mode de vie coutumier, fondé sur l’indissociabilité de la nature et de la communauté, ne pouvait pas être reproduit sur des lopins de terre; les limites à cette exploitation parcellisée entrainaient un recours forcé aux transactions monétaires. La dévalorisation de l’économie coutumière et de l’organisation sociale à son fondement, et l’interdiction même de la culture autochtone achèveraient le versant culturel du génocide.

Or, à cette américanisation des Hawaiiens correspondit une indigénisation, une hawaiienisation des colonisateurs. Elle s’effectua – et s’effectue encore – en gommant la profondeur symbolique des pratiques coutumières les plus éclatantes, les réduisant à leurs seules dimensions esthétiques, en pervertissant cette esthétique même pour qu’elle corresponde aux normes et aux goûts américains (de la beauté, de la sexualité, de la musique, du sport, de la nourriture, etc.), enfin en appropriant ces pratiques pour les transformer en biens et services de consommation.  Au début du XXe siècle, c’est ce filon qu’exploitèrent les industries naissantes du tourisme et du cinéma, l’une nourrissant l’autre. “As a business asset, as a national playground and as the key [for] peace in the Pacific, Hawaii is of tremendous importance”, pouvait-on lire dans une revue de l’époque publiée sur le continent. Les Américains se sentirent chez eux au paradis. Je témoigne que c’est encore le cas.

Le deuxième étonnement que j’ai eu est celui de l’ampleur des accomplissements des Kanaka Maoli au cours de récentes décennies, et, plus encore, l’ampleur de la fierté dont ils témoignent face à ces accomplissements. Mon inclination pour la mer brouille-t-elle mon regard? Quoi qu’il en soit, je décèle les premiers indices de cela dans l’aventure de l’Hokulea.

Au début des années 1970, des individus se rassemblèrent autour de l’improbable projet de vérifier la possibilité du peuplement initial d’Hawaii et de Tahiti par les Polynésiens. À l’époque, l’accumulation des données archéologiques démontrait la cohérence de la culture matérielle dans tout le triangle polynésien. Mais pour vérifier l’hypothèse, plusieurs éléments étaient nécessaires. Il fallait reconstituer un bateau hauturier dont l’existence passée devait être vraisemblable – sinon vérifiable, et fabriqué avec les matériaux locaux et les procédés préindustriels. Il fallait aussi retrouver, reconstituer peut-être, une science de la navigation n’utilisant aucun des instruments issus du savoir occidental, le sextant ou le chronomètre par exemple. Hokulea accomplit tout cela. En compulsant les dessins des explorateurs, l’on parvint à reconstituer le bateau polynésien capable de longues traversées avec vivres et bagages; ce fut la part de l’écrit, le legs cartésien. Et en portant attention aux connaissances toujours vivantes des navigateurs polynésiens, l’on parvint à comprendre qu’il existait bel et bien une science de la navigation hauturière reposant sur l’observation séculaire de la nature et sur la formidable mémoire humaine, contenue dans les récits, les poèmes et les chansons; ce fut la part de l’oralité, le legs des connaissances dites traditionnelles. Naviguant d’une île à l’autre, recrutant des membres d’équipage auxquels les savoirs séculaires étaient transmis, naviguant avec précision entre Hawaii et Tahiti, enfin, réalisant le tour du monde, Hokulea annonça la résurgence hawaiienne.

La vague ainsi soulevée toucha, si je comprends bien, tous les rivages de l’archipel d’Hawaii. Les valeurs et la langue vernaculaires sortirent du domaine domestique pour être réhabilitées à l’école et dans les médias, et des notions centrales, le « aloha » par exemple, retrouvèrent une légitimité et une effectivité publique, à côté de leur interprétation coloniale et de leur usage commercial. Il en aurait été de même des autres types de savoir, les arts et les métiers : le hula, le mele, le tatouage, la culture du taro, l’élevage en viviers, et ainsi de suite… La réussite de Hokulea a démontré l’efficacité du savoir hawaiien. Elle a symbolisé sa pertinence et sa légitimité, après 150 ans de dévalorisation. La pêche n’a jamais cessé d’être pratiquée dans tout l’archipel. Partout sur les côtes agitées de Miloli’i ou de Kapa’a, l’on rencontre des pêcheurs qui jettent des lignes plombées au-delà des vagues déferlantes, ou qui scrutent la surface turquoise à la recherche du banc de poissons, puis lancent le filet qui se déploie et ramènent enfin d’abondantes captures. Les Kanaka Maoli tirent de la pêche près de 40% de leur diète. Mais ces pratiques n’avaient rien à faire dans la gestion de la pêche, gouvernée par le savoir scientifique. Il aura fallu plus de vingt ans de travaux, de représentation et de discussion pour que l’État d’Hawaii accepte de créer des zones de pêche de subsistance basée sur les connaissances de la communauté. Cette résurgence constitue la source des revendications pour la réinsertion du savoir hawaiien dans les affaires communes d’Hawaii.

Le troisième étonnement est celui ressenti en tentant de comprendre le mouvement politique hawaiien et ses velléités souverainistes. Lisant les journaux, discutant avec les collègues et les activistes croisés sur la route, écumant l’internet, j’ai été déboussolé par cette diversité, un arc-en-ciel comme ceux que je vois le matin au-dessus de l’université à Manoa.

Le récit commence par le silence, car la résistance a longtemps été étouffée dans le brouhaha américain. Les Hawaiiens ont abondamment et pacifiquement protesté contre l’occupation comme l’a montré Noenoe Silva, professeure à l’Université de Manoa, tout en adaptant les institutions exogènes susceptibles d’améliorer les conditions de vie de leurs congénères. Mais le cadre du récit étant défini par l’occupant, les protestations ne pouvaient avoir de portée : durant un siècle, la souveraineté était un sujet de chuchotement.

Puis un jour de 1976, un petit groupe Kanaka occupe Kahoolawe, île gisant au sud-ouest de Maui, réquisitionnée par l’armée américaine pour servir de cible d’entrainement après l’attaque de Pearl Harbor, trente ans plus tôt. Les manifestants réclamaient l’arrêt des bombardements, la restauration de l’île et sa rétrocession aux habitants qui en avaient été chassés. Et un jour, les deux leaders de cette résistance pacifique disparurent, sans que leur mort soit élucidée. Ce jour marqua la reconnaissance de l’expression publique des doléances Kanaka. La bataille politico-judiciaire dura vingt ans, mais la ténacité autochtone vint à bout de l’armée américaine : les bombardements cessèrent et l’île fut rétrocédée à l’État d’Hawaii.

Kahoolawe fit plus que cela. La victoire devint un symbole, celui de la sagesse et de la légitimité des revendications des Kanaka Maoli, celui de leur capacité à maitriser leur destin, enfin celui de l’efficacité de la non-violence. Elle fit une brèche dans le système autoréférentiel américain et démontra que l’histoire peut être changée par l’usage de la parole légitime. La victoire de Kahoolawe, additionnée à la réussite de l’Hokulea, puis à toutes celles qui suivirent jusqu’à maintenant, élucide un tant soit peu cette fierté hawaiienne qui m’a étonné. Ensemble, elles permirent l’expression d’un renouveau dans tous les domaines, porté par une nouvelle génération de leaders. La dénomination de « Native Hawaiian » fut contestée comme raciste et imposée par la puissance coloniale, et on voulut lui substituer l’expression vernaculaire de Kanaka Maoli, parmi d’autres. Il devint légitime de faire de la recherche sur le coup d’État de 1893, qui devint aussi objet de littérature, et (afin?) d’en démontrer l’illégalité; la résistance hawaiienne à l’annexion fut documentée, elle qui avait été négligée par l’historiographie; des excuses officielles furent offertes au peuple hawaiien. Aujourd’hui, plusieurs organisations militent pour la cause hawaiienne, que chacune définit à sa manière. Le spectre des objectifs politiques comprend, entre autres, la recherche de l’indépendance totale et le rétablissement de la monarchie. Dans cette joute idéologique, les organisations représentant les Kanaka Maoli se seraient entendues sur des objectifs communs : leur reconnaissance comme peuple autochtone, la reconnaissance et l’exercice de leur droit à l’autodétermination, la réparation des pertes subies et la restitution de leur terre. La fierté des accomplissements passés nourrira la ténacité dont ils devront faire preuve pour réaliser leurs objectifs. Mais déjà, il serait possible et utile d’en tirer les leçons pour éclairer la destinée des peuples autochtones.  

Je repars d’Hawaii en emportant mon dernier étonnement, que je n’ai pu résoudre aussi bien que je l’aurais voulu. Il s’agit de l’éclipse hawaiienne. Le système social des Ahupua’a ‘Ohana, a déjà été décrit : en s’installant dans les multiples vallées forgées par l’érosion des cônes volcaniques, chaque groupe menait des activités qui, intégrées de la montagne à la mer, assuraient la reproduction matérielle du groupe et fondaient l’intégrité symbolique du monde. Mais ce système ne pouvait survivre à la spoliation des terres organisée par les grands planteurs, à leur profit, et grâce à leur influence auprès des souverains qu’ils finirent du reste par détrôner sous la menace des armes. C’est la petite collection « Images of America » qui a provoqué mon étonnement. Dans ces courtes monographies, reproduisant par des dessins et photos d’époque l’histoire de chacune des communautés visées, la structure est, grosso modo, toujours la même : quelques dessins illustrent des aspects du mode de vie à l’arrivée de Cook, dépeignent l’unification de l’archipel, l’établissement de la monarchie sur le modèle institutionnel et culturel de l’Angleterre, et l’arrivée des plantations. Et puis, il n’est plus possible de repérer la présence des Kanaka Maoli : à l’exclusion des images de carte postale, ils deviennent des sujets invisibles. Qu’étaient-ils devenus? Quels furent les processus de leur disparition? Et disparurent-ils véritablement, ou bien furent-ils ignorés?

J’ai trouvé des indices éparpillés. J’ai posé la question aux remarquables collègues placés sur ma route dans les collèges universitaires à Kahului ou à Lihue, et j’ai glané des hypothèses plus que des réponses. Je crois que le formidable déclin démographique, qui se serait renversé au début du XXe siècle, ne peut tout expliquer. Ils auraient été forcés de se replier dans les endroits sans valeur pour les planteurs; mais il leur aurait été de plus en plus difficile de maintenir les pratiques coutumières, à cause de la dispersion, et de l’accès toujours plus restreint à la terre, à l’eau d’irrigation détournée vers les plantations, et à la mer. Pour gagner de l’argent, ils auraient travaillé dans les plantations, les ranchs, à la construction des routes et des ponts. Et tandis qu’à la campagne apparaissait ainsi la pauvreté, cette proche voisine de la monétisation de l’économie, ceux qui le pouvaient auraient migré en ville; ou encore, quitté Hawaii pour former cette importante diaspora.

L’invisibilité a été soulignée par Elizabeth Kapu‘uwailani Lindsey Buyers dans son film Then There Were None; “ The war brought soldiers and sailors by tens of thousand. It also brought prosperity, and it brought photographers, writers, reporters, and filmmakers. Suddenly the entire world knew where Hawaii was. But we, the Hawaiian people, were not in the stories of photos or films. It was as though we were invisible, except as hula dancers and ukulele players to entertain the troops on leave.” 

Et pourtant l’éclipse s’acheva. Les victoires de Hokulea et de Kahoolawe ont signalé cette résurgence des Kanaka Maoli comme des acteurs de l’histoire. La mise en place des programmes d’études hawaiiennes, qui ne s’est pas faite sans lutte, a permis l’expression d’un savoir étouffé par le brouhaha des trains charriant la canne à sucre, des armées en alerte, de la horde des touristes. Car ce savoir survécut, comme le montre le renouveau de l’histoire hawaiienne, puisant aux archives et à l’oralité. Sa restitution permet déjà de comprendre des mécanismes que l’histoire officielle ne pouvait ni voir ni révéler, des incompréhensions fondamentales, comme les mots erronément imposés sur les réalités hawaiiennes, à la source des rapports de domination. Il y a tout à faire dans ce domaine de recherche.

Malgré les accomplissements, la marginalisation systémique des Kanaka Maoli n’a pas disparu, comme le montrent les quelques statistiques que j’ai mentionnées. Leurs conditions seraient globalement plus proches que celle des minorités ethniques de l’archipel plutôt que de celles des Haole, comme on nomme les blancs, et ces inégalités tendraient à s’accroître. La situation des sans-abri constitue, je crois, une seconde métaphore illustrant avec puissance la marginalité pérenne. Liée à la crise endémique du logement (elle remonterait au moins à 1970), logement dont la rareté et la cherté sont alimentées par la spéculation foncière, également liée à l’insuffisance des aides gouvernementales, l’itinérance frappe une proportion importante des Kanaka Maoli. Elle est liée à la spoliation des terres et à la faillite des plans successifs de redistribution depuis au-delà d’un siècle, laissant des dizaines de milliers de Kanaka Maoli survivants sur des listes d’attente. Et je ne mentionne pas les terres distribuées faites de champs de lave, comme on en voit sur l’île d’Hawaii, au pied du Kilauea. Pendant ce temps, écrit le groupe de travail sur la question « le manque de logement abordable a créé un grand nombre d’autochtones hawaiiens sans-abri, ou à risque de devenir sans-abri ». Et l’on repère tous les matins des individus isolés dormant sous les palmiers ou les frangipaniers blancs de la promenade d’Ali Wai, enveloppés par l’odeur lourde du canal balisant l’indécence de Waikiki; et les campements de bric-à-brac sous les viaducs de l’autoroute H1 surplombant le boulevard Nimitz, à deux pas de l’aéroport où transitent trois millions de touristes souriants; et d’autres campements plus imposants encore, ressemblant à des tunnels de bâches aboutées le long de la rue Iwilei, où vivotent tout près de l’imposant Costco des familles démunies.

Les accomplissements politiques et culturels de Kanaka Maoli, la recherche de l’unité vers le rétablissement de la justice, sont des atouts dont ils auront collectivement besoin pour renverser la marginalité. Si certains éléments de mon compte-rendu touchent tes intérêts, la marginalisation, la résistance, l’histoire sociale de l’éclipse précédant la résurgence, la diversité politique, ils pourront nous aider à progresser vers le choix de ton sujet d’étude. Et alors peut-être pourras-tu, mieux que je n’ai pu le faire, comprendre la condition autochtone contemporaine et participer à son amélioration. Nos collègues chercheurs, engagés comme toi et moi, accepteraient peut-être un coup de main.

Gérard

P.S.: Les règles de l’art épistolaire m’autorisent à t’épargner les détails bibliographiques, bien que je les tienne à ta disposition si tu souhaites y plonger. D’ici à ce que je te les transmette, la meilleure entrée en matière est le livre de Noelani Goodyear-Ka'opua, Ikaika Hussey et Erin Kahunawaika'al Wright (2014), A Nation Rising. Hawaiian Movements for Life, Land and Sovereignty; ensuite, celui de Noenoe Silva (2004), Aloha Betrayed. Native Hawaiian Resistance to American Colonialism. Et Jack London, encore.

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Entrevue avec Nancy Côté, nouvelle professeure sous octroi

Depuis mai dernier le Département de sociologie a la chance d’accueillir Nancy Côté à titre de professeure sous octroi. Elle travaille en partenariat avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale et son Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux (IUPLSSS) où elle poursuit des recherches sur la santé des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. Madame Côté a généreusement accepté de s’entretenir à ce sujet avec le Bulletin.

Bulletin de sociologie: Pouvez-vous décrire brièvement vos parcours académique et professionnel, tout en mentionnant ce qui vous a attiré vers la sociologie ?

Nancy Côté: Mon parcours est multidisciplinaire, mais dès la maitrise, mon orientation vers la sociologie s’est confirmée.Nancy Côté Avant d’étudier en sociologie, j’ai fait un baccalauréat en anthropologie à l’Université Laval. J’étais depuis toujours grandement attirée vers les sciences humaines et j’hésitais alors entre la sociologie, l’histoire et l’anthropologie. L’anthropologie m’apparaissait une manière de ne pas faire de choix, et c’est pourquoi je me suis orientée vers cette discipline. Déjà au baccalauréat, les cours d’anthropologie de la santé étaient ceux qui m’intéressaient le plus : j’ai alors pris tous les cours touchant de près ou de loin au domaine de la santé. J’ai donc poursuivi dans ce domaine à la maitrise, mais cette fois en sociologie de la santé. Alors que l’anthropologie était axée sur les différentes cultures, la sociologie ici au Département est attentive à la société québécoise, et je trouvais intéressant d’ajouter cet élément à ma perspective. Dans le cadre de ma maitrise, je me suis intéressée à la trajectoire des personnes qui avaient le VIH depuis plus de dix ans, ce qu’on appelait à l’époque les « long term survivors » (il était plutôt rare à l’époque, en raison des avancées médicales, de vivre plus de dix ans tout en étant atteint du VIH). Ma co-directrice en anthropologie était Francine Saillant et mon directeur en sociologie Marc-André Lessard, qui est maintenant à la retraite.

Avant même de terminer ma maitrise, j’ai commencé à travailler en santé publique avec une équipe de recherche sur le VIH-sida et j’ai poursuivi à temps plein dans ce domaine à la suite de mes études. En tant que professionnelle de recherche, je cumulais différents contrats. C’est de cette manière qu’une chercheure de l’équipe RIPOST[1] m’a embauchée, ce qui m’a menée à travailler pendant une dizaine d’années à titre de professionnelle de recherche au sein de l’équipe RIPOST – j’en suis toujours membre, mais maintenant à titre de chercheure. L’équipe RIPOST est une équipe multidisciplinaire spécialisée sur ces questions relatives aux différentes facettes du travail (santé mentale au travail, précarisation du travail, construction sociale du risque, insertion socioprofessionnelle, etc.). Au fil des années, j’ai touché à différentes problématiques en lien avec le travail, j’ai développé mon expérience de recherche, j’ai été impliquée sur l’écriture de protocoles, l’écriture d’articles et puisqu’il s’agissait d’une équipe en partenariat, j’ai appris à travailler avec différents milieux de pratique.

Des changements internes à l’équipe ont fait en sorte que si je voulais continuer la recherche, je devais poursuivre au doctorat et développer moi-même mes projets. La bourse du CRSH que j’ai reçue a confirmé mon désir de poursuivre au doctorat. Voulant faire mon doctorat dans une autre université que l’Université Laval, je me suis inscrite en sciences humaines appliquées à l’Université de Montréal. Le programme était axé sur une approche multidisciplinaire et sur la recherche appliquée, ce qui m’apparaissait à la fois intéressant et pertinent par rapport à l’expérience que j’avais acquise dans l’équipe RIPOST. Mon projet de doctorat a porté sur la mobilité professionnelle et le rapport au travail des jeunes infirmières. À l’époque, des statistiques d’établissement démontraient que 60% des jeunes qui amorçaient leur carrière au CSSS quittaient à l’intérieur des deux premières années. L’organisation se demandait pourquoi autant de jeunes quittent l’organisation et quoi faire pour les retenir. C’est de là qu’est venue l’idée de travailler sur le rapport au travail des jeunes infirmières. Je me suis intéressée à l’organisation du travail et à la relation entre rapport au travail et situation de vie personnelle et familiale. Même si mon doctorat était multidisciplinaire, il avait un caractère sociologique bien affirmé, notamment en raison des directeurs que j’ai eus, Paul Bernard et Deena White, qui sont tous deux sociologues de formation.

Alors qu’au doctorat je me suis intéressée surtout à l’expérience subjective des travailleurs, je trouvais intéressant pour le postdoctorat d’aller chercher une perspective organisationnelle afin d’avoir une vision d’ensemble du travail. J’ai fait un stage postdoctoral à l’École nationale d’administration publique (ENAP) avec Jean-Louis Denis, au sein de la Chaire du Canada sur la gouvernance et la transformation des organisations et systèmes de santé (GETOSS). Ce fut un milieu de recherche très enrichissant et très stimulant sur les questions relatives aux organisations de santé, d’autant plus que mes projets de recherche s’orientaient toujours plus vers les travailleurs du réseau de la santé.

Enfin j’ai eu un parcours un peu atypique au doctorat et au postdoc, puisque, parallèlement à mes études, j’étais aussi chercheure d’établissement. Pendant cette période, j’ai en effet développé des projets de recherche comme chercheure principale avec différents partenaires de la première ligne.

BdS: Quels sont vos intérêts de recherche ?

NC: Le fil conducteur de mes recherches est la main-d’œuvre dans le réseau de la santé et des services sociaux, plus particulièrement au sein de la première ligne. La première ligne constitue la porte d’entrée dans le réseau contrairement à la deuxième ou troisième ligne qui offrent des soins plus spécialisés. Ces enjeux de main-d’œuvre, je les appréhende sous trois angles complémentaires : l’individu, les professions et les organisations. Autour de l’individu, je m’intéresse à la relation complexe entre le travail, les situations de vie personnelle et familiale et à la manière dont ces éléments affectent l’expérience subjective de travail et la santé des travailleurs. Sous l’angle des professions, je m’intéresse aux professions du soin et à la manière dont ces professionnels (médecins, infirmières, préposés aux bénéficiaires, etc.) sont amenés à collaborer ensemble afin de prodiguer de meilleurs soins à la population, mais aussi d’assurer une meilleure accessibilité et continuité des soins et des services. Je m’intéresse donc aux dynamiques interprofessionnelles, au travail d’équipe et aux enjeux identitaires professionnels. Du côté de l’organisation, je m’intéresse aux cadres intermédiaires, à leur engagement au travail, au rôle d’encadrement qu’ils sont amenés à jouer en soutien à leurs équipes, et comment ils arrivent jouer leur rôle dans un contexte de changement.

BdS: Quelle est la particularité de votre situation de professeure sous octroi?

NC: Je suis embauchée depuis le 31 mai comme professeure sous octroi au Département de sociologie. Il faut maintenant faire un léger détour en précisant mes liens avec le Centre de recherche sur les soins et les services de première ligne de l’Université Laval (CERSSPL-UL) afin de bien saisir la particularité de la situation. Le CERSSPL-UL est l’infrastructure de recherche de l’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux, qui est rattachée au CIUSSS (Centre intégré universitaire en soins et services sociaux) de la Capitale-Nationale. Depuis plusieurs années, je développe des projets avec des partenaires qui s’inscrivent dans deux grandes thématiques du CERSSPL-UL, celle de la santé au travail et celle de l’organisation des soins. Je siège aussi sur différents comités, dont un sur les conditions d’exercice des cadres intermédiaires. Ces comités, où j’apporte mon expertise, m’alimentent pour développer des projets de recherche en lien avec les enjeux actuels du réseau de la santé et des services sociaux.

Parallèlement à ces engagements, j’étais, jusqu’à tout récemment, professeure associée au département de sociologie de l’Université Laval. Dans le cadre de cette association, j’étais impliquée dans la formation d’étudiants. Certains sont venus au CERSSPL-UL pour y faire des stages ou travailler avec moi sur mes projets de recherche. J’ai aussi contribué à l’encadrement d’étudiants de 2e cycle et j’ai été sollicitée pour évaluer des projets de mémoire. Comme professeure associée, j’avais ainsi des tâches liées à l’encadrement d’étudiants de sociologie et j’ai développé aussi des projets de recherche avec des professeurs du département.

Reconnaissant la pertinence de mon champ de recherche et de mes implications, le CIUSSS et le Département de sociologie ont cherché à maintenir ces liens de collaboration par la création d’un poste de professeure sous octroi. Un professeur sous octroi est engagé pour accomplir des tâches principalement liées à la recherche, mais il accomplit aussi des fonctions liées à l’enseignement notamment en termes d’encadrement d’étudiants de 2e et de 3e cycles. Je donnerai par ailleurs un cours de premier cycle en sociologie des organisations à l’hiver prochain.

BdS: Quels sont vos projets de recherche en cours et à venir ?

NC: Je suis présentement sur quatre projets de recherche qui sont en cours. Le premier projet sur lequel je suis chercheure principale porte sur le rapport au travail dans les professions libérales et concerne plus spécifiquement les médecins de famille. Ce projet cherche à saisir comment a évolué le rapport au travail des médecins de famille à partir de l’analyse comparative de trois cohortes d’insertion sur le marché du travail qui correspond grosso modo aux médecins en début, mi et fin de carrière. Dans la littérature, une lecture générationnelle est souvent adoptée, et nous avons voulu questionner l’hypothèse selon laquelle seulement les jeunes auraient un rapport nouveau au travail.

Le deuxième projet de recherche sur lequel je suis chercheure principale porte sur les infirmières praticiennes spécialisées en première ligne (IPSPL) – appelées dans le jargon « super-infirmières », même si elles n’aiment pas se faire appeler ainsi – et se déroule dans trois régions du Québec. Le rôle des ISPL n’existe que depuis 2007, et on s’aperçoit qu’il est difficile d’implanter ce nouveau rôle. Plusieurs contraintes empêchent l’utilisation optimale de ce champ de pratique. Ce projet vise donc à mieux comprendre ce qui freine ou habilite les différents acteurs aux niveaux local, régional et provincial, pour une utilisation optimale du nouveau rôle des IPSPL.

Cette recherche a mené au développement récent d’un autre projet qui concerne aussi les IPSPL. Ce projet vise à évaluer un projet pilote qui démarre à l’automne dans un GMF, le projet Archimède, qui est un tout nouveau modèle de GMF. La porte d’entrée dans un GMF est habituellement le médecin qui accueille et qui soigne. Dans ce nouveau projet, la porte d’entrée seront les infirmières cliniciennes ou les IPSPL qui vont prendre en charge le patient qui sera redirigé vers le médecin seulement si sa condition l’exige. C’est une clinique multidisciplinaire regroupant infirmières cliniciennes, IPSPL, médecins, pharmaciens, physiothérapeutes, nutritionnistes, travailleurs sociaux, kinésithérapeutes et psychologues. Selon la nature du problème, le patient est redirigé vers le ou les professionnel(s) lui convenant le mieux. Cette recherche vise à évaluer si les objectifs de meilleure qualité, continuité et accessibilité dans les soins sont atteints dans ce contexte de collaboration interprofessionnelle.

Le dernier projet, sur lequel je suis co-chercheure, concerne les cadres intermédiaires et vise à mieux comprendre comment les transformations récentes survenues dans le réseau de la santé affectent leur engagement subjectif au travail et leur capacité à jouer leur rôle d’encadrement dans leur équipe de travail. L’idée est de regarder les cadres intermédiaires comme des travailleurs qui eux aussi sont soumis à différentes contraintes du travail qui peuvent avoir un impact sur leur manière de vivre le travail et ultimement sur leur santé. Les cadres intermédiaires ont été peu étudiés sous cet angle.

BdS: Pouvez-vous présenter la conférence que vous donnerez à l’autonome ?

NC: La conférence que je ferai à l’automne portera sur le rapport au travail des médecins de famille. Puisque le projet est assez avancé, la collecte de données étant terminée, je trouvais intéressant de cibler ce projet en présentant certains de nos résultats préliminaires. Les professions libérales ont connu des changements majeurs depuis deux décennies. La plupart des travaux dans le domaine soulignent qu’au sein de ces professions, le rapport au travail ne se caractérise plus par la prédominance d’un ethos du devoir, qui se traduisait par une identification forte à la profession, un investissement important dans le travail ainsi que des frontières poreuses entre le travail et la vie hors travail. Ces changements n’ont pas épargné les médecins de famille, qui constituent un excellent révélateur des transformations vécues dans les professions libérales. La littérature fait état de changements substantiels au cours des dernières années dans les conditions d’exercice de la profession, dans les valeurs à l’égard du travail et dans les situations de vie personnelle et familiale.

Sur le plan des conditions d’exercice du travail, les médecins de famille ont à composer avec des contraintes administratives de plus en plus lourdes et des objectifs de performance qui ont un impact sur l’organisation de leur pratique et les choix professionnels qu’ils font. Sur le plan culturel, cette profession est notamment marquée par un effritement du modèle traditionnel de la carrière médicale, caractérisé par un investissement intense au travail, une « disponibilité permanente » et un haut niveau d’engagement envers la profession. Cette profession est également marquée par la féminisation de sa main-d’œuvre et un accroissement des couples à double carrière.

La communication proposée présentera ces différents changements et démontrera comment ils contribuent à redéfinir le rapport au travail et au hors travail des médecins de famille à partir de l’analyse comparative de nos trois cohortes d’insertion sur le marché du travail, qui, je le rappelle, correspondent aux trois étapes de carrière : début, mi et fin de carrière.


[1] Recherches sur les interrelations personnelles, organisationnelles et sociales du travail (RIPOST)

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Portrait de diplômée - Andrée-Anne Boucher

Graduée du département en 2015, Andrée-Anne a déposé cet été son mémoire de maitrise sur le rôle grand-parental et la solidarité intergénérationnelle dans laquelle il prend forme, pour lequel elle a reçu la distinction au Tableau d’honneur de la Faculté des études supérieures et postdoctorales, ayant obtenu à l’unanimité des membres du jury des notes excellentes pour son mémoire. Ayant accumulé diverses expériences de recherche d’enseignement au département, elle s’oriente maintenant vers le diplôme d’études supérieures en enseignement collégial.

Bulletin de sociologie: Pourriez-vous décrire brièvement votre parcours académique, tout en mentionnant ce qui vous a attiré vers la sociologie ? Quels y sont vos intérêts ?

Andrée-Anne BoucherAndrée-Anne Boucher: Mon parcours académique en sociologie a commencé au Cégep de Sainte-Foy, alors que je poursuivais des études dans un programme de double DEC en sciences humaines et musique. J’ai adoré mon passage au cégep où je suivais une multitude de cours différents qui me permettaient de m’ouvrir sur le monde et de penser autrement. C’était un revirement heureux pour moi qui arrivais d’une petite école secondaire assez conservatrice, en banlieue de Québec. Mes cours de sociologie ont été de ceux que j’ai réellement préférés. Je voyais dans la sociologie une sorte d’outil pour questionner autant la société plus largement, que mon quotidien et mes relations sociales. Je n’ai donc pas hésité à m’inscrire en sociologie au baccalauréat, sans but autre que de continuer à porter des « lunettes sociologiques ». C’est surtout à la suite du Laboratoire de recherche que j’ai voulu poursuivre plus sérieusement mes études en sociologie et entamer une maitrise avec mémoire. Mon projet pour le Laboratoire de recherche a aussi développé chez moi un intérêt pour les questions relatives à la solidarité, notamment en ce qui concerne les relations familiales.

BdS: Pourriez-vous présenter votre sujet de mémoire ? Quels résultats principaux s’en dégagent ?

AAB: Suivant mon intérêt pour la famille et les rapports de solidarité, j’ai décidé de m’intéresser aux relations intergénérationnelles familiales et aux rôles familiaux dans le cadre de mon mémoire. Plus précisément, mon objectif était de voir comment la solidarité familiale intergénérationnelle entre les parents et les grands-parents se transforme au moment de la naissance d’un enfant, en cherchant également à voir quelle est la place accordée, négociée et prise par les nouveaux grands-parents dans la vie familiale de leurs propres enfants. J’ai décidé d’interroger des parents et des grands-parents apparentés, parce que le rôle grand-parental prend aujourd’hui des formes variées dans le jeu des interrelations et dans la dynamique relationnelle de chaque famille.

Par l’analyse qualitative des discours des parents et des grands-parents, j’ai constaté que de nouvelles attentes émergent avec la naissance d’un premier enfant et petit-enfant. La solidarité familiale intergénérationnelle entre les nouveaux parents et grands-parents s’était renforcée pour la majorité d’entre eux, certains ayant même déménagé ou pris leur retraite pour voir celle-ci se consolider. J’ai également remarqué que les échanges, les pratiques de soutien et de coopération s’étaient multiplié, mais toujours à la mesure des possibilités qu’offrait la solidarité qui préexistait avant la naissance. Au fil des entretiens, j’ai aussi remarqué que les fonctions tenues par les grands-parents s’inscrivent dans un large éventail, notamment parce que le rôle grand-parental ne suit plus aujourd’hui un modèle codifié comme auparavant. Les grands-parents détiennent ainsi une certaine marge de liberté dans le rôle qu’ils souhaitent tenir, composant celui-ci à partir de modèles idéalisés basés sur des souvenirs de leurs propres grands-parents et en opposition à des figures contre-exemplaires d’une grand-parentalité qu’ils cherchent à éviter. Mais même si les grands-parents ont une certaine marge de liberté, leur rôle reste toujours situé dans des conditions concrètes d’existence et dans un contexte particulier de solidarité. En ce sens, les entretiens ont montré que la réceptivité des parents – la manière dont ils perçoivent et s’accommodent de la présence grand-parentale – influence l’ampleur et la teneur des fonctions grands-parentales, et que les conditions dans lesquelles s’inscrit la relation, la fréquence des moments passés ensemble, l’âge des grands-parents et le fait d’être une grand-mère ou un grand-père ont aussi une influence sur l’adoption de conduites particulières. J’ai donc pu constater que c’est à l’intersection des intentions des grands-parents, des attentes des parents et des possibilités concrètes du contexte de solidarité familiale intergénérationnelle que le rôle grand-parental prend forme.

BdS: Vous avez eu la chance d’acquérir diverses expériences de travail au Département de sociologie. Pourriez-vous nous en parler davantage, tout en mettant l’accent sur les expériences en enseignement que vous y avez acquises ?

AAB: J’ai effectivement été plutôt chanceuse, car j’ai pu toucher un peu à tout. J’ai commencé en faisant du tutorat pour le cours Formation et développement du Québec contemporain, puis j’ai été auxiliaire de recherche pour l’enquête Vies de famille rimouskoises. J’ai ensuite été auxiliaire d’enseignement pour les cours Analyse de données I et II. C’est lors de ces contrats, pour lesquels je devais essentiellement faire de l’encadrement d’étudiants et de la correction, que j’ai été animée par l’envie d’enseigner. Cette volonté s’est perpétuée lorsque j’ai été coordonnatrice pour le Laboratoire de recherche l’année suivante. Ce contrat m’a permis d’accompagner des étudiants dans la réalisation de leur projet de recherche et en même temps de revivre, d’une autre manière, le « labo » qui m’a tant motivée à poursuivre à la maitrise. Même si la tâche était assez importante, ce contrat a été l’un des plus motivants et formateurs de mon parcours académique (au point où je priorisais bien souvent celui-ci… au détriment de la rédaction de mon mémoire !). Finalement, l’année dernière, j’ai pu accompagner Dominique Morin dans la préparation du cours Formation et développement du Québec contemporain offert en classe et aussi dans la préparation de sa version qui sera éventuellement offerte à distance. J’ai donc participé à la rédaction du plan de cours, à la définition des évaluations, à la sélection des lectures obligatoires et facultatives, j’ai préparé certains supports visuels pour les exposés en classe et animé, en partie, certaines séances en classe. Pour la version à distance, j’ai travaillé à la préparation de capsules vidéo portant sur des aspects particuliers de l’étude du Québec, avec la participation de différents professeurs de sociologie et d’histoire notamment. Que d’expériences de travail qui ont été enrichissantes et m’ont permis de développer des aptitudes en enseignement que j’aimerais continuer à peaufiner, puis m’en servir concrètement au cours des prochaines années.

BdS: Vous débuterez dès septembre un DESS en enseignement collégial. Quelles sont vos motivations ?

Mes expériences comme auxiliaire d’enseignement, lors de mes études au Département de sociologie, m’ont vraiment incité à poursuivre sur la voie de l’enseignement. L’enseignement de la sociologie au niveau collégial m’apparait comme un moyen de transmettre non seulement des connaissances, mais surtout de cultiver un « sens de la curiosité » et d’inciter à adopter un regard critique. C’est ce que j’ai pu tirer de mon passage au cégep et j’espère pouvoir être à la hauteur de tous ces enseignants qui y ont contribué. J’entame donc un DESS en enseignement collégial à l’automne pour perfectionner mes aptitudes en enseignement et en pédagogie, aptitudes que j’ai pu acquérir lorsque j’étais auxiliaire d’enseignement et coordonnatrice. Le DESS me permettra aussi d’intégrer à nouveau le monde des études collégiales par l’entremise de stages à l’automne et à l’hiver. Par ailleurs, si mes expériences comme auxiliaire d’enseignement à l’université ont été très formatrices, l’enseignement au cégep présente des différences – par ses formes et ses visées – auxquelles je souhaite m’initier durant ce certificat.

BdS: Quels sont vos projets pour la suite ?

AAB: Quitter les bancs d’école, seulement pour mieux y revenir, debout, devant une classe !

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Retour sur la soirée des prix d'excellence

Le 9 mai dernier s’est tenu au Théâtre de la Cité universitaire la 27e Soirée Prix d’excellence 2015-2016 de la Faculté des sciences sociales. Près de 300 personnes étaient alors réunies dans le but de souligner l’excellence des étudiant(e)s ainsi que la générosité des donataires.

Le Département de sociologie était à l’honneur lors de cette remise de prix, ayant souligné le travail de plus d’une dizaine de ses étudiants. La liste des récipiendaires se retrouve à la fin de cet article, jointe à quelques photos de la cérémonie.

Lors de cette soirée, le département a eu le privilège de désigner une de ses diplômées, la professeure émérite Maria De Koninck, à titre de présidente d’honneur de la cérémonie. Pionnière des études féministes au Québec, Madame De Koninck a complété ses études doctorales et de baccalauréat au Département de sociologie de l’Université Laval. Fière de ses racines en sociologie, elle a rappelé dans son allocution son engagement vis-à-vis la recherche qui est son instrument premier afin de faire une différence socialement. Ce type de recherche ne se borne pas à un « sujet » ou encore à une « spécialité », mais il s’inscrit plutôt dans une lignée, celle des recherches féministes, tout en ayant le souci de conserver son regard de « généraliste ».

La sociologue, dont vous pouvez lire le texte de son allocution ci-dessous, nous rappelle à une mission de grande envergure pour toutes et tous en cette rentrée scolaire !

Voici les récipiendaires de la Soirée Prix d’excellence 2015-2016 de la Faculté des sciences sociales, le 9 mai 2017. Félicitations à tous et toutes !

Emiliano ScanuMeilleur dossier de doctorat avec thèse
Emiliano Scanu

Meilleur dossier de maîtrise avec mémoire
Louis-Pierre Beaudry

Meilleur dossier de maîtrise avec stage
Jean-Philippe Beauregard (mention)

Prix Georges-Henri-Lévesque de l’ACSALFDe gauche à droite: François Gélineau, Louis-Pierre Beaudry, Catherine Dussault, Timothy Earle, Jonathan Riendeau, Dominique Morin
Louis-Pierre Beaudry

Mention d’honneur du doyen au baccalauréat
Étienne Beaudry-Soucy
Samuel Bédard
Timothy Earle
William Girard
Annie Marois
Camille Thériault-Marois

Bourse Hydro-Québec
Catherine Dussault

Bourse d’accueil à la maîtrise du Fonds Jean-Charles-Falardeau
Catherine Dussault
Nicolas Pelletier

Bourse FARE
Jonathan Riendeau

Bourse du Fonds Jean-Guy Paquet
Timothy Earle

Bourse de recherche au doctorat – BESC Vanier
Pierre-Élie Hupé

Bourse de doctorat du CRSH
Jean-Philippe Beauregard

Bourse de maîtrise du CRSH
Catherine Dussault
Pierre-Olivier Paré
Nicolas Pelletier

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Allocution de Madame Maria De Koninck

Maria De KoninckBonsoir,          

Je tiens, en premier lieu, à remercier M. Morin d’avoir pensé à moi pour présider cette cérémonie, me donnant ainsi une occasion unique de partager avec vous, qui êtes tournés vers l’avenir, une passion qui a traversé ma vie, la sociologie. Je le ferai en évoquant des moments de mon cheminement qui me portent à croire que votre choix des sciences sociales est un choix plein de promesses.

Je souhaite illustrer ici trois dimensions qui caractérisent, à mes yeux, la profession de sociologue : la diversité des expériences qu’elle nous permet de vivre, les possibilités qu’elle offre de mieux connaître et comprendre l’Autre et celles d’agir dans son milieu et dans d’autres milieux.

Ma formation initiale à l’université m’a façonnée comme sociologue beaucoup plus que je ne l’avais cru lorsque j’ai obtenu mon premier diplôme. Il y a d’abord eu la qualité de certains enseignements. Des professeurs m’ont marquée intellectuellement en ouvrant des horizons et soulevant des questions exigeantes. Par exemple, Fernand Dumont posant cette question : « Les sociologues doivent-ils (aujourd’hui, il ajouterait, sans aucun doute, et elles) descendre dans la rue ? » Le rôle des intellectuel(le)s… Celles et ceux d’entre vous qui connaissez le film La sociologie est un sport de combat sur Pierre Bourdieu, savez combien cette question peut hanter.

Une autre influence marquante de mes premières années de formation provient du travail en équipe. Ce que j’ai appris au contact des autres ! Je me souviens de ces collègues avec qui préparer un travail était un moment de pur bonheur. Débats, échanges … dans le respect. À noter que nous n’étions alors que quelques femmes. J’ai eu beaucoup de chance. J’ai étudié avec Fernand Harvey, Maurice Angers, Simon Langlois, Marcel Simard et le regretté Gilles Houle pour n’en nommer que quelques uns, qui ont tous des réalisations remarquables à leur actif. L’apprentissage du travail en groupe et la richesse de la confrontation de points de vue, vécus alors, expliquent pourquoi j’ai par la suite toujours aimé m’associer à d’autres pour écrire et mener des recherches et pourquoi j’ai privilégié la multidisciplinarité.

Ce n’est toutefois que quelques années après avoir quitté l’université, une fois devenue professeure de sciences sociales au niveau collégial, que j’ai compris que la sociologie pouvait être autre chose qu’un gagne-pain ou une pratique disciplinaire intéressante. J’ai alors eu l’occasion de monter un cours en sociologie de la famille. Mes intérêts féministes m’ont amenée à inclure dans ce cours une composante sur les rapports entre les sexes, me permettant de développer une analyse qui dépassait les constats, découlant d’observations et d’expériences personnelles, pour documenter l’inégalité qui définissait les rapports entre les sexes.

Dans ce contexte d’enseignement collégial est né le goût de transmettre non seulement des connaissances mais des instruments intellectuels et d’ainsi favoriser chez les jeunes ce que permettent les sciences sociales soit, notamment, l’analyse critique, le refus des idées reçues, la capacité de repérer les stéréotypes et de documenter la construction sociale des inégalités.

L’étape suivante a renforcé ma conviction que la sociologie et les sciences sociales offrent des possibilités d’appréhension et d’analyse incomparables de notre univers, ainsi qu’un potentiel indiscutable d’agir sur les réalités qui nous entourent. J’ai été embauchée comme professionnelle de recherche au CSF où j’ai vécu une expérience collective unique, celle de contribuer à une politique d’ensemble visant à changer le Québec, de façon globale, en matière de rapports entre les sexes. Tout un programme ! Mais un programme qui n’était pas irréaliste, car il reposait sur une histoire, méconnue mais non moins réelle, de femmes remarquables et sur le travail acharné de collectifs, de groupes de femmes et d’associations féminines qui avaient mis la table pour que le Québec avance.

En 1978, nous avons produit cette politique intitulée Pour les Québécoises Égalité et indépendance, dans laquelle nous documentions à l’aide de nombreuses statistiques et informations, analysées sous l’angle des rapports sociaux, la situation dans les domaines de l’éducation, de la santé, du travail, de la justice, de la culture etc. J’étais responsable du dossier santé. L’équipe de recherche était constituée de jeunes femmes ayant étudié, pour plusieurs, en sciences sociales.

Cette politique d’ensemble sur la condition féminine que nous avons menée à bien et qui a été adoptée par le gouvernement, a provoqué de nombreux changements parce qu’elle a été utilisée par les groupes de femmes, par des militantes, par les syndicats, notamment, pour revendiquer et obtenir ces changements nécessaires pour construire une société plus égalitaire.

Mon expérience dans ce cadre m’a convaincue définitivement que la sociologie et les sciences sociales étaient des instruments privilégiés pour provoquer des changements sociaux lorsque les travaux produits le sont avec des partenaires qui peuvent par la suite les utiliser dans leurs interventions sur le terrain.

J’ai poursuivi dans cette veine et ajouté à ma démarche sociologique, une démarche éthique car en menant des recherches en matière de santé, je me suis rapidement heurtée à des sujets mettant en cause des valeurs sociales et provoquant des remises en question de valeurs partagées. Le cheminement  sociologique et le cheminement éthique se complètent si bien lorsqu’il s’agit de comprendre ce qui anime une société.

Les travaux de recherche auxquels j’ai participé dans la Fonction publique m’ont ramenée à l’université. Notamment, des travaux en éthique sur, ce que nous appelions à l’époque, les nouvelles techniques de reproduction, m’ont convaincue que je devais acquérir plus d’expertise pour approfondir ma compréhension d’un changement social en cours. Un autre impératif m’a également poussée à retourner sur les bancs de l’école, celui de m’approprier tout ce qui était disponible pour consolider le caractère rigoureux de mon travail intellectuel. La rigueur est essentielle à toute démarche scientifique. Ajoutons que ce caractère essentiel devient manifeste lorsque l’objet des travaux comporte des dimensions politiques par rapport auxquelles il faut savoir prendre du recul. 

L’objet de ma thèse de doctorat, réalisée après 14 ans sur le marché du travail, était la pratique de la césarienne dont les taux atteignaient des sommets record. L’angle d’approche théorique était celui du changement social. C’est cet objet, soit l’analyse d’une pratique en santé et mon expertise en santé des femmes qui expliquent mon port d’attache au département de médecine sociale et préventive lorsque je suis devenue la première titulaire de la Chaire d’étude sur la condition des femmes (maintenant Chaire Claire Bonenfant), et où j’ai mis mes énergies à soutenir le développement de recherches féministes.

Une sociologue dans une Faculté de médecine était alors une exception. Elle l’est toujours, même si plus de disciplines issues des sciences sociales sont dorénavant représentées dans les facultés de santé et que leur apport y est de plus en plus reconnu. Les perspectives qu’apportent les sciences sociales sur la santé physique, psychologique et sociale sont devenues incontournables, maintenant que l’on reconnaît la complexité de la santé humaine, qu’elle soit considérée sous un angle individuel ou sous un angle collectif. La construction sociale de la santé ne peut être ni comprise ni documentée sans l’apport des sciences sociales. Il en va de même de sa prise en charge. Que l’on s’intéresse au développement de la maladie, à sa propagation, à la façon de la traiter et de la prévenir, on ne peut faire abstraction des contextes et des rapports sociaux. Et, tout le champ de la santé publique doit nécessairement intégrer des connaissances sur les rapports sociaux et l’organisation des sociétés.

C’est aussi en tant que sociologue que j’ai pu travailler dans des projets d’intervention et de recherche en santé des femmes dans des pays dont les conditions sont fort loin des nôtres. Encore ici, les sciences sociales nous fournissent des instruments qui nous permettent d’aller à la rencontre des expériences vécues dans ces sociétés. Les sciences sociales sont utiles pour contextualiser des pratiques. Mieux comprendre les composantes socioculturelles et économiques des états de santé et des pratiques en santé, et proposer l’adoption de pratiques différentes, lorsque cela est jugé pertinent, sont des démarches vouées à l’échec sans les instruments intellectuels nécessaires.

J’ai ainsi pu travailler avec des collègues en Afrique pour réduire la mortalité maternelle, améliorer la santé de la reproduction, lutter contre le VIH-Sida en faisant appel à tous les outils acquis lors de ma formation et au cours de mes enseignements et travaux de recherche. Expérience d’une telle richesse ! S’approcher des autres, les écouter, tenter de les comprendre, quelle expérience humainement plus enrichissante peut-on souhaiter ? Puis, en collégialité tenter de mettre à profit les connaissances acquises avec les moyens disponibles.

Voilà. Vous comprenez sans doute à ce moment-ci combien je suis fière d’être sociologue, combien je pense que la sociologie et les autres disciplines des sciences sociales jouent un rôle incontournable dans la compréhension de notre vie collective, dans la construction de notre réalité sociale et même dans celle de milieux différents du nôtre. Les sciences sociales nous donnent un pouvoir pour agir en tant que membre de la « société » humaine, à différentes échelles. Je ne regrette pas mon choix et je suis reconnaissante à celles et ceux qui m’ont formée de m’avoir permis de vivre une vie professionnelle passionnante et de pouvoir encore mettre mon grain de sel pour participer à notre vie collective.

Mon regret aujourd’hui est que la spécialisation, qui présente de nombreux atouts et fait progresser les sciences sociales, prenne un tribut, comme le regard à travers une loupe nous permet de voir des choses invisibles autrement mais ne nous permet pas d’avoir une vue d’ensemble. La pertinence d’une expertise privilégiant une approche générale en sciences sociales, est de moins en moins reconnue. Pourtant, les réalités sociales sont si complexes qu’il nous faut, au-delà de la compréhension fine de leurs composantes, un regard englobant permettant de les considérer dans leurs interactions. Je souhaite qu’on remonte un peu le courant et valorise de nouveau l’expertise soutenant ce regard.

 Et vous les plus jeunes ? Le boulot vous attend dans tant de milieux, tant de domaines ! À cette heure :

1) où les valeurs marchandes, au nom d’un progrès dont la définition est de plus en plus obscure, semblent remplacer les valeurs humaines, telle la dignité;
2) où les inégalités se creusent sur une planète dont l’avenir est menacé par des modes de vie protégés au nom de la valeur de liberté, dont la définition est pour le moins galvaudée;
3) où le prisme des droits individuels, bien justifié par ailleurs, peut toutefois facilement nous faire perdre de vue la recherche du bien commun;
4) où le regard, dit progressiste, semble souvent mieux repérer et servir les besoins issus de nos différences que ceux qui nous sont communs ainsi que le bien général;
et enfin 5) où la technologie envahit nos vies sans que nous nous assurions que nous en resterons les maîtres.

Les sciences sociales ont un rôle déterminant à jouer.

Comprendre les développements sociaux et en clarifier les enjeux, mettre en lumière les rapports de pouvoir souvent très subtils, soutenir la construction et l’expression d’une parole citoyenne éclairée pour une vie réellement démocratique, remettre à l’ordre du jour la recherche du bien commun, voilà quelques uns des nombreux défis qui vous attendent, expertes et experts en sciences sociales. Le seul conseil que je me permets de vous donner est de ne jamais oublier qu’il n’y a rien de plus noble que de mettre son savoir au service de l’amélioration des rapports humains.

Maria De Koninck
9 mai 2017  

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Prix, bourses, distinctions

Daniel Mercure, professeur titulaire du département, sera résident à l’Institut d’études avancées de Paris

Daniel Mercure, professeur titulaire au Département de sociologie et membre de L’Académie des sciences sociales du Canada, a été élu résident-chercheur pour une période de six mois en 2018 à L’Institut d’études avancées de Paris, chaire Jean d’Alembert, sous les auspices de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, de l’École Normale Supérieure et de Paris-Saclay. Il y rédigera un ouvrage, contribuera à un séminaire international, et participera à l’organisation d’un colloque sur le thème des Changements organisationnels et nouveau rapport au travail. L’Institut est un centre de recherches dans le domaine des sciences humaines et sociales, qui offre à des universitaires et scientifiques mondialement reconnus la possibilité de vivre un séjour de recherche à Paris.

Simon Langlois, professeur émérite du département, reçoit le prix Outstanding Contribution Award de la Société canadienne de sociologie (SCS)

Howard Ramos, président de l’Association canadienne des sociologues et Simon Langlois, Toronto, le 30 mai 2017La Société canadienne de sociologie a décerné le prix Outstanding Contribution Award au professeur Simon Langlois, afin de souligner l’excellence de ses réalisations en recherche et son engagement au sein de la Société. Cet honneur lui a été décerné à Toronto, le 30 mai 2017, lors du congrès annuel de la Société.

Simon Langlois, professeur émérite du département, a enseigné la sociologie à l’Université Laval pendant 42 ans. Auteur de plusieurs publications importantes, il a récemment publié Le Québec change (Del Busso éditeur). Il est président sortant de l’Académie des sciences sociales de la Société royale du Canada.

Bourses Fonds de recherche du Québec – Société et Culture

Le FRQSC offre des bourses prestigieuses aux étudiant(e)s se démarquant tant par leur rendement académique que par la qualité et l’intérêt de leur projet de recherche. Félicitations à nos récipiendaires!

Postdoctorat
Judicaël Alladatin
Marie-Ève Harton

Doctorat
Janie Deschênes

Maitrise
Timothy Earle
Pierre-Olivier Paré
Nicolas Pelletier
Camille Thériault-Marois

Les concours du FRQSC s’adressent aux étudiant(e)s en troisième année du baccalauréat, au début ou à la fin de leur maîtrise, et au début ou à la fin du doctorat. Pour en savoir davantage et pour déposer votre candidature, vous pouvez suivre ce lien. Pour plus de détails et d’autres conseils, visitez également le site du Bureau des bourses et de l'aide financière de l'Université Laval (BBAF).

Bourses d'accueil à la maîtrise Jean-Charles-Falardeau

Félicitations à Étienne Beaudry-Soucy et à Magali De Laverny, récipiandaires des bourses d’accueil à la maîtrise du fonds Jean-Charles-Falardeau pour la rentrée de l’automne 2017.  

Décernées par le Département de sociologie, ces bourses d’une valeur de 2 000 $ chacune visent à reconnaître et encourager l’excellence d’étudiantes et d’étudiants dans la poursuite de leur formation en sociologie aux cycles supérieurs. 

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Nouvelle publication de Recherches sociographiques

Dans un contexte où se multiplient les nouvelles technologies de la communication et de l’information, la sociologie québécoise montre un intérêt renouvelé, multidisciplinaire et sociocritique, pour le champ d’études des médias et de la communication. Le nouveau numéro de Recherches sociographiques, intitulé La sociologie des médias au Québec (vol. LVIII, no 1, 2017), sous la direction de Jonathan Roberge et d’Anouk Bélanger, tend d’ailleurs à en rendre compte. Sylvie Lacombe, professeure titulaire au département, propose ici un compte-rendu de ce numéro. Bonne lecture !

Le champ d’étude de la communication et des médias s’est développé au Québec à partir de courants sociologiques,Recherches sociographiques mais dans un esprit multidisciplinaire. Un de ses traits essentiels réside dans les apports conceptuels puisés à diverses disciplines des sciences sociales : à ses débuts, la recherche en communication au Québec comme au Canada a été dispersée entre plusieurs disciplines, dont la sociologie, l’histoire, les sciences politiques, les études littéraires et la géographie

Aujourd’hui, les grands chantiers de recherche en communication portent sur les industries culturelles ainsi que les études des usages et la sémiologie. La recherche sur les médias de masse s’est concentrée sur des thèmes relativement précis, sinon exclusifs : la régulation et la production; les publics et les usages; le caractère québécois ou identitaire des médias; les analyses de contenu. Il s’agit d’un champ prolifique qui s’est développé assez rapidement, mais qui tarde à faire référence aux travaux effectués dans d’autres disciplines et notamment en sociologie de la culture.

La sociologie québécoise montre un intérêt renouvelé pour le champ médiatique et les diverses approches visant à en rendre compte. Ici comme ailleurs, l’avènement du numérique et des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) coïncide avec un certain engouement pour les médias en sociologie et plus largement en sciences sociales. Les médias se structurant en réseaux, la production multipoints, les données de plus en plus massives et la mobilité sans cesse accrue des médias leur confèrent une ubiquité de sorte qu’ils s’immiscent dans toutes les dimensions du social. Un tel repositionnement médiatique général permet à la fois l’émergence de nouveaux contenus, de nouvelles convergences industrielles et de nouveaux usages individuels et collectifs. Un tel bouleversement médiatique et culturel remet très certainement en question les regards sociocritiques et l’ensemble des perspectives sociologiques. En effet, le processus de numérisation généralisé s’impose dans la prise en compte que les sciences sociales peuvent faire des sociétés actuelles. Plus spécifiquement, le Web semble menacer le vieux système audiovisuel en bouleversant ses modes de production et de diffusion, alors même que de nouvelles formes d’appropriation se dessinent en mode multiplateforme, tels le visionnement connecté et mobile ou la programmation individualisée. Ainsi, l’incitation à penser les technologies numériques et les nouveaux médias comme une seule et même révolution planétaire est aujourd’hui remise en question, entre autres à la faveur d’approches prenant davantage en compte les aspects géographiques, historiques et linguistiques propres à chaque contexte. Ces quelques éléments, sans épuiser l’ensemble des problématiques médiatiques, nous permettent à tout le moins de mettre en lumière de nouvelles dynamiques culturelles liées aux transformations médiatiques et de repérer des articulations liant les médias à la culture québécoise contemporaine.

Ce questionnement « situé » sert d’assise à ce numéro thématique. L’objectif des articles rassemblés est de poser un regard sociologique sur une transition particulière et inachevée : celle des médias de masse québécois qui traversent à l’heure actuelle une crise, une phase liminaire marquée par leur articulation et leur repositionnement vis-à-vis des nouveaux médias ou médias 2.0. La télévision, la radio, les magazines, les journaux et l’ensemble des nouvelles technologies de l’information et de la communication se côtoient et reconfigurent leurs relations tout en délimitant un nouvel espace de tension et d’équilibre instable. C’est bien toute la culture qui en est affectée, d’où l’importance de dépasser la coupure entre sociologie des médias et sociologie de la culture, et de prendre également en compte la multi-, voire l’inter-disciplinarité dont participent les études sur les médias et la communication au Québec comme ailleurs.

Ce numéro thématique combine donc un intérêt croissant en sociologie et en sciences sociales pour les processus médiatiques, plus particulièrement ceux liés au numérique, avec un effort pour comprendre le Québec contemporain à travers ces transformations. Quelles sont les dynamiques de transformation du champ des médias à l’heure actuelle ? De quelle manière les intermédiaires au sein des industries créatives cherchent-ils à s’adapter à leur nouvel environnement et avec quel succès ? Est-ce que la télévision, mais aussi la radio, le Web 2.0, etc., vont sortir grandis et réinventés de leur enchevêtrement ou, au contraire, finir par se nuire et s’étouffer mutuellement ? Quels sont les axes réflexifs, les perspectives et les concepts les plus pertinents pour une compréhension de la relation entre médias et culture aujourd’hui au Québec ? Les articles ici rassemblés discutent tour à tour de ces questions en tentant surtout d’y apporter des réponses originales.

L’article de Roberge et Grenon [De l’Internet, du Québec, et de l’Internet québécois. Essai sur les nouveaux modes de régulation numérique de la culture] est une tentative de définition de ce qu’est le Web québécois d’un point de vue de sociologie politique de la communication; il fait le pari qu’une définition plus appropriée de l’Internet québécois s’attacherait à ses modes à la fois particuliers et multiples de régulation, c’est-à-dire aux manières dont sont structurés ses flux de communication et d’information. L’Internet québécois apparaît alors comme la cristallisation éphémère d’équilibres instables.

Dans leur article [Usages des médias sociaux et pratiques informationnelles des jeunes québécois : le cas de Facebook pendant la grève étudiante de 2012], Lazko-Toth, Pastinelli et Gallant font état d’une grande enquête menée sur les façons dont les jeunes s’informent d’enjeux politiques de l’heure. En prenant pour exemple l’effervescence communicationnelle autour du « Printemps érable », cette étude documente les types d’information qui circulent sur les médias sociaux ainsi que les modalités de cette circulation. La conclusion fine et nuancée est qu’il y a un usage fragmenté et hétérogène des nouvelles plateformes numériques, caractérisé moins par d’anciennes divisions, telle la célèbre fracture numérique entre jeunes et moins jeunes, que par des différences plus subtiles entre, par exemple, l’infoboulimie des plus instruits ou des mieux nantis et l’« audienciation » comme processus autoréférentiel de production de publics plus compacts et restreints.

Le texte de Christian Poirier [Cinéma, numérique et « multiécanicité » au Québec. Considérations empiriques et réflexives] vise à identifier et comprendre les principales dynamiques culturelles, techno-économiques et politiques qui ont structuré le cinéma durant les dernières années au Québec. Il permet de réfléchir aux processus d’intermédiation (entrée d’un nouvel acteur), de désintermédiation (disparition) et de réintermédiation (transformation d’un acteur traditionnel) dans le contexte de repositionnement que vit l’industrie du cinéma au Québec.

Le texte de Line Grenier et Kim Sawchuck [Regards croisés sur une mobilisation éclair : l’à-propos de la médiatisation et du vieillissement] nous propose une réflexion critique sur la notion de médiatisation à partir du cas d’une mobilisation éclair (flash mob) organisée au centre Alexis Nihon dans le cadre de la Journée internationale de sensibilisation aux abus envers les ainés. L’article décrit cet évènement à trois moments différents de son déploiement afin d’en comprendre la pertinence et l'opportunité et de saisir les mouvements historiques plus larges qui l'animent et dont il participe.

Deux articles hors thème complètent le numéro. Dans « Notre maître l’avenir ou le terreau des ancêtres ? L’ambivalence temporelle chez Fernand Dumont », Daniel Poitras propose d’insérer le récit émancipatoire du Québec dans son régime d’historicité pour mieux saisir la transformation du rapport à l’historiographie et à l’actualisation du passé chez Dumont. En commentant sévèrement les historiens canadiens-français et en puisant sans vergogne dans l’histoire française, Dumont cherche à retrouver tantôt un « cheminement de la liberté », tantôt une « tradition socialiste » propres au Canada français, mais il constate à tout moment la fragilité et l’évanescence de ces repères passés.

Enfin, dans leur article « Des Canadiens français aux Québécois : se nommer à l’épreuve du territoire? », Jean Quirion, Guy Chiasson et Marc Charron proposent une réflexion sur la territorialisation de l’identité au Québec. À partir d’un corpus de journaux parus au Québec de 1944 à 1970, l’étude montre que cette territorialisation s’est en fait amorcée avant la Révolution tranquille; et leur concept de déprovincialisation désigne le phénomène alors en cours.

Le numéro inclut aussi 3 notes critiques [Falardeau et l’émancipation du Québec ; Triste espérance ; Le moment républicain du Bas-Canada] ainsi qu’une vingtaine de comptes rendus.

Bonne lecture aux abonnés ! Et aux autres, n’attendez plus et profitez de nos tarifs étudiants !

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Publications récentes

Vous trouverez dans cette sélection les publications récentes des membres du Département.

Charles Fleury, professeur adjoint au département

Fleury, Charles et Pierre-Olivier Paré*, « Vieillissement de la génération X au Québec : vers un report de la retraite ? », Cahiers québécois de démographie, Vol. 45, n° 2, automne 2016, p. 167-191.

* Pierre-Olivier Paré est étudiant à la maitrise au département.

Daniel Mercure, professeur titulaire du département

Mercure, Daniel, « Itinéraire institutionnel et parcours individuel non standardisé. Synthèse et perspectives de recherche », dans M. E. Longo et N. Gallant (dir.), Les jeunes ni en emploi, ni aux études, ni en formation (NEEF). Questions sur une catégorie de politiques publiques, Bulletin de l’Observatoire Jeunes et Société, 2017 (2016), vol.13, no 2.

Richard Marcoux, professeur titulaire du département

Marcoux, Richard et Anne-Emmanuèle Calvès (2017). « Repenser l’Afrique. Croissance démographique : au-delà de la bombe P », France Forum, no 66, pages 11-13.

Alexis Martig, chargé de cours au département

Martig, Alexis et Francine Saillant, 2017, « Présentation. L’esclavage moderne : une question anthropologique ? », Anthropologie et Sociétés, 41-1, p. 9-27.

Martig, Alexis, 2017, « Domination et servitude dans le Brésil rural contemporain. Le “travail esclave” rural migrant », Anthropologie et Sociétés, 41-1, p. 69-90.

Martig, Alexis, 2017, « Recension de : Peters Alicia W., 2015, Responding to Human Trafficking. Sex, Gender, and Culture in the Law. Philadelphia, University of Pennsylvania Press, Pennsylvania Studies in Human Rights Series, 256 p., illustr., bibliogr., index », Anthropologie et Sociétés, 41-1, p. 341-343.

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Mémoires électroniques

Voici les mémoires électroniques qui se sont ajoutés à la collection depuis la dernière parution du Bulletin de sociologie (par ordre alphabétique).

Andrée-Anne Boucher
Devenir grand-parent au Québec - Solidarités familiales intergénérationnelles, expériences contingentes et idéaux situés
Direction de recherche : Dominique Morin

Résumé : Aujourd’hui, devenir grand-parent se vit d’une tout autre façon que pour les générations précédentes : la grand-parentalité est désormais reconnue contingente, généralement comme une chance, et on y évolue dans des situations de solidarité familiale intergénérationnelle diversifiées qui se transforment avec l’interprétation de nouveaux rôles de parents et de grands-parents. Ce mémoire vise à comprendre comment la solidarité familiale intergénérationnelle se transforme avec la naissance d’un premier enfant et petit-enfant et comment, dans ce nouveau contexte, les parents et grands-parents se trouvent engagés dans des pratiques de solidarité dans lesquelles – et par lesquelles – le rôle grand-parental prend forme. L’analyse d’entretiens croisés réalisés auprès de onze parents et de neuf grands-parents révèle que la naissance d’un enfant est perçue comme un moment charnière qui introduit de nouvelles attentes induisant pour la plupart un renforcement de la solidarité familiale intergénérationnelle, autant par une multiplication des pratiques concrètes de solidarité que par l’expérience de normes et de sentiments nouveaux. Le rôle grand-parental se profile dans la continuité du rôle parental exercé précédemment, en réponse aux nouveaux besoins des parents. Il s’articule également aux rôles tenus par les parents auprès des enfants, selon un principe de consolidation des fonctions parentales, ou de différentiation par rapport à celles-ci. Mais si le rôle grand-parental se définit en grande partie dans son articulation au rôle parental, il se compose également dans la filiation d’idéaux personnels qui renvoient à des souvenirs, s’appuient sur des modèles et se dessinent en opposition à des contre-exemples. C’est donc entre les attentes que posent ces conceptions idéalisées et les possibilités concrètes qu’offre la situation de solidarité familiale intergénérationnelle que le rôle grand-parental prend forme.

Pierre-Élie Hupé
Demain ne meurt jamais! Anticipation personnelle du futur individuel et de l'avenir collectif de jeunes québécois(es)
Direction de recherche : Madeleine Pastinelli

Résumé : La multiplication des crises rend imprévisible l'avenir du monde alors que la lourdeur du modèle productif entrave les possibilités d'imaginer un monde alternatif. Au plan individuel, le nombre de trajectoires de vie possible a explosé. À travers les concepts d'individualisation, de régime d'historicité et de temporalités sociales, ce mémoire étudie la projection individuelle des jeunes québécois(es) dans le futur individuel et l'avenir collectif. Pour la cerner, j'ai réalisé quinze entrevues qualitatives auprès de quinze jeunes de profils socio-économiques variés. À l'analyse apparaît une grande variation dans la longueur des projections des jeunes qui peuvent aller d'un an à une vie entière. De même, ce qui constitue le cœur de la projection varie considérablement : équilibre entre domaines de la vie ; expériences de vie ; famille ; engagement social ; travail. Les répondant(e)s partagent un optimisme généralisé quant à leur futur personnel et considèrent avoir toutes les cartes en main pour se forger un futur à leur convenance même si deux tiers n'ont pas de plan de vie arrêté. L'horizon de la projection dans l'avenir collectif ne dépasse pas la vie humaine. Certain(e)s jeunes identifient des dimensions clefs – environnement, économie, conflit armé – qui auront un impact sur les autres facettes de l'avenir tandis que d'autres les réfléchissent en silo et font abstraction de leur interdépendance : l'utilisation incivile du cellulaire étant aussi préoccupante que la corruption ou que les changements climatiques. Deux tiers des jeunes s'attendent à une détérioration du monde, mais considèrent les menaces collectives à venir comme trop distantes spatialement et temporellement pour s'en inquiéter outre mesure. Dans la société individualiste, la promotion à l'autoréalisation est source d'angoisse pour les jeunes qui doivent renoncer à une multitude de potentialités en choisissant un programme d'étude ou un emploi. L'optimisme devant le futur personnel et l'impression d'une identité fixe dans un monde en mouvement résultent d'un sentiment de séparation du monde qui se renforce dans la société individualiste. Cette permanence semble aussi appuyer la thèse du présentisme de François Hartog (2012) soit la propension de la société contemporaine à donner plus d'importance au présent qu'au passé ou au futur.

Michel Pigeon
Représentations et raisons d'action d'anciens responsables politiques concernant les changements climatiques
Direction de recherche : Louis Guay

Résumé : Les grands défis environnementaux, particulièrement celui des changements climatiques, sont beaucoup plus sociaux que techniques, car c’est principalement notre mode de vie qui est en cause. Pouvons-nous effectuer les changements qui s’imposent ? Quelles sont les principales difficultés à vaincre ? Comment les gouvernements doivent-ils agir ? Pour contribuer à répondre à ces questions, nous avons choisi d’interviewer douze anciens ministres responsables des questions environnementales afin de comprendre les raisons de leur action, ainsi que les représentations qui les sous-tendent. Tant en France qu’au Québec, un ministre doit prendre en compte autant les perceptions et les représentations des citoyens que celles des différents groupes avec lesquels il est en contact (groupes de pression, lobbies, médias, élus locaux, etc.), de même que les objectifs du gouvernement et de son parti politique. Sa marge de manœuvre est étroite, ce qui explique en bonne partie pourquoi les ministres que nous avons interrogés ont tous agi un peu de la même manière. Ils ont tous tenté de faire au mieux pour la protection de l’environnement et le bien-être de leurs concitoyens, mais sans trop bousculer leur mode de vie ni l’ordre établi, tout en étant généralement très conscients que les défis à relever vont demander très bientôt des décisions beaucoup plus difficiles. La sociologie politique explique que les décisions politiques dans nos sociétés démocratiques sont des constructions collectives d’acteurs en interaction, et confirme donc globalement les résultats de notre analyse. Les actions politiques des anciens ministres peuvent également être interprétés à la lumière des trois logiques de l’action décrites par François Dubet. Par ailleurs, dans une vision interactionniste, où la signification des objets est créée par l’interaction, l’action est difficile lorsque cette signification n’est pas la même pour les différents acteurs, et c’est ce que nos avons constaté pour les enjeux environnementaux à long terme qui sont perçus très différemment par les citoyens et les ministres.

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Le département dans les médias

Dans cette rubrique, vous trouvez une compilation des plus récentes apparitions médiatiques des membres du Département de sociologie.

Merci d’écrire à bulletin@soc.ulaval.ca pour nous faire part de votre passage dans les médias écrits ou électroniques.

Daniel Mercure à l’émission « C’est fou… »

Daniel Mercure, professeur titulaire au département, offre une entrevue à l’émission « C’est fou… » sur l’état actuel du travail et l’évolution des syndicats face à la fin des luttes collectives des travailleurs. Le professeur y soutient que même si le nombre de conflits collectifs du travail a fortement chuté, les tensions demeurent néanmoins présentes au sein des entreprises. Les syndicats doivent donc s’adapter afin de répondre à ces problèmes, qui sont davantage d’ordre individuel que collectif.

Richard Marcoux sur les ondes de « Midi info »

Richard Marcoux, professeur titulaire au Département de sociologie et directeur de L'Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone (ODSEF), a accordé une entrevue dans le cadre de l'émission radiophonique Midi info, en lien avec les plus récentes données diffusées par Statistique Canada portant sur les dynamiques linguistiques et sur les changements dans les structures familiales et matrimoniales. Écoutez l'entrevue ici (11h37 à 11h46).

Simon Langlois sur l’accès à l’école anglaise au Québec

Professeur émérite du département, Simon Langlois, discute de l’accès à l’école anglaise au Québec, dans un article du Devoir paru le 26 août dernier. Une majorité de québécois serait favorable à un assouplissement de la loi 101 pour faciliter l’accès aux écoles anglaises au primaire et au secondaire. Il interprète ce résultat comme « une réelle volonté des francophones de mieux apprendre l’anglais. (…) La scolarisation des francophones est un très grand succès depuis 50 ans. Il y a eu une montée vers le haut des francophones dans la hiérarchie des emplois. Ces postes de cadres ou de professionnels nécessitent une certaine maîtrise de l’anglais ».

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Conférences et événements

5@7 de la rentrée d’automne 2017

Le 5@7 de la rentrée aura lieu le jeudi 14 septembre, dès 17h30, dans le hall de la Faculté des sciences sociales, au 3e étage du pavillon De Koninck. Les étudiant(e)s de tous les cycles, les professeur(e)s ainsi que les membres du personnel du Département de sociologie sont cordialement invité(e)s à venir faire plus ample connaissance. Vin, bière, breuvages non alcoolisés et petites bouchées seront servis.

Midi du CIEQ. Une histoire des lois spéciales: les origines autoritaires du néolibéralisme au Québec

Conférencier: Martin Petitclerc, professeur au Département d’histoire, Université du Québec à Montréal 
Jeudi le 21 septembre 2017, 12h, Pavillon CharlesDe Koninck ‐ local 3244
Entrée libre 

Résumé de la conférence: Le 18 mai 2012, après une longue nuit de débats parlementaires, les députés réunis en séance extraordinaire ont adopté le projet de loi 78 – devenu la loi 12 – pour mettre fin à la plus importante grève étudiante de l’histoire québécoise. Critiquée par le Barreau du Québec, cette loi suspendait arbitrairement certaines règles de droit afin de «préserver la paix, l’ordre et la sécurité publique». Ce n’était pas la première loi spéciale de l’histoire québécoise. En fait, depuis 1964, soit l’année d’une réforme de la législation du travail qui devait renforcer le droit de grève, 39 projets de loi spéciale ont été adoptés au Québec pour suspendre les règles de droit et ordonner la fin d’une grève, généralement « légale », sous peine de sanctions très sévères. D’une initiative exceptionnelle, hautement contestée dans les années 1960, la loi spéciale est devenue un dispositif quasi permanent de gestion de la contestation sociale depuis les années 1980. Cette conférence analysera donc cette histoire de la législation d’exception qui est un élément essentiel pour comprendre l’histoire politique du Québec récent.    

Soirées relations. Soirée-lancement du numéro « Le corps obsolète? L'idéologie transhumaniste en question »

Conférenciers: Éric Gagnon, professeur associé au département de sociologie, Céline Lafontaine, professeure titulaire de sociologie de l'Université de Montréal et Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef de Relations.
Mardi 26 septembre 2017, de 19h à 21h30, Centre culture et environnement Frédéric Back, 870, avenue de Salaberry, salle 322-324. 
Contribution volontaire: 5$

Résumé de la conférence:  « Confiné, il y a peu, à des cercles d'initiés, le transhumanisme, qui prône notamment l'augmentation de nos capacités physiques et mentales et l'amélioration de l'espèce humaine par le biais des technosciences, voit son influence croitre dans la société. De grandes multinationales, mais aussi des fonds publics, subventionnent grassement de nombreuses recherches qui s'y apparentent. Il est urgent de réfléchir sur ce mouvement et sur cette idéologie ainsi que sur ses conséquences pour la vie et pour la société ».

Midi-conférence. Le rapport au travail des médecins de famille : portrait d’une profession en changement

Conférencière : Nancy Côté, professeure, Département de sociologie – Université Laval
Jeudi 26 octobre 2017, 11 h 30 à 12 h 30, Pavillon CharlesDe Koninck local 3470
Entrée libre

Résumé de la conférence : Les professions libérales ont connu des changements majeurs depuis deux décennies. La plupart des travaux dans le domaine soulignent qu’au sein de ces professions, le rapport au travail ne se caractérise plus par la prédominance d’un ethos du devoir, qui se traduisait par une identification forte à la profession, un investissement important dans le travail ainsi que des frontières poreuses entre le travail et la vie hors travail. Ces changements n’ont pas épargné les médecins de famille, qui constituent un excellent révélateur des transformations vécues dans les professions libérales. La littérature fait état de changements substantiels au cours des dernières années dans les conditions d’exercice de la profession, dans les valeurs à l’égard du travail et dans les situations de vie personnelle et familiale. La communication présentera ces différents changements et démontrera comment ils contribuent à redéfinir le rapport au travail et au hors travail des médecins de famille à partir de l’analyse comparative de trois cohortes d’insertion sur le marché du travail, lesquelles correspondent aux trois étapes de carrière (début, mi et fin de carrière).

Colloque (in)disciplines. Savoirs, récurrences, émergences.

Du 1er au 3 novembre prochains les départements de sociologie et d’anthropologie de l’Université Laval seront hôtes du Colloque (in)disciplines. Savoirs, récurrences, émergences, organisé par l’Association Canadienne des Sociologues et Anthropologues de Langue Française (ACSALF). L’ambition de ce colloque est de mener une réflexion générale sur le contexte actuel dans lequel baignent les (in)disciplines, tout en offrant une compréhension plus fine des phénomènes qui transforment et façonnent les mondes contemporains par l’exploration de nouvelles avenues conceptuelles et analytiques.

La participation des étudian(e)s du département à ce colloque est gratuite, celui-ci étant membre de l’ACSALF. Pour vous inscrire au colloque, suivez ce lien.

Les responsables de l’ACSALF sont toujours à la recherche de bénévoles afin de les aider dans l’organisation de cet événement. Si vous êtes intéressé(e) à collaborer, contactez Louis-Pierre Beaudry, membre du comité organisateur du colloque de l'ACSALF et responsable de la coordination des bénévoles. De plus, si vous disposez d’un lit ou d’un sofa à offrir à ceux et celles qui n'ont pas les moyens de payer pour un hôtel ou une auberge, Louis-Pierre Beaudry recueille aussi des offres d’hébergement solidaire.

Colloque Heidegger aujourd’hui. Actualité et postérité de la pensée de l’Ereignis

Du 20 au 23 septembre aura lieu à l’Université Laval le colloque Heidegger aujourd’hui, afin de demander « ce qui est vivant » et « ce qui est mort » dans la pensée de Heidegger, en soumettant à discussion, après les avoir identifiées, ses percées réelles comme ses impasses. Le colloque sera articulé selon trois axes principaux : Heidegger et la politique, les concepts centraux des années 1930 et 1940, et enfin la question du legs et de l’actualité de Heidegger. Pour tous les détails, consultez le lien suivant.

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Soutenance de thèse

Vous êtes invité(e)s à la soutenance de thèse de Geneviève Lapointe, le 8 septembre 2017 à 9 h 30, au pavillon Charles-De Koninck – local 2419.

« L’immigration péruvienne au Québec : insertion socioéconomique, réseaux sociaux et constructions identitaires. »

Résumé de la thèse : Depuis quelques années, les politiques québécoises d’immigration privilégient les immigrants instruits, jeunes et parlant le français, bref ayant un fort potentiel d’employabilité. Malgré cette immigration « choisie », plusieurs immigrants ont davantage de difficulté que par le passé à trouver des emplois correspondant à leurs qualifications. La présente thèse propose d’examiner plus en détail ce paradoxe.

Si plusieurs études ont abordé la question de l’intégration des immigrants à partir d’une perspective individualiste, mettant l’accent sur le capital humain des nouveaux arrivants, cette thèse propose plutôt de se pencher davantage sur le rôle de la société d’accueil pour mieux comprendre l’expérience migratoire. En s’inspirant de la théorie de l’intersectionnalité, l’analyse prend en compte les processus de racisation qui se manifestent à travers les discours et les pratiques de la société d’accueil. Pour ce faire, une étude qualitative a été réalisée, basée sur des entrevues auprès de 24 immigrants d'origine péruvienne habitant les villes de Québec et de Montréal. L’objectif est de mieux comprendre l’intégration des immigrants péruviens à la société québécoise en se penchant sur trois thèmes distincts, mais interreliés, soit l’insertion socioéconomique, la mobilisation de réseaux sociaux et les constructions identitaires des répondants.

L'analyse des entretiens révèle que les Péruviens déploient diverses stratégies pour s'insérer socioéconomiquement, dont l'acceptation d'une certaine déqualification, la réorientation professionnelle et le retour aux études. S'inspirant des travaux sur le transnationalisme – mettant en lumière les liens sociaux entretenus au-delà des frontières nationales via l'Internet notamment – cette étude montre également que le maintien de liens transnationaux influe sur l'insertion socioéconomique des Péruviens, alors que ces derniers ont accès à davantage d'informations durant la période prémigratoire et à un soutien familial et social dans la nouvelle société. L’importance des divers réseaux sociaux mobilisés une fois au Québec est aussi abordée. Au plan identitaire, les répondants évoquent une nouvelle identité hybride – remaniée et reconstruite dans la nouvelle société – et marquée par un sentiment d’appartenance envers le lieu d’origine et le lieu d’accueil. Cette construction identitaire est aussi marquée par une volonté résolue de s’« intégrer », malgré la discrimination et les obstacles rencontrés.

Membres du jury


Directeur de recherche : Simon Langlois, Département de sociologie, Université Laval
Examinatrice : Élisabeth Mercier, Département de sociologie, Université Laval
Examinatrice : Sylvie Lacombe, Département de sociologie, Université Laval
Examinateur externe : Sébastien Arcand, Département de management, HÉC Montréal

La soutenance sera présidée par Daniel Mercure, directeur des programmes de 2e et 3e cycles en sociologie, Université Laval.

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Dates importantes

Vous trouverez ici une compilation de quelques dates-clé pour planifier la gestion de votre horaire de cours, les paiements de votre session ainsi que vos dépôts de demande de bourse d’excellence au grands organismes subventionnaires, dans le cas où cela s’applique.

Septembre

Mardi 12 septembre
Fin de la période de modification du choix de cours

Mardi 19 septembre, 23h59
Date limite pour abandon total ou partiel des cours avec remboursement des droits de scolarité, des frais de gestion, afférents et technologiques pour les cours à horaire régulier

Samedi 30 septembre
Date limite de candidature à la bourse Chester-S.-Walters (1 x 1 000 $)

Octobre

Lundi 11 octobre, 16h
Date limite de candidature aux bourses de maîtrise du Fonds de recherche du Québec - Société et culture (FRQSC)

Vendredi 13 octobre
Date limite interne de candidature aux bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada et Bourses de doctorat du CRSH - Sciences humaines (la date limite externe est le 7 novembre 2017)

Dimanche 15 octobre
Date limite pour paiement de tout solde des droits de scolarité et autres frais de la session d’automne 2017

Mercredi 18 octobre, 16h
Date limite de candidature aux bourses de doctorat du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQ-SC)

Lundi 30 octobre
Semaine de lecture – du 30 octobre au 3 novembre inclusivement

Novembre

Mercredi 1er novembre au vendredi 3 novembre
Congrès de l’ACSALF

Décembre

Vendredi 1er décembre
Date limite de candidature au programme de bourses d’études supérieures du Canada Joseph-Armand-Bombardier – bourses de maitrise du CRSH sciences humaines et sciences sociales

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