Bulletin d'information

No 30 - Avril 2017

Mot du directeur

Par Dominique Morin

Dominique MorinCette édition du Bulletin arrive un peu plus tard que prévu, comme bien d’autres choses à l’Université Laval ces temps-ci, aux lendemains d’un hiver difficile. La vie universitaire s’est poursuivie, non sans rencontrer divers blocages, dont nous espérons bien finir de sortir comme du climat froid et humide, des abrasifs épandus qu’il faudra balayer et du manque de clarté. Après la mémorable tempête de mars, pour laquelle l’université m’a fourni une pelle destinée à ouvrir l’accès au savoir (désencombrer les portes d’entrée du pavillon avec le doyen et le directeur exécutif de la Faculté), puis un blizzard glacial du début d’avril, qui pouvait souffler sur nos restes d’hiver sans refroidir la joie de retrouver  les employés revenus souriants, ainsi que la bonne humeur qui agrémente nos collaborations quotidiennes, nous voilà au printemps de la prochaine année académique. Oui, nous ne sommes pas sortis des examens et des travaux à rendre pour ceux et celles qui étudient, des inondations administratives de fin d’année au secrétariat, et du torrent des corrections à faire, mais une poétique invitation du RESUL à son « vingt et fromages » nous aura au moins offert une soirée départementale ensoleillée pour y croire. Merci  à ceux et celles qui, par leur présence et leur généreux entrain, ont contribué à l’animation de cette rencontre.

N’empêche, il s’est passé bien des choses au département depuis le dernier Bulletin et d’aussi importantes s’annoncent dans les prochaines semaines. Nous avons  reçu la visite de plusieurs conférenciers,  dont le panel de « sociologues qui emploient des sociologues », organisé avec Charles Fleury. Un article rend compte de cet événement où des sociologues, qui font œuvre professionnelle entre d’autres murs que ceux de l’Université où ils intègrent d’autres sociologues, sont venus parler de leurs univers à des semblables en formation, qui peuvent se questionner sur ce qui les attend et sur ce que l’on attend d’eux dans un ailleurs qui pourrait leur convenir. Sans surprise, les témoignages ont convergé dans la reconnaissance de l’apport inestimable de la formation en sociologie pour l’étendue de la pensée, l’acuité du regard et l’organisation du travail intellectuel, mais aussi vers la recommandation de se préparer à faire valoir ses compétences et à communiquer clairement la pertinence de ses connaissances pour ceux qui y sont étrangers. Également sans surprise, les apprentis et des invités des cégeps ont été encouragés à ne pas attendre la fin de leur formation pour s’aventurer en sociologue dans des domaines d’activités qui les intéressent, parfois à l’écart des objets plus classiques de la sociologie et de la pratique de la recherche. Fortuitement, le portrait d’étudiant de Christophe Prévost inclus dans cette édition du Bulletin témoigne de cette possibilité et de l’enrichissement que peuvent apporter ces aventures à la formation en sociologie. Au moment de se trouver un emploi d’été, il peut valoir la peine de chercher ce que pourrait apporter de plus un ou une sociologue là où une opportunité de travail rémunéré en serait aussi une d’intégrer ce qu’on a appris à l’Université. Voir les textes en question pour plus de détails.

Dans les empêchements de cet hiver liés à la grève du SEUL, la soirée des prix d’excellence de la Faculté des sciences sociales de février a dû être reportée à une date indéterminée… qui sera finalement le 9 mai.  Des sociologues y seront honorés (il faut encore attendre avant de les féliciter nominalement), et je rappelle que la présidence d’honneur est confiée cette année à la sociologue Maria De Koninck. Nous demeurons aussi en attente des résultats des concours de bourses d’excellence et de subvention de recherche du FRQSC, et restons tenus au silence par le CRSH, qui a déjà communiqué ses propositions aux nouveaux  récipiendaires des cycles supérieurs et à des chercheurs qui obtiendront un financement. Je félicite ceux et celles pour qui les heureuses rumeurs qui circulent seraient fondées. Les formulaires pour le concours des bourses Jean-Charles-Falardeau seront aussi diffusés sous peu sur le site du département, avec notamment un courriel adressé à ceux et celles qui auront déjà reçu une offre d’admission à la maîtrise avec mémoire ou à la maîtrise avec stage en sociologie pour la prochaine année.

Je termine ce mot en portant à votre attention le rappel de l’offre de cours de l’été du département et la description de celle de l’automne réunis plus bas. L’Université féministe d’été compte déjà un nombre d’inscriptions jamais vu, ayant forcé un changement d’amphithéâtre quelques semaines avant la fin de la période d’inscription. Les organisatrices, qui s’en réjouissent, ont répondu aux questions du Bulletin qui voulait donner un aperçu des contenus de cette semaine intensive de conférences et d’échanges.

Bonne fin de session et un bel été à tous et à toutes !   

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Chronique du 1er cycle

Depuis le 10 avril, les étudiants du baccalauréat et du certificat en sociologie peuvent s’inscrire aux cours offerts à la session d’automne 2017 sur le portail de l’Université. Les dates de début des inscriptions varient selon le nombre de crédits complétés à ce jour ; vérifiez donc attentivement le courriel qui vous a été envoyé dernièrement afin de connaitre le moment à partir duquel vous pouvez procéder à votre choix de cours.

Vous trouverez, ci-dessous, la liste des cours obligatoires et optionnels qui seront offerts à la session d’automne 2017 en sociologie. Surveillez le site Internet du département, dans la section « Horaires et plans de cours », une liste des cours hors-département qui sont reconnus dans les concentrations y sera publiée prochainement.

COURS EN CLASSE

POL-2000 Méthodes quantitatives (obligatoire – 1re année bacc.)
(remplace le cours SOC‑1001 Analyse de données I)
Professeur : Louis Imbeau
Lundi 15h30 à 18h20

SOC-1000 Introduction à la sociologie (obligatoire – 1re année bacc. et certificat)
Professeur : Olivier Clain
Mardi, 8h30 à 11h20

SOC-1005 Méthodes du travail intellectuel en sciences sociales (obligatoire – 1re année bacc.)
Professeure : Élisabeth Mercier
Mardi, 12h30 à 15h20

SOC-2002 Laboratoire de recherche I (obligatoire pour le profil recherche)
Professeur : Charles Fleury
Lundi 12h30 à 15h20

SOC-2100 Théorie sociologique : de Marx à l’École de Francfort
Professeur : Gilles Gagné
Mercredi 15h30 à 18h20

SOC-2127 Psychosociologie
Chargé(e) de cours à confirmer
Jeudi 15h30 à 18h20

SOC-2145 Sujet et révolution
Professeur : André C. Drainville
Mardi 15h30 à 18h20

SOC-2157 Déviance, folie et normativité sociale
Professeur : Fabrice Fernandez
Jeudi 12h30-15h20

SOC-2700 Théorie sociologique : globalisation
Professeur : André C. Drainville
Jeudi 8h30 à 11h20

SOC-4153 Genre et société (cours multicycles)
Professeure : Élisabeth Mercier
Mardi 8h30 à 11h20

SOC-4154 Sociologie de la famille et du couple (cours multicycles)
Professeur : Dominique Morin
Mercredi 8h30 à 11h20

COURS À DISTANCE (pour plus d’information, consultez la page du cours  à www.distance.ulaval.ca)

SOC-2111-Z1 Science et société
Chargé(e) de cours à confirmer

SOC-2114-Z1 Environnement et société
Chargé(e) de cours à confirmer

SOC-2117-Z1 Consommation et modes de vie
Chargé(e) de cours à confirmer

SOC-2152-Z1 Afrique, sociétés et environnement
Professeur : Pascal Kapagama

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Chronique des 2e et 3e cycles

Le 10 avril dernier a débuté la période d’inscription aux cours offerts à la session d’automne 2017. L’inscription peut se faire en ligne dans le portail de l’Université, ou auprès de votre agente de gestion des études, Manon Deschênes, pour les situations particulières.

Il est encore temps de vous inscrire à un ou plusieurs cours pour la session d’été 2017. Pour les étudiants des cycles supérieurs, il est possible d’obtenir 3 crédits dans le cadre de l’Université féministe d’été (FEM-7003), de la nouvelle école d’été Analyse quantitative des données biographiques.

Notez également ces nouvelles dispositions adoptées à l’unanimité par le comité de programme lors de ses deux dernières réunions relativement à la maîtrise avec stage. 
Le cours de 3 crédits SOC-6502 Devis de stage et élaboration du cadre d’analyse et des outils de recherche a été créé. Ce nouveau cours obligatoire est réservé aux étudiant.e.s en maîtrise avec stage de recherche (il est l’équivalent des crédits de recherche pour le programme de maitrise avec mémoire). De concert avec l’étudiant, le directeur ou la directrice de stage détermine à quel moment ces crédits de stage ou de préparation de stage s’inscriront dans le cursus de l’étudiant.e. Et comme aupravant, sous la direction de la directrice ou du directeur de stage, l'étudiant.e en maitrise avec stage peut s'inscrire aux cours Stage (SOC-6500 de 9 crédits) et Rapport de stage (SOC-6501 de 6 crédits). Tel que demandé par les étudiant.e.s, les prérequis pour accéder au stage ont été diminués à 18 crédits. Cette modification permettra aux étudiant.e.s qui ont réalisé les cours de propédeutique et 18 crédits de débuter leur stage dès le premier été.
Note importante : les stages autorisés ne sont que des stages de recherche.

Voici maintenant les cours qui seront à l’horaire à la session d’automne 2017, par ordre de sigles.

SOC-7110 Sujet spécial : Claude Lévi-Strauss
Professeur : Oliver Clain
Jeudi, 12h30 à 15h20

SOC-7114 Sociologie du développement
Professeur : Pascal Kapagama
Jeudi, 15h30 à 18h20

SOC-7123 Théories sociologiques générales (propédeutique)
Professeur : Daniel Mercure
Lundi, 12h30 à 15h20

SOC-7127 Fondements du lien social
Professeur : Daniel Mercure
Mardi, 15h30 à 18h20

SOC-7146 Collecte d’information et traitement des statistiques sociales
(offert en classe et à distance)
Professeur : Richard Marcoux
Lundi, 12h30 à 15h20

SOC-7153 Genre et société (cours multicycle)
Professeure : Élisabeth Mercier
Mardi, 8h30 à 11h20

SOC-7154 Sociologie de la famille et du couple (cours multicycle)
Professeur : Dominique Morin
Mercredi, 8h30 à 11h20

SOC-7158 Principes et méthodes d’analyse démographique
(cours à distance donné par l’Université de Bordeaux)

SOC-7161 Sociologie des émotions
Professeur : Fabrice Fernandez
Mardi, 12h30 à 15h20

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UFÉ. Femmes, violences, politiques et résistances

Dans le cadre de sa quinzième édition, l’Université féministe d’été (UFÉ) réunira sous le thème de Femmes, violences, politiques et résistances chercheur(e)s, spécialistes, étudiant(e)s et professeur(e)s, militant(e)s de tous horizons. Il semblait nécessaire, notamment à la suite des agressions qui ont eu lieu dans les résidences universitaires l’automne dernier, de mettre à l’agenda un certain nombre de questions concernant les femmes, les violences, les politiques et les résistances.

UFELa programmation officielle de l’UFÉ étant annoncée, le Bulletin s’est entretenu avec trois membres de son comité organisateur : Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant, femmes et société, Dominique Tanguay, adjointe à la titulaire et professionnelle de recherche à la Chaire, et Élisabeth Mercier, professeure au Département de sociologie. Nous leur avons demandé de présenter le thème, la programmation, ainsi que les destinataires de l’UFÉ.

Le choix du thème s’est imposé comme une évidence

Les évènements de l’automne ont montré que « notre société a besoin, de tout évidence, de se faire rappeler ce qu’est la violence, les endroits où elle se manifeste et les manières d’y résister », mentionne Hélène Lee-Gosselin. Il était difficile d’éviter ce thème, « sachant que les évènements se sont passés à l’Université Laval et qu’on y est », poursuit Élisabeth Mercier. Tenant compte de l’importance de la situation, l’UFÉ souhaite réunir sous le thème Femmes, violences, politiques et résistances des questions concernant les violences, visibles ou insidieuses, les politiques soutenant les actions pour contrer la violence ou encore celles qui sont manquantes pour que les actions soient plus efficaces, ainsi que les résistances qui sont mises en place par les femmes pour résister à ces violences.

Il s’agissait de sortir d’une logique de victimisation, tout en montrant l’ambigüité de ce sujet, en ce sens qu’un lieu de résistance peut également être aussi un lieu de violence, selon les manières d’investir ce lieu : « l’art peut être un moyen d’exprimer des formes de violence. Il peut être utilisé par des individus victimes de violence afin de nommer l’innommable », soutient Hélène Lee-Gosselin. Dominique Tanguay mentionne à ce effet qu’« il y a également dans l’art, dans les blogues et dans le cyberespace des violences psychiques, physiques et symboliques, et on pense peu souvent associer ces milieux avec la violence ». L’UFÉ est cet effort de penser autrement, c’est un espace d’exploration des différents points de vue. Le programme témoigne de cet effort de favoriser des échanges interdisciplinaires entre citoyen(ne)s, militant(e)s, étudiant(e)s, professeur(e)s et chercheur(e)s.

Une programmation diversifiée qui promet des échanges formateurs

L’UFÉ, c’est une semaine intensive de discussions entre personnes issues de différents milieux disciplinaires « afin de tester, de discuter et de mettre à l’épreuve des connaissances à la fois pratiques et théoriques », souligne Hélène Lee-Gosselin. C’est également pourquoi la semaine propose une programmation diversifiée, avec des thèmes variés et complémentaires.

La semaine sera d’abord ouverte en faisant l’état de la situation universitaire. Le rapport de recherche de l’enquête ESSIMU, Violences sexuelles en milieu universitaire au Québec, sera présenté par une de ses auteures, Manon Bergeron. On pourra alors « prendre acte que dans un contexte universitaire, qui se veut un contexte d’apprentissage, un contexte ouvert, un contexte où l’on pense qu’il n’y a plus de problèmes, puisque les ‘femmes sont majoritaires à l’université’, les violences à caractère sexuel persistent, elles peuvent prendre différentes formes, et elles ont des conséquences sur les individus » affirme Madame Lee-Gosselin.

Il s’agira ensuite d’explorer les violences « invisibles » : les violences épistémiques, les violences en milieu de travail, les violences en éducation, les violences liées à l’ignorance de la réalité d’autres femmes, racisées et autochtones, dans les théories féministes elles-mêmes. Élisabeth Mercier présidera d’ailleurs une séance sur les violences épistémiques, et elle prononcera une conférence sur les cyber-violences. Il faudra alors s’intéresser « aux conditions de production du savoir et de la définition des enjeux majoritaires du point de vue du militantisme féministe, en tant que ces conditions peuvent invisibiliser, ou tarder à reconnaitre les femmes elles-mêmes, ou encore certaines « catégories » de femmes, par exemple en réduisant au silence les savoirs de femmes racisées, d’autres personnes qui ne sont pas « femmes » au sens normatif du terme », mentionne Élisabeth Mercier.

Il y aura des séances consacrées aux résistances, au militantisme et à leurs enjeux. Sous ce thème sera présentée une conférence grand public, le mercredi 24 mai 2017, intitulée Culture du viol, mobilisation féministe et retour de manivelle. La conférence sera offerte par Sandrine Ricci, de l’Université du Québec à Montréal. Cette conférence est gratuitement ouverte à toutes et à tous.

L’UFÉ, ce n’est pas une « ligne éditoriale », c’est un lieu d’échange et de discussion

L’UFÉ, c’est « une semaine de mise en commun de savoirs, de recherches féministes, et ça crée un espace de discussion », mentionne Élisabeth Mercier. Pour elle, l’UFÉ est cet espace délibératif qui laisse une grande place aux étudiant(e)s, aux débats et à la discussion, et la parole valorisée n’est pas que celle des conférenciers et conférencières, mais également celle des participant(e)s et des étudiant(e)s. L’UFÉ veut effectivement créer un espace sécuritaire où toutes et tous peuvent débattre d’enjeux selon la diversité de points de vue que peuvent avoir différents groupes féministes : « L’UFÉ crée un espace où on explore ces différents points de vue, où on en discute. À l’UFÉ, il n’y a pas de ligne éditoriale », rappelle Hélène Lee-Gosselin.

Cet espace de discussion, vous êtes toutes et tous invité(e)s à l’investir. En sociologie, le cours FEM-2000 est offert aux étudiants de premier cycle, et le cours FEM-7003 pour les étudiants de deuxième et de troisième cycle. Le microprogramme de deuxième cycle en études de genre propose également de suivre ce cours dans la structure de son programme. Hélène Lee-Gosselin rappelle que puisque la programmation varie à chaque année, les étudiant(e)s peuvent se faire reconnaitre les crédits pour plus d’une édition de l’UFÉ.

Pour plus d’informations sur les modalités d’inscription, consultez l’article sur l’UFÉ dans le Bulletin précédent en cliquant sur ce lien. Sachez qu’il n’y a pas de date limite à l’inscription.

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Des sociologues qui emploient des sociologues

Comment une formation en sociologie peut-elle être utile dans le monde du travail ? Quels sont les débouchés possibles aux diplômés au terme de leur parcours en sociologie ? Ce sont des questions auxquelles six sociologues ont tenté de répondre, lors de la rencontre Des sociologues qui emploient des sociologues du 13 mars dernier. Charles Fleury et Dominique Morin ont reçu ces six sociologues afin qu’ils discutent de leurs expériences d’employés et d’employeurs, des attentes en milieu de travail, des qualités recherchées, ainsi que des liens avec la formation en sociologie au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat. 

Pendant la formation en sociologie se pose souvent la question des débouchés et des emplois. Cette question préoccupe manifestement beaucoup d’étudiant(e)s de tous les cycles, qui se sont présenté(e)s en grand nombre lors de la conférence Des sociologues qui emploient des sociologues. Pour plusieurs, la question « que faire ? » à la suite de la formation trouvera sa réponse hors des murs de l’université. C’est pourquoi Charles Fleury et Dominique Morin ont réuni six sociologues ayant en commun le fait d’avoir une pratique professionnelle où la sociologie est déterminante, mais qui se réalise hors de l’université et hors du domaine de la recherche fondamentale. Les « sociologues qui emploient des sociologues » rencontrés ont accédé à des positions d’employeurs ou prennent part aux processus d’embauche et, dans tous les cas, s’identifient fortement à leur formation, dont ils reconnaissent l’importance en tant qu’elle change les manières de faire, de penser, de sentir et d’agir dans divers milieux professionnels.

Élisabeth Gauthier, directrice en biologie forestière au Centre de foresterie des Laurentides du ministère des Ressources naturelles, raconte comment sa rencontre avec la sociologie a chamboulé sa manière de concevoir la réalité. Détentrice d’un baccalauréat et d’une maitrise en nutrition, Élisabeth Gauthier a d’abord travaillé au Centre de recherche et de développement sur les aliments de Saint-Hyacinthe comme technicienne, puis dans le secteur des communications où elle faisait de la vulgarisation scientifique. Son premier contact avec la sociologie s’est fait à travers son mari, qui est sociologue de l’éducation, qui bousculait sa représentation des sciences de la nature. Elle rencontrait dans ses répliques un nouveau monde confrontant, auquel elle a résisté un certain temps : « on n’arrivait pas à s’entendre sur la nature des faits scientifiques. Il me disait qu’il s’agissait d’une construction sociale, et ça faisait souvent l’objet de disputes ! », raconte en riant madame Gauthier. C’est en faisant son doctorat sur les fondements des controverses scientifiques avec Yves Gingras qu’elle est devenue sociologue, et qu’elle a saisi plus amplement la portée des « constructions sociales » dont son mari lui parlait.

Catherine Martineau-Delisle, conseillère principale du président au Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), a mis l’accent sur l’importance de trouver une cause afin de donner sens à son travail, et surtout de ne pas se laisser berner par les apparences : un emploi peut permettre de mettre en pratique des acquis de la formation en sociologie, dans des domaines où parfois l’on ne s’y attendrait pas. Même si la pratique contraint parfois à se (re)plonger dans un monde du travail étranger aux manières de penser et à des considérations développées dans sa formation universitaire, madame Martineau-Delisle est convaincue de faire un travail de sociologue : « Il a d’abord été dur pour moi de trouver mon identité de sociologue dans le fédéral. Mais j’ai trouvé ma cause, celle des sciences humaines, et je trouve ça enrichissant. Je me bats pour cette cause, et je suis heureuse d’aller au travail », mentionne madame Martineau-Delisle. Afin de partager et de mettre en action cette cause, il faut parler le langage des autres en ayant cette ouverture d’esprit qui permet une certaine versatilité et de communiquer ce que notre formation peut apporter de pertinent.

Afin de savoir communiquer avec les autres et de garder sa place dans le débat, il faut aussi aller chercher des connaissances autres, même si leur intégration peut être difficile, et il faut oser aborder des terrains éloignés des spécialités classiques de la sociologie. Pour Martin Vachon, conseiller en développement régional durable à la Société du Plan Nord, « la sociologie nous donne les outils pour comprendre l’autre, pour voir ce qui nous rapproche de lui et, ce faisant, on peut prendre conscience qu’on construit la société, et qu’on a une influence réelle sur le devenir de la société ». Les sociologues sont selon lui d’importants agents de changement parce qu’ils pensent autrement, et qu’ils sont des passeurs de savoirs entre différents groupes.

Appréciation des sociologues sur le marché professionnel

Étudier en sociologie, ce n’est pas se faire prendre dans une « trappe à BS » des années 1980 dont parlait Bertrand Gignac, directeur de l’Arc-en-Ciel, organisme communautaire en santé mentale de Portneuf. Si l’insertion professionnelle des sociologues était plutôt inquiétante à la fin de ses études, elle est aujourd’hui plus aisée : selon l’analyse de marché du SPLA réalisée en 2015, le taux de placement en sociologie est supérieur à 90%. Les sociologues sont prisés des employeurs pour des qualités et des perspectives spécifiques et complémentaires à celles qui apportent d’autres formations.

Pour toutes et tous les intervenant(e)s, les candidat(e)s sociologues se distinguent de ceux et celles qui ont étudié en sciences économiques, politiques, et en anthropologie, en raison de leur rigueur méthodologique composant avec des données qualitatives et quantitatives qui fait une « différence au quotidien », de leur ouverture d’esprit, d’un sens de l’organisation, de leur capacité d’abstraction plus grande, de la capacité à distinguer les opinions des faits, etc. En revanche, tel que le mentionne madame Martineau Delisle, les sociologues sont moins bien exercés à se « vendre », à montrer leurs compétences et leur pertinence : « Il faut parfois aider les sociologues à les amener à dire ce qu’ils peuvent faire ! Les sociologues ont beaucoup à apporter à un niveau professionnel : ils savent faire des entrevues, des analyses critiques, élaborer une méthodologie. Et afin d’acquérir des compétences plus que des connaissances, il faut également penser à diversifier son parcours, en envisageant un parcours non linéaire », pouvant combiner des expériences de travail et des spécialisations variées à mettre en valeur.

Madame Gauthier a également parlé de l’importance d’« élargir ses horizons de compréhension », comme le disait Martin Vachon, en pensant à des combinaisons non traditionnelles d’expertise. Les stages peuvent être de belles portes d’entrée dans le monde professionnel. Guy Fréchet, sociologue au ministère de l’Emploi et de la Solidarité, soutient qu’il a eu au cours de sa carrière plus de 75 étudiant(e)s en stage, ce qui a permis à certain(e)s de prolonger leur expérience en un emploi permanent. Les stages permettent de créer des contacts, de se faire connaitre, et de gagner en expérience. Faisons un clin d’œil à l’un des stagiaires de Guy Fréchet, Charles Fleury, qui est passé par l’ISQ, et qui est maintenant professeur adjoint au département.

La méthode « cheval de Troie », ou les attitudes et stratégies favorables à l’employabilité

Les sociologues sont donc prisés des employeurs en tant qu’ils ont un regard attentif et structuré sur la réalité sociale, et qu’ils sont capables de rendre compte de ce qu’ils perçoivent. Au-delà de bien faire valoir cette base commune, d’autres conseils ont été donnés pour se trouver un emploi.

Martin Bussières, professeur et coordonnateur du Département des sciences humaines du Cégep de Lévis-Lauzon, rappelle l’importance de varier les cours complémentaires et les disciplines abordées dans sa formation, autant au premier qu’au deuxième cycle. Il suggère même de prendre un sujet de mémoire permettant de couvrir un sujet dans sa « généralité ». Il a mentionné à plusieurs reprises qu’il engage « des généralistes et des bons vulgarisateurs », à l’aise avec ce qui s’enseigne au cégep : sociologie générale, sociologie de la famille, des médias, méthodes de la recherche, méthodes quantitatives et intégration des acquis en sciences humaines. Martin Bussières insistait également sur l’importance de se préparer et de s’exercer à vulgariser. Lors du premier cours qu’il a donné au cégep, il a fait lire à ses étudiant(e)s un extrait de l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme de Max Weber : « J’ai pensé qu’ils allaient tout comprendre ! », mentionne monsieur Bussières, dont l’anecdote a bien fait rire la salle. Il a dû réajuster le tir…

Il faut aussi oser postuler à des postes où l’on ne cherche pas a priori un sociologue. Monsieur Gignac, travaillant dans le domaine de la santé mentale, reconnait que sa formation en sociologie lui a permis de penser autrement, et que trop peu de CV de sociologues lui sont envoyés. Selon lui, les sociologues ont leur place dans ce domaine, et même qu’ils seraient en demande : « On pense qu’en santé mentale, la sociologie n’a pas affaire là, mais ça manque ! On a besoin de sociologues en santé mentale, puisqu’on travaille avec des gens qui ont une culture, on veut vaincre les préjugés, affronter les tabous ».

Le meilleur moyen d’accéder à des domaines moins ouverts, c’est par la méthode du « cheval de Troie », nous dit Élisabeth Gauthier : « Il faut apprendre le langage des autres disciplines et de l’industrie, il faut connaitre leurs enjeux également. Apprenez à vous exprimer clairement et à soigner votre écriture, et les retombées pourraient être plus importantes que ce que vous vous imaginiez ». Une fois qu’on s’y retrouve, depuis l’intérieur, il s’agit de se présenter tranquillement, de montrer ce que l’on sait apporter et contribuer à changer les choses pour le mieux.

Une expérience riche et qui transforme

Tous les panélistes ont avoué leur « parti pris » pour les sociologues, pour ce qu’ils offrent et ce qu’ils sont. Ils sont également tous attachés à la formation qu’ils ont reçue en sociologie, puisqu’elle a chamboulé leurs manières d’être, de faire, de penser, de sentir et d’agir. La sociologie nous change, et elle permet de changer ce qui est autour de soi. Le marché du travail oppose certes des attentes et des contraintes aux aspirations particulières que peuvent avoir des finissants en sociologie, mais il faut retenir de cette rencontre que leurs connaissances, leurs compétences et leurs manières de penser particulières sont appelées à rendre des services très appréciés auxquels on ne s’attend pas toujours.

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Portrait d'étudiant. Christophe Prévost

Étudiant à la maitrise avec mémoire, Christophe Prévost s'intéresse à la culture professionnelle des travailleurs en tourisme de la ville de Québec. Au fil de son parcours, Christophe a eu la chance de multiplier les expériences académiques et professionnelles, dans et hors le milieu universitaire. Il a généreusement accepté de s'entretenir avec le Bulletin.

Bulletin de sociologie: Pourriez-vous présenter votre parcours académique et professionnel, tout en mentionnant ce qui vous a menéChristophe Prévost vers la sociologie ? Quelles ont été vos motivations à venir étudier la sociologie ici au département ?

Christophe Prévost: J’ai débuté mon parcours il y a plus de dix ans en France, où j’ai commencé une maitrise que je n’ai malheureusement pas terminée. Après avoir travaillé plusieurs années puis pris la route avec mon sac à dos pendant deux ans et demi, je me suis finalement retrouvé au Québec en 2009, à travailler quatre ans dans un restaurant du Vieux-Québec. Fatigué du service, j’ai cherché à me réorienter et j’ai pris rendez-vous à la clinique de counseling et d’orientation de l’Université. Il en est ressorti que la sociologie me manquait terriblement et que le plus pertinent pour moi était de terminer ma maitrise. Je me suis donc inscrit à la maitrise avec stage, qui venait d’être mise en place, à l’automne 2013. Au bout d’une session, je me suis finalement décidé à laisser l’idée du stage pour m’inscrire à la maitrise avec mémoire, que je suis en train de terminer. Après tant de temps loin des bancs d’école, je pensais que ce retour allait être vraiment difficile, mais je dois avouer que la facilité d’approche des professeurs du département, leur ouverture et leur disponibilité m’ont grandement aidé. D’autant qu’une des principales raisons qui m’a poussé à arrêter ma maitrise en France était justement ce manque de disponibilité et de soutien, et le sentiment d’être entièrement seul face à la tâche.

BdS: Pourriez-vous présenter votre sujet de mémoire et votre intérêt pour celui-ci ? Quels constats s’en dégagent jusqu’ici ?

CP: Je m’intéresse depuis longtemps au tourisme et surtout à ses travailleurs. J’avais d’ailleurs commencé mon premier mémoire sur ce sujet en étudiant les travailleurs saisonniers en stations touristiques. J’aurais aimé continuer ici, mais les stations québécoises sont loin d’être les villages quasi autarciques que l’on peut retrouver en France. J’ai donc décidé de me pencher sur le Vieux-Québec que je connais assez bien pour y avoir travaillé pendant plusieurs années. J’étudie donc la culture professionnelle des travailleurs en accueil touristique dans ce quartier, l’objectif étant de voir s’il existe une culture commune à l’ensemble des travailleurs en contact avec la clientèle touristique, indépendamment des types d’emplois occupés, que ce soit en restauration, en vente, en hôtellerie, etc. J’explore le rapport que ces travailleurs entretiennent avec les touristes et avec le lieu touristique, ainsi que l’ensemble des savoirs et savoir-faire mobilisés par les uns et les autres. Il y a une culture commune à tous les travailleurs, sans égard à leur emploi particulier, qu’ils soient serveurs, vendeurs, concierges ou guides, une culture façonnée par le tourisme, le contact avec une clientèle en vacances et avec un lieu particulier voué au plaisir et à la détente. Il est ressorti de mon étude qu’une telle culture est identifiable et objectivement partagée, mais qu’elle ne l’est pas subjectivement, du moins pas dans un lieu « ouvert » sur le reste de la ville comme le Vieux-Québec. Pour le dire simplement, on peut dire que les travailleurs en accueil touristique partagent une culture commune, mais ils n’en ont pas vraiment conscience, ce qui à mon avis pose divers problèmes, notamment en termes de représentation et de revendication des droits au travail, problèmes récurrents dans des emplois saisonniers, parcellisés et souvent précaires comme ceux que l’on retrouve en tourisme.

BdS: Vous avez la chance de varier les expériences professionnelles au sein du milieu universitaire et également hors de celui-ci. Pourriez-vous parler de ces expériences ?

CP: En effet, on peut dire que j’ai multiplié les expériences depuis que j’ai débuté mon mémoire! Je n’ai pas travaillé du tout la première session parce que je voulais me consacrer à temps plein aux études étant donné qu’il s’agissait d’un retour après une longue période de pause. Mais dès la session suivante, j’ai eu la chance de faire auxiliaire d’enseignement pour le cours Stratification et classes sociales, ce qui m’a pour ainsi dire mis le pied à l’étrier. Après cela et en vrac, j’ai été : auxiliaire d’enseignement pour les cours Analyse de données et celui de Stratification sociale (3 fois au total), assistant pour le Laboratoire de recherche, auxiliaire de recherche pour trois projets (un en travail social, un autre dans le cadre du mémoire d’une étudiante en aménagement et le dernier en collaboration avec la Faculté de pharmacie), consultant pour une firme en architecture et enseignant remplaçant au Cégep de Sainte-Foy. Bien qu’il s’agisse à chaque fois de petits contrats, ceux-ci ont été extrêmement formateurs, en particulier le labo que je n’avais pas eu la chance de faire en tant qu’étudiant. Et bien que combiné à la vie de famille, avec deux jeunes enfants, à mon mémoire assez long à terminer, quand je vois toute l’expérience accumulée ces dernières années, je suis vraiment content d’avoir fait le choix de revenir aux études à Laval. Je sens que je développe une certaine expertise sur différents sujets et diverses méthodes, que ce soit en recherche ou en enseignement.

BdS: Quels sont vos projets pour la suite ?

CP: Ma priorité est bien sûr de finir mon mémoire, ce qui ne devrait plus être très long vu que je suis bien avancé dans la rédaction. Après, ça va surtout dépendre des opportunités qui se présentent, mais j’aimerais vraiment enseigner au collégial. J’ai eu la piqûre de l’enseignement durant le labo et mon expérience au Cégep. J’ai envie de continuer sur cette voie. J’ai d’ailleurs réussi à avoir une charge de cours à la formation continue au Cégep de Victoriaville cet été, ce qui est assez encourageant! Sinon, la recherche me plait aussi beaucoup et je laisse la porte ouverte au doctorat, ayant quelques sujets en tête, principalement autour du tourisme qui reste un de mes intérêts les plus importants.

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Le Département dans les médias

Daniel Mercure offre une entrevue sur l'épuisement au travail

Professeur titulaire au Département, Daniel Mercure a offert une entrevue sur le stress, l'épuisement et la souffrance au travail. Vous pouvez trouver l'entrevue dans les Nouvelles de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), en cliquant sur le lien qui suit.

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Publications récentes

Olivier Clain, professeur titulaire au département

Clain, Olivier. « Libertés, Libéralisme et Néolibéralisme », dans La liberté à l’épreuve de l’histoire. La critique du libéralisme chez Michel Freitag, Daniel Dagenais (dir.), Montréal, Liber, 2017,  pp. 69-112

Daniel Mercure, professeur titulaire au département

Le roman sociologique américainAndré Turmel, professeur retraité du département, et Daniel Mercure ont entrepris l’édition posthume de l’ouvrage inachevé sur le roman sociologique de Pierre St-Arnaud. Monsieur St-Arnaud, décédé en 2013, était professeur au Département de sociologie de l’Université Laval.

Saint-Arnaud, Pierre (édité par André Turmel et Daniel Mercure). 2017. Le roman sociologique américain. Québec : Presses de l’Université Laval.

Simon Langlois, professeur retraité du département

Langlois, Simon. 2017. Le Québec change : Chroniques sociologiques. Montréal : Del Busso Éditeur.

Nicole Bousquet, professeure associée et retraitée du département

Bousquet, Nicole. "De l’Hémisphère Nord à l’Hémisphère Sud : une phénoménologie de la pauvreté dans deux univers de recherche parallèles »", dans Pauvreté quotidienne, Pauvreté Planétaire, sous la direction de Gérard Duhaime et Roberson Édouard, Les Séminaires Fernand Dumont, Éditions Nota Bene, 2017, p.111-156.

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Mémoires électroniques

Voici les mémoires électroniques qui se sont ajoutés à la collection depuis la dernière parution du Bulletin de sociologie.

Étude de la normativité sexuelle contemporaine - le cas d'une communauté de pratiques BDSM
Caroline Déry
Directrice de recherche : Madeleine Pastinelli

Résumé : Afin de cerner la teneur de la normativité sexuelle en contexte contemporain, cette étude prend pour objet les discours de praticien-ne-s de BDSM (bondage, discipline, domination, soumission, sadomasochisme) et la manière dont ces derniers font l’expérience du regard des autres sur leurs pratiques. L’étude montre que le type de rapport au jeu des praticien-ne-s influence leur rapport à la norme. Selon que les praticien-ne-s cherchent ou non à gommer la distance entre leur rôle dans le cadre du jeu et leur identité sociale, ils sont susceptibles de se positionner en rupture ou en continuité vis-à-vis de la normalité sexuelle. Tandis que ceux qui cherchent à quotidianiser leur pratique adoptent une attitude de distinction et conçoivent la sexualité normale comme étant ennuyeuse, les autres qui conçoivent le BDSM comme un jeu circonscrit dans des moments spécifiques sont portés à normaliser leurs pratiques et à les situer dans le prolongement de la normalité sexuelle. Les distinctions entre les deux types de rapport au BDSM (celui des tenant-e-s de la vieille école et des joueurs) portent essentiellement sur leur rapport aux coulisses du jeu et à la distance vis-à-vis des rôles. Les praticien-ne-s ne ressentent que très peu de stigmatisation auprès d’autrui. Les traces de l’épreuve d’un stigmate n’apparaissent que via le prisme de complexes et questionnements personnels chez les répondant-e-s qui s’interrogent parfois à savoir si leur intérêt pour certaines pratiques est sain. Les pratiques BDSM sont de l’ordre de la sphère privée et constituent un stigmate invisible. Les praticien-ne-s choisissent à qui et de quelle manière révéler qu’ils s’adonnent au BDSM en se basant sur la compréhension qu’ils ont de la normativité. Le niveau d’intimité partagé ainsi que la séparation entre la sphère privée et publique font office de critères pour départager à qui révéler son intérêt pour le BDSM et comment.

Reconnaissance et management - Le cas du Harvard Business Review
Marc-André Bélanger
Directeur de recherche : Daniel Mercure

Résumé : L’objectif de ce mémoire de maîtrise est de présenter et de critiquer le discours néomanagérial portant sur le thème de la reconnaissance au travail en s’appuyant sur la théorie de la lutte pour la reconnaissance proposée par Axel Honneth. Nous avons analysé 126 articles sélectionnés dans le Harvard Business Review de 2009 à 2013 pour comprendre comment les auteurs abordent la reconnaissance au travail, mais aussi l’autonomie, la réalisation de soi et l’identité qui sont des thèmes intimement liés à celui de la reconnaissance. Cette analyse nous a permis de montrer que les chercheurs et les praticiens du management emploient divers éléments de ces quatre thèmes afin de mobiliser la main-d’œuvre au profit des entreprises. Le discours qui transparaît dans les textes des auteurs encourage les entreprises à utiliser des stratégies pour convaincre les individus que leurs objectifs professionnels et personnels coïncident avec les objectifs de performance et de rentabilité des entreprises. Ces quatre thèmes, lorsqu’appliqués au management, constituent de puissants outils pour organiser et gérer les qualités et les capacités des individus de manière à optimiser leur performance professionnelle. Cette approche s’oppose à la théorie d’Honneth qui place la reconnaissance au centre d’un projet éthique mobilisant l’autonomie, la réalisation de soi et l’identité pour assurer l’autoréalisation des individus et des collectivités.

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Dates importantes

Avril 2017

Vendredi 21 avril
Fin de la session d’hiver 2017  

Lundi 24 avril au dimanche 30 avril inclusivement
Période réservée aux examens qui ne peuvent avoir lieu aux heures et dans les locaux prévus à l'horaire  

Vendredi 28 avril
Date limite d'inscription à la session d'été 2017 – première période (mai-juin) pour les cours de l'enseignement régulier

Mai 2017

Lundi 1er mai
Début de la première période de la session d’été.

Lundi 8 mai au vendredi 12 mai
85e Congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), à McGill. Surveillez la programmation, plusieurs membres du département, professeur(e)s et étudiant(e)s, y participeront.

Mardi 9 mai, à 17h
Soirée des Prix d’excellence. Soirée visant à récompenser les étudiant(e)s et professeur(e)s s’étant illustrés dans différents domaines.

Lundi 21 au vendredi 26 mai
Université féministe d’été – Femmes, violences, politiques et résistances

Juin 2017

Jeudi 15 juin
Date limite pour paiement de tout solde des droits de scolarité et autres frais de la session d'été 2017.

Vendredi 16 juin
Fin de la première période de la session d'été 2017

Dimanche 18 juin
Cérémonies de collation des grades

Vendredi 30 juin
Date limite d'inscription à la session d'été (deuxième période : juillet-août) pour les cours de l'enseignement régulier

Juillet 2017

Lundi 3 juillet
Début de la deuxième période de la session d'été 2017

Août 2017

Vendredi 11 août
Fin de la deuxième période de la session d'été 2017 pour les cours de l'enseignement régulier.

Mardi 15 août
Date limite pour demandes d'admission à la session d'automne 2017 pour les candidats québécois et canadiens hors Québec à un programme non contingenté des 1er, 2e et 3e cycles.

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