Bulletin d'information

No 29 - Février 2017

Mot du directeur

Dominique MorinÀ la suite des événements dramatiques du 29 janvier dernier, nous souhaitons témoigner nos condoléances et notre solidarité aux lecteurs et lectrices qui seraient affecté(e)s de près ou de loin par ce qui s’est produit. Après la tristesse, la colère, la honte et l’incompréhension collectives, il est à souhaiter que la solidarité qui s’est exprimée abondamment motive des efforts de compréhension, de réflexion et d’éducation pour sortir des tensions et des hostilités envers l’étranger dont nous avons vécu une manifestation extrême. C’est une situation difficile et injuste pour des personnes qui en sont victimes à divers degrés. Les sciences sociales et la sociologie en particulier doivent contribuer à ces efforts intellectuels, avec les connaissances, le recul et l’esprit critique qui les caractérisent. Vous lirez sous ma signature un message de sympathie envoyé au Centre culturel islamique de Québec par Richard Marcoux, coordonnateur du Groupe interuniversitaire d'études et de recherches sur les sociétés africaines - GIERSA, qui nous a demandé de le relayer dans le Bulletin.

Cette édition du Bulletin annonce une série d’activités ouvertes à tous prévues dans les prochaines semaines pour enrichir notre vie académique, ainsi que quatre écoles d’été offertes par le département ou auxquelles participent certains de nos professeurs. La programmation des cours et des séminaires de l’été et de l’automne 2017 sera établie et annoncée par courriel sous peu, avant de paraître dans la prochaine édition du Bulletin.

Professeur de l’Asian Institute of Technology (AIT) et invité au Département cet hiver, Philippe Doneys est présenté dans une entrevue de ce Bulletin, et vous pourrez l’entendre en conférence le mardi 14 mars discuter de l’empowerment des femmes à faible revenu dans des projets de développement au Cambodge, Laos, Myanmar et Vietnam. La section conférences et événements annonce aussi trois autres conférences sur invitation du Département en mars. Olivier Clain ouvre à tous la porte de son séminaire Symboles et Fonction symbolique lors du passage de Denys Delâge le 2 mars, qui viendra présenter une analyse du rituel de la grande paix de Montréal de 1701 inspirée de travaux de Claude Lévi-Strauss. Il fera de même pour la visite le 16 mars de Roger Ferreri, psychanalyste et psychiatre, qui parlera du singulier, du collectif et de la question de l’universel. Yves Dutercq, sociologue de l’éducation, est quant à lui reçu conjointement par le Département de sociologie et la Faculté des sciences de l’éducation à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Desjardins le 30 mars pour une conférence intitulée : Reconfiguration des politiques d’éducation et individualisation de l’action publique. Devant votre téléviseur ou votre ordinateur, vous pourrez aussi écouter au Canal Savoir cette semaine une conférence de Gérard Duhaime qui traite de la gloire et du péril de la sociologie dans les pratiques de l’interdisciplinarité.

Il y a quelques semaines, dans mon cours de théorie sur le fonctionnalisme en sociologie, j’ai discuté de la division du travail anomique selon Durkheim : celle où l’individu est dans une situation où il n’a pas de conscience claire de la manière dont son travail participe à une vaste coopération, et peut donc difficilement se sentir intégré dans une relation de reconnaissance et de dépendance mutuelle avec d’autres. Après quelques exemples, j’ai dit au groupe, avec un sourire, que l’expérience de cette pathologie sociale peut être proche du problème des étudiants universitaires qui s’engagent par intérêt intellectuel dans un programme et qui s’y consacrent avec ardeur, jusqu’à ce qu’ils soient troublés par des questions sur leurs projets professionnels faisant sentir un manque de représentation claire et définie de ce qu’ils pourront faire de pertinent, apporter à d’autres, et à la société. Parce que la question se pose pendant la formation et que les réponses se trouvent pour plusieurs hors de l’Université, nous organisons avec Charles Fleury une rencontre pour les étudiants des trois cycles d’étude intitulée Des sociologues qui emploient des sociologues. L’idée est de permettre à chacun d’entendre ce qu’en pensent et en savent des professionnels de divers milieux qui, avec une formation en sociologie, occupent des postes où ils engagent et emploient des sociologues. Nous avons déjà reçu les confirmations de la présence sur le panel de participants d’un cégep, d’un organisme communautaire, d’un ministère provincial et d’un ministère fédéral. L’activité se tiendra le 13 mars à 16h, dans un local à confirmer par courriel.

Je termine en vous disant que les données du registraire indiquent que les programmes du Département ont accueilli 34 nouveaux inscrits à la session d’hiver 2017. Dans ce compte, il y a de nouveaux visages, dont 21 au premier cycle, mais aussi régulièrement des finissants du baccalauréat en sociologie de l’Université Laval qui ont choisi de poursuivre leur formation aux cycles supérieurs en faisant une maîtrise avec mémoire ou une maîtrise avec stage de recherche en sociologie. J’invite les étudiants du premier cycle qui y réfléchissent à en discuter avec les professeurs qui pourraient devenir leur directeur ou directrice de recherche. Ils peuvent aussi contacter Daniel Mercure à la direction des programmes des deuxième et troisième cycles pour les questions administratives relatives à l’admission, à l’inscription, au cheminement, aux concours pour des bourses d’excellence, et au fonds de soutien offert à tous. Au microprogramme de deuxième cycle en étude du genre s’ajoutera aussi pour septembre l’offre d’un microprogramme de deuxième cycle, Population et statistiques sociales, entièrement à distance. Plus de détails dans la prochaine édition du Bulletin, et plusieurs autres choses à découvrir dans celui-ci.   

Bonne lecture!

Dominique Morin

Chères amies, chers amis,

C’est avec une immense tristesse, teintée de beaucoup d’incompréhension, que nous vivons les suites des événements horribles qui se sont déroulés hier au Centre culturel islamique de Québec. J’aimerais, au nom des membres, collaboratrices et collaborateurs, étu diantes et étudiants du Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines (GIERSA), transmettre mes condoléances aux familles des victimes.

A travers l’enseignement et la recherche universitaire, le  GIERSA travaille depuis plus de 10 ans à rapprocher le Québec et l’Afrique. Nous avons la conviction que le savoir et la solidarité peuvent nous permettre de construire ensemble un monde respectueux des différences, uni dans l’humanité qui nous rassemble.

En toute solidarité et compassion,

Richard MARCOUX, 30 janvier 2017

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Chronique des 1e, 2e et 3e cycles

L’été peut sembler encore loin, mais il émerge tranquillement au Département de sociologie, du moins en ce qui a trait à l’offre de cours estivale déjà établie.

Femmes, violences, politiques et résistances. Quinzième édition de l’Université féministe d’été (UFÉ).

Cours de 2e et 3e cycles (FEM-7003) et de 1e cycle (FEM-2000).

Cet été, l’UFÉ réunira du 21 au 26 mai 2017 étudiant(e)s, chercheur(e)s et spécialistes autour du thème « Femmes, violences, politiques et résistances ». À la suite des évènements des mois derniers, tant aux niveaux universitaire que provincial, on remarque que malgré les efforts effectués, les violences faites aux femmes doivent toujours se trouver au cœur des réflexions, des débats et des mobilisations féministes. « La violence a depuis longtemps attiré l'attention des mouvements féministes; on peut penser aux revendications associées à la violence conjugale ou familiale et à ses multiples formes, de même qu’au harcèlement sexuel et sexiste en milieu de travail. Malgré les efforts déployés au fil des décennies pour les enrayer, les violences faites aux femmes et genrées demeurent un enjeu prioritaire au cœur des réflexions, des débats et des mobilisations féministes, ici comme ailleurs. L'Université féministe d'été propose cette année de s'intéresser à diverses manifestations de la violence, dans divers contextes, allant des plus évidentes aux plus subtiles, qui peuvent être rattachées au continuum des violences. Les formes de résistance, individuelles ou collectives, pour contrer ces violences, ainsi que les stratégies qui les enrayer, seront aussi abordées, afin de soutenir les efforts de transformation sociale », explique Madame Dominique Tanguay, adjointe à la titulaire et professionnelle de recherche à la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés.

L’Université féministe d’été est un colloque interdisciplinaire ouvert à tous et à toutes, qui a lieu depuis 2003. Il réunit autour pendant une semaine plus d’une vingtaine de spécialistes œuvrant dans les milieux académique, syndical, gouvernemental, communautaire et artistique. Des personnes provenant de divers domaines, mais aussi de divers pays (Haïti, États-Unis, France, Belgique, Congo, Japon, Roumanie) y ont pris part au cours des éditions antérieures.

L’ensemble du colloque se déroule dans une salle où sont réunies les participants. Il n’y a pas de « séances concurrentes », ce qui permet de créer un esprit de groupe tout en favorisant le réseautage. Chacune des séances se divise en deux parties : la première moitié est accordée à la présentation des conférencières et conférenciers et la seconde est réservée aux questions de la salle. Deux réunions pédagogiques visant à discuter des travaux à remettre ont lieu en après-midi, le dimanche et le vendredi, uniquement pour les personnes inscrites à la formation créditée (FEM-2000 et FEM-7003).

L’Université féministe d’été a comme objectifs :
-d’explorer un thème précis dans une perspective féministe ;
-de vulgariser et de diffuser les savoirs générés par les recherches et les interventions adoptant une perspective          féministe ;
-de favoriser le réseautage entre les personnes participantes, et aussi entre les personnes participantes et les conférencières et conférenciers.

Il est possible de s'inscrire à la formation non créditée (dès maintenant, les liens sont sur le site web de l'UFE), ou à la formation créditée (FEM-2000 et FEM-7003, disponible au début mars).

- Pour vous inscrire au colloque, nous vous invitons à consulter l'onglet « Tarif et inscription au colloque ».  
- L’Université féministe d’été permet également d’obtenir 3 crédits universitaires dans le cadre de la formation en sociologie. Vous pouvez vous inscrire en cliquant sur l'onglet « Inscription 1er, 2e et 3e cycles ».
- Deux bourses d'excellence du RéQEF ainsi qu'un abonnement d'un an à la revue Recherches féministes seront offertes aux meilleur(e)s étudiant(e)s. Consultez les conditions. 

Analyse quantitative des données biographiques

L’école d’été Analyse quantitative des données biographiques sera offerte pour sa première édition cet été à l’Université Laval, du 1e au 10 août 2017. Ce cours intensif est une introduction aux méthodes d’analyse longitudinale de type biographique, et plus spécifiquement à l’analyse des transitions. Les participants se familiariseront avec les perspectives d’analyse longitudinale en sciences sociales et seront à même de pouvoir exploiter des fichiers de données de type longitudinal, de procéder à des analyses descriptives de ces données et s’initieront à l’utilisation du modèle semi-paramétrique de Cox. Ce cours s’adresse aux étudiant(e)s de 2e et de 3e cycles, ainsi qu’aux étudiant(e)s de 1e cycle qui sont familiers avec l’analyse de données quantitatives (notamment l’analyse de régression) et qui ont une connaissance pratique d’un logiciel d’analyse statistique tels SAS, STATA ou SPSS. Pour plus d’informations, consultez ce lien, ou encore communiquez avec Charles Fleury, responsable de l’école d’été et professeur adjoint du département.

Neuvième édition de l’école d’été du GIERSA

L’École d’été du GIERSA, « Dynamiques des sociétés africaines », a pour objectif d’explorer les grandes transformations économiques, politiques, juridiques, démographiques, sociales, culturelles et communicationnelles à l’œuvre en Afrique subsaharienne contemporaine. L’édition de 2017 aura lieu du 1e mai au 19 mai, à l’Université de Montréal. Des bourses dédommageant les frais de transport (en autobus) et d’hébergement (dans les résidences universitaires) seront offertes aux étudiants des universités québécoises afin de leur permettre d’y participer. En suivant l’École d’été du GIERSA, les étudiants de 2e et de 3e cycles peuvent se faire reconnaitre 3 crédits dans leur programme en s’inscrivant au cours intitulé Dynamiques des sociétés africaines SOC-7139. Consultez ce document pour plus de renseignements.

École d’été CÉLAT / Musée de la civilisation

L’école d’été présentée par le CÉLAT et le Musée de la civilisation de Québec en collaboration avec l’équipe du LabCMO aura pour thème « Numérique et mutations sociales : un patrimoine en devenir ». Cette école se tiendra à Québec, dans les murs du musée, du 11 au 20 mai 2017. L’équipe pédagogique est composée de chercheurs et chercheuses du Québec et de l’étranger, issus de traditions disciplinaires distinctes, et qui viendront réfléchir, entre autres, aux rapports entre culture et usages numériques, aux processus d’appropriation des technologies et sur les dimensions historiques des usages du numérique, ainsi que les enjeux liés à la conservation et à la valorisation des patrimoines numériques. Madeleine Pastinelli, professeure titulaire du département, sera la professeure responsable du cours.

Les personnes intéressées doivent faire parvenir leur candidature, incluant un curriculum vitae et une lettre de motivation, à alexis.martig@celat.ulaval.ca le plus tôt possible, les places étant limitées. L’information utile est disponible en ligne à l’adresse qui suit : http://www.celat.ulaval.ca/ecole-dete/ecole-dete-2017/. Vous pouvez également consulter ce document. Notez que l’école d’été est offerte pour les étudiant(e)s de tout cycle.

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Le département dans les médias

Dans cette rubrique, vous trouverez une compilation des plus récentes apparitions médiatiques des membres du Département de sociologie.

Merci d’écrire à bulletin@soc.ulaval.ca pour nous faire part de votre passage dans les médias écrits ou électroniques.

Interdisciplinarité : gloire et péril de la sociologie

 Gérard Duhaime, professeur titulaire au département
 Prochaines diffusions: m
ardi 21 février 2017 à 19:00 et à 22:00; mercredi 22 février 2017 à 10:00; vendredi 24 février 2017 à 16:00

« L’élucidation de questions complexes peut requérir la contribution de plusieurs disciplines. Quelles sont les conditions suivant lesquelles la pratique de l’interdisciplinarité peut conduire à des gains significatifs de compréhension, au-delà de la simple juxtaposition de regards différents posés sur un même objet? Quel rôle la sociologie peut-elle jouer dans cette pratique? Quelles sont les conditions principales de la fécondité interdisciplinaire, ainsi que les embûches qui en rendent la réalisation difficile? Sur ces bases, Gérard Duhaime dresse deux préalables à la contribution significative de la sociologie : la détermination collégiale des questions de recherche et le renforcement de la liberté académique, à l’encontre de la transformation de l’université et des organismes publics de financement de la recherche, inspirée par le modèle marchand ». Pour écouter l'épisode, cliquez ici.

Nouveau projet de documentaire pour Pierre Fraser

Pierre Fraser, docteur en sociologie de l’Université Laval, produira le documentaire moyen métrage Bassin Louise : un lieu de baignade pour tous !, actuellement en campagne de socio-financement. Ce documentaire plaidera pour l’accès de la population au fleuve et l’aménagement d’une plage publique au bassin Louise. Pour en savoir plus, consultez ses entrevues parues dans Le Soleil et le blogue Monsaintroc.

Iris Ntore participe à un colloque international à Dakar

Étudiante à la maitrise avec mémoire en sociologie, a participé à un colloque international organisé par le GIERSA de l’Université Laval en collaboration avec l'Institut fondamental d'Afrique noire de l'Université Cheikh Anta Diop (IFAN/UCAD) sur le thème Nouvelles dynamiques familiales en Afrique. Ce colloque avait lieu à Dakar, au Sénégal, du 17 au 20 décembre 2016. Cliquez ici pour en connaitre davantage.

Simon Langlois sur Québec et Montréal

Dans son blogue du magazine Contact, Simon Langlois, professeur retraité du Département de sociologie, s’intéresse aux distinctions entre Québec et Montréal. Dans son article Québec se rapproche de Montréal, Simon Langlois soutient que la capitale ressemble de plus en plus à la métropole, du moins sur le plan de la stratification sociale.

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Entrevue avec Philippe Doneys

Philippe Doneys

Le Département de sociologie a l’honneur de recevoir comme professeur invité Philippe Doneys, venu de Bangkok, en Thaïlande. Professeur associé à l’Asian Institute of Technology (AIT) en Gender & Development Studies, Philippe Doneys est des nôtres pour le semestre afin de créer d’éventuelles collaborations avec l’Université Laval. C’est avec grande générosité que Monsieur Doneys a accepté de s’entretenir avec le Bulletin.

Bulletin de Sociologie : Vous êtes professeur associé à l’AIT. Pouvez-vous présenter brièvement cette institution et ce que vous y faites ? L’enseignement supérieur en Thaïlande est-il bien différent de ce que l’on connait en Amérique du Nord et en Europe ?

Philippe Doneys : L’AIT est une université graduée d’environ 2000 étudiant(e)s qui est relativement récente, n’existant que depuis soixante ans. Cette université, malgré sa petite taille, est considérée comme l’une des plus diversifiée au monde : dans un séminaire de quinze à vingt personnes, il peut y avoir autant de pays représentés que d’étudiant(e)s ! Ces étudiant(e)s viennent de partout en Asie, de l’Europe, mais très peu de l’Amérique du Nord, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je voulais expérimenter certaines formes de partenariat et de collaboration avec des instituts d’Amérique du Nord.

L’AIT est un institut de technologie, de génie et d’ingénierie. Une plus petite partie d’ordre social et très axée sur le développement est notre programme qui s’appelle « genre et développement ». J’y suis professeur associé depuis 2007 et j’ai également été coordonnateur de ce programme pendant quelques années. Le but est d’y former des étudiant(e)s afin de répondre à la demande dans la région pour des experts capables d’apporter un angle du genre dans les recherches sur le développement.

L’enseignement supérieur en Thaïlande n’est pas particulièrement différent de ce qu’on peut rencontrer en Amérique du Nord et en Europe. L’AIT, comparativement aux autres universités de l’Asie du Sud-Est qui sont nationales et financées par le gouvernement, se veut régionale et à but non-lucratif. L’AIT est donc perçue comme une université régionale, ce qui attire une série de bailleurs de fonds intéressés à réaliser des projets dans la région du Mékong.

BdS : Vous êtes spécialisé dans les études sur le développement en Asie du Sud-Est et sur les enjeux relatifs au genre et à l’environnement. Pourquoi vous intéressez-vous à ces sujets en particulier et comment vous en êtes venu à l’étude du développement dans cette région du monde ?

P.D. : Je suis arrivé au genre par l’étude du développement. Après un baccalauréat en International Development Studiesà l’Université de Toronto et une maitrise en South East Asian studies, à l’Université de Londres,j’ai entamé un doctorat en sciences politiques à Sciences Po Paris sur les ONG en Thaïlande. Je faisais de la sociologie politique sur les problèmes liés au développement, et c’est alors que je me suis questionné plus sérieusement sur les questions liées au genre. Je me demandais pourquoi en Asie du Sud-Est les femmes sont très peu présentes en politique, et plus particulièrement en Thaïlande, là où les relations de genre sont assez égalitaires. Certains changements ont eu lieu depuis lors, mais ils se restreignent à une minorité.

J’enseigne le développement, également des cours sur les théories du développement et, selon moi, on ne peut traiter ces questions sans traiter également celles qui sont liées au genre. Par exemple, si on s’intéresse à l’accès aux ressources, on remarque immédiatement les écarts de genre. On ne peut donc pas traiter des questions du développement sans s’attarder aux inégalités sociales, et plus particulièrement en terme de genre. Ainsi, quand même bien que je n’étais pas formé a priori sur les questions de genre, travailler dans des ONG, me mêler à la recherche sur place m’a mené « naturellement » vers le genre. C’est donc par une sorte « d’évidence », que je suis arrivé à m’intéresser aux questions de genre.

Je me suis intéressé à l’Asie par un heureux hasard. La première fois que j’ai fait Jeunesse Canada Monde, j’ai été envoyé en Thaïlande, et je suis tombé amoureux du pays. J’étais le seul qui, après quelques mois seulement, pouvait discuter en thaï. À la suite de mon doctorat, comme j’étais spécialiste de l’Asie du Sud-Est, je désirais être en Asie pour y faire de la recherche. Être à Bangkok est un gros avantage, en termes d’accessibilité : il y a beaucoup de services et Bangkok est situé au centre de la région du Mékong, ce qui constitue un avantage pour ceux et celles qui désirent faire de la recherche en Asie du Sud-Est.

BdS : Quelle est votre vision de l’évolution des pratiques du développement et des études sur le développement depuis le moment où vous vous y êtes engagé comme étudiant au premier cycle ?

P.D. : Comme tout champ d’études, les études sur le développement changent en fonction de la pratique et des projets qui y sont liés. Il faut savoir que le champ du genre et du développement était à priori « women in development », les femmes dans le développement. Les pratiques étaient donc beaucoup orientées vers les pratiques de génération de revenu. Or, à la suite des années 1970-1980, on a remarqué que malgré le support qu’offrait ce type d’aide, il ne remettait pas en cause les inégalités entre hommes et femmes et leurs inégalités par rapport au pouvoir. Les spécialistes du domaine ont alors tenté de repenser le genre et le développement à partir de la pratique, et ainsi comprendre comment les discriminations se vivent dans les relations entre hommes et femmes et les représentations qu’ils et elles ont de celles-ci. Les outils conceptuels doivent donc être modifiés au fil de la pratique, et c’est ce que mon ouvrage, Gender Entanglements: Revisiting Gender in a Rapidly Changing Asia, proposait de faire à partir d’études empiriques et de ce qu’on rencontre dans la pratique.

Le fait d’être engagé dans des études sur le genre en tant qu’homme laisse penser, surtout pour ceux qui sont hors de ce champ d’études, que je n’étudie que les questions liées aux hommes. En revanche, mon point d’entrée dans le genre était la relation homme-femme dans un contexte où les femmes dans les pays en développement sont défavorisées. J’ai rapidement compris qu’on ne pouvait pas comprendre la vulnérabilité des femmes  sans s’intéresser à la participation des hommes à la violence, et considérer leur propre vulnérabilité dans certains cas. Dans un contexte de développement, on doit s’intéresser à toutes ces facettes de la vulnérabilité.

BdS : Pendant votre séjour au Département de sociologie de l’Université Laval, quelles sont vos principales occupations ?

P.D.: Au départ, je voulais prendre un semestre sabbatique afin d’analyser les données de mon projet en cours sur l’empowerment et publier à ce sujet. Il est difficile pour moi de me concentrer sur mes publications quand je suis à l’AIT parce que j’ai plusieurs étudiants qui requièrent beaucoup d’encadrement. De plus, ce qui m’a fait venir à l’Université Laval est que j’ai remarqué qu’un programme sur les études du genre s’entamait, et il y avait là pour moi un réel intérêt, entre autres afin de voir s’il était possible, tout en apprenant comment se font ici les études du genre, d’établir un partenariat ou des collaborations.

Au cours de ce semestre, j’interviendrai dans le séminaire d’Élisabeth Mercier sur le sujet de Gender Politics, Civil Society and Human Rights. J’y parlerai de la violence sexiste comme un résultat ou comme étant liée à la division entre la sphère publique et la sphère privée. Il y a une incursion du côté historique afin d’illustrer comment la sphère publique et la sphère privée sont devenues stéréotypées (l’homme incarne le public, la femme le privé), et comment cette « division » est liée à certaines violences, ou comment elle génère des violences.

BdS : Pouvez-vous présenter brièvement la conférence publique que vous offrirez le mois prochain ?

P.D. : La conférence que offrirai aura lieu le 2 mars prochain, et sera intitulée Autonomie et pouvoir : constats et réflexions sur l’empowerment des femmes à faible revenu dans des projets de développement au Cambodge, Laos, Myanmar et Vietnam. Elle portera sur le projet qui m’occupe en ce moment, soit sur le concept d’empowerment. Je dis le concept en anglais parce que je trouve qu’il est difficile de dire le mot juste en français, puisque le concept « d’autonomisation » me semble incomplet. Des processus d’autonomisation et des processus de pouvoirs collectifs se font simultanément dans l’empowerment, et il me semble que lorsqu’on parle d’autonomisation, on perd ce côté social et collectif du pouvoir.

Ce projet de grande envergure est financé par l’aide australienne, et il a eu lieu au Laos, au Cambodge, au Myanmar et au Vietnam pendant trois ans et demi. Le projet avait une phase qualitative qui regroupe plus de 400 entretiens, et une phase quantitative qui vient de se terminer en décembre qui se compose de plus de 2000 questionnaires. Au départ, le projet était une occasion de penser le genre, et en partie l’empowerment malgré mon scepticisme par rapport à l’usage de ce mot. Avec cette recherche, on a pu observer la distorsion de vision de ce concept d’empowerment entre ceux et celles qui offrent l’aide et ceux et celles qui la reçoivent.

Le projet de recherche étudie des projets de développement et les participants à ces projets, ou encore les conjoints des participantes. On s’intéressait aux effets réels des projets d’empowerment des femmes via l’accès au travail rémunéré. En d’autres termes, le projet voulait comprendre les liens entre la génération de revenus et le niveau d’empowerment : qu’est-ce que le revenu change au niveau de « l’autonomisation » des femmes ? Très vite, nous avons compris qu’il fallait également prendre en compte les notions de sécurité et de vulnérabilité. Il est difficile de sentir l’empowerment lorsqu’on craint d’être blessée ou encore de tomber malade, et ainsi ne pas contribuer au revenu familial. En somme, ma conférence portera sur la notion d’empowerment ainsi que sur celle de pouvoir, et sera ancrée sur les résultats de ce projet.

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Portrait d'étudiante. Iris Ntore

 Iris Ntore est étudiante à la maitrise en sociologie. À la suite de son année d’échange qu’elle a passé ici au Iris Ntoredépartement de sociologie, il allait de soi qu’elle y poursuivrait ses études de deuxième cycle. Maintenant en phase d’écriture, Iris a eu la chance de se rendre en décembre dernier à Dakar, au Sénégal, dans le cadre du deuxième Atelier-colloque d’hiver du GIERSA, entre autres afin de présenter son projet de mémoire. Le Bulletin s’est entretenu avec elle

Bulletin de sociologie: Pouvez-vous décrire brièvement votre parcours académique, et ce qui vous a mené vers la sociologie ?

Iris Ntore: Certains vous diront que choisir la sociologie comme domaine d’études était une évidence pour eux, mais ça n’a pas été le cas pour moi. Je voulais faire des études en information communication en licence, mais l’université en France à laquelle j’avais appliqué n’offrait cette option qu’en troisième année de licence. Il fallait donc que je m’inscrive en sociologie pour les 2 premières années de ma licence. Je dois dire que je n’étais pas très enthousiaste à cette idée. En revanche, après mes premiers cours et la rencontre avec des professeurs travaillant sur des sujets tout aussi différents les uns et les autres, et tous très inspirants, je pense que la sociologie est entrée dans mes veines. Ceci s’est confirmé lorsque j’ai eu l’opportunité de faire ma dernière année de licence en échange au département de sociologie de l’Université Laval. Mon passage dans le « Laboratoire de recherche » a été l’une des expériences les plus enrichissantes et marquantes de mon parcours académique. La poursuite en maitrise est devenue une évidence après ça.

BdS: Quel est votre sujet de mémoire ? Quels constats s’en dégagent jusqu’ici ?

IN: Je travaille sur les pratiques linguistiques de familles immigrantes originaires de pays d’Afrique francophone (Burundi, Cameroun et Sénégal) qui vivent à Québec. Je m’intéresse donc à tout ce qui touche à l’usage et la place des langues dans ces familles et aussi au sens donné à ces pratiques. Ceci est d’autant plus pertinent que l’intégration linguistique est un sujet d’actualité au Québec et un enjeu important étant donné le contexte sociohistorique de la seule province francophone au Canada.

Pour l’instant ma recherche n’est pas encore achevée. Mais d’après les portraits statistiques des communautés d’immigrants tirés du recensement de 2006, nous pouvons dire que l’origine ethnique a un impact sur l’usage du français dans le cercle privé. Ceci serait lié au fait que les immigrants burundais, camerounais et sénégalais viennent de contextes sociolinguistiques très différents. Par exemple, le Burundi, où le kirundi y est parlé par une grande majorité de la population, est l’un des pays unilingues d’Afrique. En contraste, le Cameroun est qualifié de pays multilingue par excellence, n’ayant que le français comme langue commune. Quant au Sénégal, celui-ci est multilingue mais avec le wolof comme langue commune. Ces aspects pourraient donc expliquer les comportements linguistiques des immigrants qui proviennent de ces pays. Si on revient aux portraits statistiques ceux-ci montrent qu’une grande majorité (88,4%) de Camerounais parle français le plus souvent à la maison, et 70,8% de Sénégalais et 54,7% de Burundais.

BdS: Pouvez-vous parler de votre séjour à Dakar, de ce que vous y avez fait et de ce que vous avez appris ?

Le thème principal du 2e Atelier-Colloque d’hiver du GIERSA de 2016 était : « Nouvelles dynamiques familiales en Afrique ». Une vingtaine de professionnels de recherche et de professeurs travaillant sur les questions de la famille en Afrique nous ont présenté leurs travaux. Ces derniers se regroupaient sous plusieurs thématiques telles que : les nouvelles structures familiales, les politiques familiales, les rapports de genre, le cycle de vie, les rapports intergénérationnels, etc. Ces présentations se sont déroulées sur deux jours. La troisième journée du colloque était consacrée aux étudiants de deuxième et de troisième cycles. Certains présentaient leurs travaux et d’autres comme moi présentaient leur projet de recherche. On a reçu beaucoup de questions, critiques et recommandations pour nous aider à avancer dans l’élaboration de nos projets et dans l’analyse de nos travaux. Nous avons également pu échanger avec les différentes personnes qui étaient présentes.

Je peux dire que cette expérience a été très fructueuse. Elle m’a permis de voir mon projet sous un autre angle et de mettre de côté des questionnements moins pertinents tout en mettant en avant les apports social et scientifique que mon projet pourrait avoir.

J’ai beaucoup appris sur la société africaine dont je suis originaire et sur la famille qui reste une institution très importante. Comme toute société, elle est en constante évolution. Cerner ses particularités et ses transformations est une tâche ardue, surtout si on exerce le métier de chercheur dans un milieu qui n’est pas ouvert ou qui présente encore des problèmes dans la l’application de certaines méthodes de recherche. En revanche, les chercheurs qui ont participé à l’atelier ont montré qu’ils réussissaient à braver les obstacles auxquels ils font face. J’ai réalisé que la recherche est un tremplin pour toute société qui souhaite comprendre ses institutions, comme la famille, et mettre en place des politiques publiques. L’Afrique a besoin des chercheurs pour connaitre sa population et les transformations auxquelles elle fait face.

BdS: Quels sont vos projets pour la suite ?

Pour l’instant mon projet à court terme est de pouvoir finir ma maitrise. Ensuite, je souhaite réellement travailler dans le domaine de la recherche. Je rêve d’être professionnelle de recherche. Pourquoi ne pas pousser plus loin ma recherche et travailler dans une organisation qui s’intéresse aux questions de l’immigration ?

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Appels à communications

Appel à communications de l'Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS)

Le 85e Congrès de l’ACFAS, qui aura lieu le jeudi 11 mai 2017 à l’Université McGill, aura pour thème Commun(s) : quels espaces, quels horizons en dehors de l’État et du marché ?. Ce colloque veut explorer les nouveaux espaces et horizons du commun à partir d’approches autant théoriques qu’empiriques en mettant l’accent sur les dimensions et les enjeux démocratiques et/ou écologiques (décroissance, convivialisme, municipalisme, etc.) ainsi que sur les enjeux biopolitiques et/ou postcoloniaux (bio-citoyennetés, revendications politiques autour de la santé, rapports bio-sociaux émancipateurs, etc.).
Les contributions issues de la sociologie, l’anthropologie, l’histoire, la philosophie et les sciences politiques sont attendues. 
Les propositions (300 mots maximum) doivent être transmises avant le 20 février 2017 aux adresses courriel : nicolas.le-devedec@hec.ca ; piemdavid@gmail.com.
Consultez ce document pour les détails.

Colloque international et interdisciplinaire 2017 pour les étudiants et nouveaux chercheurs : Immigration, diversité ethnoculturelle et citoyenneté.

Le Centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC) invite les étudiant(e)s des cycles supérieurs, ainsi que les chercheuses et chercheurs en début de carrière à participer à son colloque international et interdisciplinaire, qui aura lieu le vendredi 28 avril à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Le colloque est une invitation à aborder les questions liées à l’immigration, à la gestion des mobilités, à l’intégration et aux exclusions, à la citoyenneté et aux processus de subjectivation et d’assujettissement.
Date limite de soumission des propositions : vendredi 3 mars 2017, 17 heures.
Pour plus d’information, consultez ce document.

Colloque (in)disciplines. Savoirs, récurrences, émergences. ACSALF

L’Association Canadienne des Sociologues et Anthropologues de Langue Française (ACSALF) organise un colloque général ayant pour thème les (in)disciplines, qui aura lieu du 1e au 3 novembre 2017 à l’Université Laval. L’invitation s’adresse aux sociologues et anthropologues, et également à ceux et celles partageant ces perspectives de recherche. L’ambition de ce colloque est de mener une réflexion générale sur le contexte actuel dans lequel baignent les (in)disciplines, tout en offrant une compréhension plus fine des phénomènes qui transforment et façonnent les mondes contemporains par l’exploration de nouvelles avenues conceptuelles et analytiques.

Date limite de soumission des propositions : mercredi 15 mars 2017
Pour plus d’information, consultez ce document

Appel à contribution pour la Revue Canadienne d’Études Africaines

Dans le cadre d’un numéro spécial portant sur Boko Haram, la Revue canadienne d’Études Africaines lance un appel à contribution. Veuillez fournir une proposition de 300 mots maximum de votre soumission avant le 20 mars 2017. Les soumissions peuvent être envoyées aux adresses suivantes: wassounifrançois@gmail.com; chetima.melchisedek@unibas.ch. Consultez le document ci-contre pour plus d’informations.

Appel de textes pour le Canadian Graduate Journal of Sociology and Criminology.

Le Canadian Graduate Journal of Sociology and Criminology (CGJSC) est un journal bilingue, libre d’accès dont les articles sont évalués par les pairs. Cette revue en ligne, hébergée par l’Université de Waterloo, est publiée deux fois par année. Le CGJSC sollicite des articles des étudiants des cycles supérieurs qui participent à des recherches dans diverses disciplines qui peuvent être reliées à la sociologie et à la criminologie.
Les participant(e)s sont invité(e)s à ouvrir une session sur le site Web de la revue pour examiner l’énoncé de mission et les lignes directrices pour la soumission d’articles.

Date limite de soumission des articles : samedi 15 avril 2017

La revue « Photo | Société » fait un appel à contribution 

Qui peut rédiger un article ?

Sociologue, anthropologue, spécialiste de la communication et/ou du marketing, géographe, architecte, spécialiste en aménagement du territoire, photographe, photojournaliste. En somme, toute personne en mesure de rendre compte de différentes réalités sociales à travers l’image.

Spécifications techniques pour la soumission d’un article

.        Article : entre 5 à 8 pages (format A4 ou Lettre)
.        Références en fin de texte (mode notes à la fin du document).
.        Police et fonte : Garamond 11.
.        Photos : résolution minimale à 300 dpi.

Soumettre un article

• Expédier le texte et les photos à l’adresse suivante : sociocamera@gmail.com.
• L’auteur accorde une licence non exclusive à la revue « Photo | Société » et conserve sa propriété intellectuelle.
• Chaque article est soumis à un comité de rédaction qui indiquera à l’auteur si son article est accepté dans les 30 jours suivant sa réception.

Mai 2017 : Saine alimentation et corps en santé
Date limite : 30 mars 2017

Septembre 2017 : La consommation et ses représentations
Date limite : 30 juillet 2017

Pour plus d’information, consultez le lien suivant : https://photo-societe.com/photo-societe/appel-a-contribution/.

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Conférences et événements

Travailler à partir de Lévi-Strauss aujourd’hui. L’analyse du rituel de la Grande paix de Montréal de 1701

Conférencier : Denys Delâge, professeur émérite et retraité du Département de sociologie
Jeudi 23 mars 2017, à 15h30
Local 3470, pavillon Charles-De KoninckDenys Delage

Dans le cadre du séminaire SOC- 7148, Symboles et Fonction symbolique, le Professeur Olivier Clain aura l’honneur de recevoir Denys Delâge, historien et sociologue, et professeur émérite à la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval. Spécialiste des Amérindiens, Denys Delâge donnera une conférence dans le cadre de notre séminaire sur son travail de recherche à partir de Lévi-Strauss, pour l’analyse du rituel de la Grande paix de Montréal de 1701. Tous et toutes les étudiant(e)s du département de sociologie, comme ceux d’histoire et d’anthropologie, sont invité(e)s à venir y assister.

Des sociologues emploient des sociologues

Lundi 13 mars, à 16h00
Local 1A, Pavillon Charles-De Koninck

Dominique Morin et Charles Fleury ont eu l'idée de réunir des personnes issues de milieux professionnels divers ( cégep, organisme communautaire, ministères fédéral et provincial) qui ont une formation en sociologie et qui occupent des postes où ils engagent et emploient des sociologues. Vous avez des questionnements par rapport à votre parcours professionnel ou vous êtes simplement curieux ou curieuse ? Venez écouter ces panélistes qui témoigneront de leur propre expérience académique et professionnelle, et qui sauront certainement répondre à ces questions.

Autonomie et pouvoir : constats et réflexions sur l’empowerment des femmes à faible revenu dans des projets de développement au Cambodge, Laos, Myanmar et Vietnam

Conférencier : Philippe Doneys, professeur associé à l’AIT et professeur invité au département.
Mardi 14 mars 2017, à 16h00

Local 3470, pavillon Charles-De Koninck

La conférence présentera les résultats d’un récent projet de recherche ayant eu lieu au Cambodge, au Laos, au Myanmar et au Vietnam et cherchant à identifier le lien entre la génération de revenu pour les femmes à faible revenu et l’empowerment de ces femmes dans un contexte de développement. Repensant les notions d’autonomie et de pouvoir à la base de ces initiatives, cette recherche vise à offrir une meilleure compréhension de l’impact des activités de développement économique sur l’empowerment des femmes, ainsi que des différentes acceptions possibles de la notion d’empowerment chez les intervenants et les participants ou bénéficiaires des projets.

Le singulier, le collectif et la question de l’universel

Conférencier, Roger Ferreri, psychiatre et psychanalyste
Jeudi 16 mars 2017, à 15h30
Local 3470, pavillon Charles-De Koninck

Également dans le cadre du séminaire SOC-7148, Symboles et Fonction symbolique, le Professeur Olivier Clain aura le plaisir de recevoir Roger Ferreri, psychiatre et psychanalyste, co-animateur pendant plus de vingt ans de l’association scientifique du syndicat de la psychiatrie française Pratiques de la Folie. Il prononcera une conférence intitulée « Le singulier, le collectif et la question de l’universel ». Les étudiant(e)s du département de sociologie sont invité(e)s à venir assister à cette communication qui durera environ une heure, et qui sera suivie d’une courte pause et d’une discussion avec la salle d’une heure et à une heure trente.

Reconfiguration des politiques d’éducation et individualisation de l’action publique

Yves DutercqConférencier : Yves Dutercq, professeur de sociologie de l’éducation et codirecteur du Centre de recherche en éducation de Nantes.
Jeudi 30 mars 2017, à 16h00.
Amphithéâtre Hydro-Québec, pavillon Alfonse-Desjardins

Les transformations des systèmes éducatifs de ces quarante dernières années ne renvoient pas à un véritable effacement de l’Etat, mais procèdent d’une redistribution des rôles sous l’effet de l’extension de l’influence du libéralisme économique. L’accroissement des inégalités sociales qui en découle a conduit les pouvoirs centraux à changer leurs manières de faire : plutôt que de contribuer à assurer, dans une visée égalitariste, la protection globale des populations dont ils ont la charge comme ils ont pu le faire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec la propagation dans de nombreux pays du modèle du Welfare State, sous différentes versions, les États nationaux ont procédé par réajustement, en ciblant principalement les plus démunis, afin de garantir l’équité. L’individualisation est sans doute ce qui caractérise le mieux le nouveau paradigme libéral qui inspire des politiques éducatives qui s’intéressent aux individus dans leurs différences de besoins, d’attentes et de projets. L’individualisation est au fondement du nouveau paradigme libéral qui inspire des politiques éducatives s’intéressant, non sans ambiguïté, aux individus dans leurs différences de besoins, d’attentes et de projets.

Conférences midis du Centre de recherche sur les soins et les services de première ligne — Université Laval (CERSSPL-UL)

Les midis du CERSSPL-UL visent à favoriser des échanges entre les chercheurs et les acteurs des milieux de pratique. Vous pouvez également assister à ces conférences par visioconférence.

Les Rencontres patients Usagers, Cliniciens et CHercheurS pour améliorer la recherche en première ligne : « RUCCHES »

Conférencières : Isabelle Samson, chargée d'enseignement clinique et Joyce Dogba, professeure adjointe, toutes deux au Département de médecine familiale et de médecine d’urgence à la Faculté de médecine de l’Université Laval.

22 février 2017, de 12h à 13h.

Salle G-1121, Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ).

Le projet « RUCCHES » est un projet pilote qui visait à implanter et à évaluer l’implantation d’un espace formel de dialogue pour construire de manière conjointe des projets de recherche qui émanent des préoccupations communes des chercheurs et utilisateurs de connaissance. Les participants de chaque groupe devaient identifier de manière conjointe des préoccupations communes prioritaires pour l’amélioration de la santé dans leur milieu. Ces rencontres ont permis d’identifier les manières de rehausser l’efficacité et la pérennité des RUCCHES.

Enseignement interdisciplinaire en UMF : les points de vue des résidents en médecine familiale

Conférencier : Louis-François Dallaire, travailleur social, CIUSSS de la Capitale-Nationale; professeur agrégé de clinique au Département de médecine familiale, Faculté de médecine, Université Laval

22 mars 2017, de 12h à 13h.

Salle G-1121, Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ).

La recherche présentée dans le cadre de cette conférence vise à décrire les points de vue des résidents en médecine familiale sur leur expérience d’apprentissage dans un contexte d’enseignement interdisciplinaire ainsi qu’à émettre des recommandations quant à la manière la plus souhaitable d’utiliser les compétences des professionnels-enseignants dans les unités de médecine familiale.

Des vies offertes sur l’autel de la campagne: les femmes de l’élite esclavagiste et le Sud urbain américain

Conférencière : Marise Bachand, professeure en histoire à l’UQTR
Mardi 21 février 2017, 12h
Local 3244, pavillon Charles-De Koninck

« Selon Mary Chesnut, la plus célèbre diariste du Sud confédéré, les longues périodes passées à la plantation signifiaient le sacrifice de sa « vie sur l’autel de la campagne ». À l’instar d’un très grand nombre de femmes de l’élite esclavagiste, c’est en ville que Chesnut préférait vivre. Or, l’expérience urbaine de ces femmes blanches a été largement évacuée de la mémoire et des paradigmes historiographiques du Vieux Sud. Cette conférence examine les facteurs sous-jacents à cette amnésie collective et montre la centralité de villes comme Richmond, Charleston et La Nouvelle-Orléans dans la reproduction des rapports de genre au sein des familles de planteurs ». Pour plus d’informations, consultez ce lien.

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Publications récentes

Charles Fleury, professeur adjoint du département

Luc, Sylvain et Charles Fleury (2016), « Le phénomène ‘génération Y’ : symbole d’une plainte existentielle ? », Revue multidisciplinaire sur l’emploi, le syndicalisme et le travail (REMEST), vol. 10, no 2, pp. 4-22. http://www.remest.ca

Haemmerli, Guillaume; Bélanger, Danièle; Fleury, Charles et Bich Ngoc, Luu (2016), « Perturbations environnementales et migrations au Vietnam. », The Canadian Geographer / Le Géographe canadien. doi:10.1111/cag.12330

Simon Langlois, professeur retraité du département

Simon Langlois, Michel Forsé et Maxime Parodi, "Contrasting sentiment of social justice in France and Québec", The Tocqueville Review/La revue Tocqueville, volume 37, numéro 2 : 13-34.

Pierre Fraser, docteur en sociologie de l’Université Laval

Le numéro de janvier 2017 de « Photo | Société » est maintenant disponible à l’adresse suivante : https://photo-societe.com/photo-societe/numeros/photo-societe-vol-2-n-1/.

Mircea Vultur, professeur associé au département

Verdier, Éric et Mircea VULTUR (2016), « L’insertion professionnelle des jeunes : un concept historique, ambigu et sociétal », Revue Jeunes et Société, Vol. 1, No. 2, p. 4-28 :http://rjs.inrs.ca/index.php/rjs/article/view/46

Germain, Annick, Mircea VULTUR (2016), Entre mobilité et ancrage. Les étudiants internationaux à l’INRS, Institut national de la recherche scientifique, Centre Urbanisation, Culture et Société et FODAR, Montréal. http://www.capres.ca/2016/12/recherche-entre-mobilite-ancrage-etudiants-internationaux-a-linrs/

 Vultur, Mircea (2016), « Rapport au diplôme et sentiment de surqualification des diplômés universitaires québécois », Recherches sociographiques Vol. LVII, no. 2-3, p. 553-574.

Alexis Martig, professeur associé au département

Martig, Alexis (2016). « Dignité, luttes sociales et religion au Brésil : réflexions sur l’actualité de la théologie de la libération », dans Silvia Mancini et Raphaël Rousseleau (dir.), Processus de légitimation entre politique et religion. Approches historico-culturelles et analyses de cas dans les mondes européen et extra-européen. Paris, Beauchesne, pp. 235-251.

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Les brèves

Prix d’excellence de l’ACSALF Georges-Henri-Lévesque

Le Prix de l’ACSALF Georges-Henri-Lévesque vise à honorer annuellement l’excellence de deux mémoires de maîtrise rédigés en français, l’un en sociologie et l’autre en anthropologie sociale. Le mémoire doit avoir été déposé entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016.

Vous pouvez vous inscrire en complétant le formulaire d’inscription et en demandant à votre directrice ou votre directeur de compléter un formulaire d’appréciation. Visitez le site suivant pour plus d'informations: http://www.acsalf.ca/espace-etudiant/prix-dexcellence-ghl/

La date limite d'inscription est le 17 mars 2017.

Soutenances de thèse

Deux soutenances de thèse ont eu lieu en janvier, soit celles de Marie-Ève Harton, intitulée Famille, communautés et industrialisation en Amérique du Nord. La reproduction familiale canadienne-française dans les villes de Québec et de Manchester (New Hampshire), 1880-1911, ainsi que celle de Jean-François Fortier, Émergence et évolution de la collaboration dans la planification forestière du Nitaskinan (Québec, Canada) 1990-2013.

Stages de premier cycle à l’INRS

Cet été, l’INRS offre des stages de recherche rémunérés en sociologie pour des étudiants du 1er cycle. Certains de ces stages sont offerts à Québec. Pour plus d’information, consultez cette page.

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Dates importantes

Février

Mardi 21 février
La soirée des Prix d’excellence. Soirée visant à récompenser les étudiant(e)s et professeur(e)s s’étant illustrés dans différents domaines.

Jeudi 23 février, 10h30 - 12h
EndNote : fonctionnalités de base
Bibliothèque, pavillon Jean-Charles-Bonenfant, local 1343

Lundi 27 février, 9h30 - 11h
EndNote : fonctionnalités de base
Bibliothèque, pavillon Jean-Charles-Bonenfant, local 1343

Mars

Mercredi 1e mars
Date limite. Demandes d’admission à la session d’automne 2017 pour tous les candidats à un programme contingenté de 1er cycle
Date cible. Demandes d’admission à la session d’automne 2017 pour les candidats québécois et canadiens hors Québec à un programme non contingenté de 1er cycle

Lundi 6 mars
Semaine de lecture – du 6 mars au 11 mars inclusivement

Colloque annuel EDS 2017
9 et 10 mars, à partir de 8h30, à la salle 2320-2330 du pavillon Gene-H. Kruger de l’Université Laval.
Comme chaque année, chercheur(e)s et étudiant(e)s sont invité(e)s à venir partager leurs approches, projets et résultats de recherches autour d’un ou plus de nos axes de travail : gouvernance, villes et territoires, eau, biodiversité et changements climatiques.

Vendredi 17 mars
22e Colloque étudiant du CRAD
Événement phare du CRAD, le colloque étudiant englobe tous les thèmes liés à l’aménagement du territoire et au développement régional et réunit annuellement un public composé de chercheurs, de professionnels et de citoyens intéressés.

Lundi 20 mars
Date limite. Abandon de cours sans mention d’échec et sans remboursement des droits de scolarité et autres frais pour la session d’hiver pour les cours à horaire régulier.

Mercredi 22 mars
Début de la période d’inscription à la session d’été 2017.

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