Bulletin d'information

No 24 - Avril 2016

Mot du directeur

Dominique Morin, directeur du Département de sociologieAvril est le mois où plusieurs chercheurs et étudiants attendent avec fébrilité les résultats des concours des grands organismes subventionnaires. Nous avons déjà reçu quelques heureuses nouvelles venant d’étudiants comblés, dont le site du CRSH n’affiche pas encore les noms, que le gouvernement du Canada nous interdit maintenant de dévoiler publiquement avant lui. Disons alors que j’incite les curieux à s’informer des rumeurs qui circulent dans les corridors et la fibre optique, et que je félicite chaleureusement ceux qui savent qu’ils ont remporté une marque de reconnaissance significative assortie d’un soutien financier considérable à leurs études graduées.

Je peux quand même vous annoncer publiquement que le Département de sociologie offre ce printemps, grâce à la générosité de ses donataires, deux bourses d’accueil Jean-Charles-Falardeau, d’une valeur de 2 000 $ chacune, aux étudiants présentant les meilleurs dossiers parmi les nouveaux admis à la maîtrise en septembre. J’invite les intéressés à prendre connaissance des indications pour le dépôt des candidatures qui seront reçues jusqu’au 1er mai.

Le département remettra aussi à la cérémonie de présentation des résultats des enquêtes du Laboratoire de recherche une bourse du Fonds d’aide à la réussite des étudiants (FARÉ) en sociologie d’une valeur de 1 500 $ pour honorer l’excellence du rapport d’une équipe. Professeurs, chargés de cours, étudiants, parents et amis, sans oublier les représentants des organismes qui proposent des mandats d’enquête, sont tous invités à cet événement qui se tiendra le 28 avril à 16 h, à la salle 2320 du pavillon G.-H.-Kruger. Les étudiants mettent beaucoup de soin à l’achèvement de leur rapport et à la préparation de la présentation orale de leurs découvertes. Cela contribue à faire de cet événement un rendez-vous attendu de la fin de l’année académique. Le département y offre un buffet et un vin d’honneur bien mérité pour les laborantins, les enseignants et les coordonnateurs qui les appuient intensivement.

Raphaël Létourneau est un autre étudiant de sociologie honoré dont il faut dire quelques mots. Celui-ci a été choisi, il y a quelques semaines, pour porter la masse de l’Université Laval lors de la prochaine cérémonie de la collation des grades de la Faculté des sciences sociales. Cette fonction s’accompagne de l’allocution réservée à un étudiant. C’est dire que dans un décorum en noir, rouge et or, sur l’estrade où se retrouveront le recteur, les vice-recteurs, le doyen, les vice-doyennes et les directeurs, les professeurs et les nouveaux docteurs présents, Raphaël aura à prendre la parole pour traiter des études universitaires en sciences sociales, devant le parterre des finissants en toge et les gradins remplies de parents et de proches présents pour souligner officiellement l’obtention de leur diplôme. Un honneur d’un certain poids associé au symbole d’une masse à porter ;-) Nous avons saisi cette occasion pour proposer dans ce Bulletin un portrait de Raphaël. J’en profite aussi pour inviter personnellement tous les finissants de sociologie des trois cycles à participer à cette cérémonie. J’y serai également, dans le défilé, sur l’estrade et en toge, pour féliciter les diplômés du département lors de leur passage sur l’estrade, et les retrouver avec leurs proches au cocktail qui clôt l’événement. N’oubliez pas de vous y inscrire si vous souhaitez en être.

Les chroniques des directeurs des programmes qui suivent ce mot du directeur rappellent l’offre de cours et de séminaires en sociologie pour l’été et dévoilent la programmation de l’automne. Un article à part présente plus en détail l'offre par André C. Drainville d’un programme double sur 30 semaines (3 crédits à l’automne et 3 crédits à l’hiver) consacré à l’étude des Résistances dans l’économie mondiale, ouvert aux étudiants de tous les cycles. Charles Fleury annonce aussi dans sa chronique du premier cycle la création d’un Profil recherche au baccalauréat, cheminement tout indiqué pour qui souhaite la meilleure préparation à la réalisation d’un mémoire ou d’un stage de recherche. Il est aussi probable que l’inscription de ce cheminement sur le diplôme favorise les candidats dans leur amorce de carrière en recherche, notamment pour l’obtention de bourses d’études supérieures.

Un dossier du Bulletin est consacré à l’Université féministe d’été, rattachée depuis l’an dernier à notre département. Il donne un aperçu de son évolution et du contenu de sa 14e édition sous le thème Femmes et santé. L’activité, qui prend la forme d’une semaine de colloque à temps plein, se déroulera à l’Université Laval du 22 au 27 mai 2016. À un mois de la fin de la période des inscriptions, le nombre de participants et de participantes a pratiquement atteint le compte de l’édition de l’an dernier. Cela annonce une belle ambiance pour une activité qui réunit des conférencières d’une variété de disciplines et qui prévoit du temps d’échange avec un auditoire généralement très diversifié.

J’invite enfin les lecteurs à s’attarder aux deux autres articles du Bulletin : un dossier sur l’enseignement pendant les études doctorales et un portrait de l’étudiante Catherine Dussault, qui discute notamment de ses deux sessions d’échange à l’étranger, l’une aux Pays-Bas et l’autre en France.

Bonne lecture et bonne fin de session!

Dominique Morin
Directeur du Département de sociologie

P.S. Le concours pour l’embauche d’un professeur en sociologie devant enseigner et faire de la recherche sur les enjeux actuels du développement est ouvert jusqu’au 10 juin. Merci de faire circuler l’appel de candidature dans vos réseaux.

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Chronique du 1er cycle

Charles Fleury, directeur des programme de 1er cycleÀ compter du 6 avril prochain, les étudiants du baccalauréat et du certificat en sociologie pourront s’inscrire aux cours offerts à la session d’automne 2016 dans le portail Capsule. Les dates de début des inscriptions varient selon le nombre de crédits complétés à ce jour, vérifiez-donc attentivement le courriel qui vous a été envoyé dernièrement afin de connaître le moment où vous pourrez procéder à votre choix de cours.

 

 

 

Tel qu’annoncé dans les derniers mois, notamment dans cette chronique du Bulletin de (date + lien), les étudiants peuvent choisir d’inscrire leur cheminement dans l’une des cinq concentrations du baccalauréat :
a)     cultures et modes de vie ;
b)     fondements théoriques ;
c)     espaces et sociétés ;
d)     populations et tendances sociales ;
e)     travail et organisations.

Les cours rattachés aux différentes concentrations seront désormais proposés aux étudiants qui auront choisi leur concentration au moment de l’inscription pour les nouveaux étudiants admis et, pour ceux ayant déjà débuté leur baccalauréat, sachez qu’il est possible de s’inscrire rétroactivement dans une concentration. Pour plus d’information sur les concentrations, voir : http://www.soc.ulaval.ca/?pid=1765

Nouveau profil recherche
Autre nouveauté, le baccalauréat offrira maintenant un profil recherche, qui consiste en un cheminement de 12 crédits intégrés au programme de baccalauréat en sociologie. Il vise l’acquisition d’habiletés en recherche et l’apprentissage de la communication scientifique propre au domaine d’études. Lorsque son cheminement au profil est complété, l’étudiant reçoit la mention «Profil recherche» sur son diplôme d’études.

Le profil recherche s’adresse aux étudiants du baccalauréat qui souhaitent s’initier à la recherche en sociologie. L’étudiant inscrit à ce profil sera initié à la recherche théorique et empirique, à la communication scientifique (orale et écrite) et à la réflexion épistémologique à travers trois cours obligatoires à faire, auxquels les autres étudiants peuvent aussi choisir de s’inscrire :
- SOC-2410 Laboratoire de recherche I (3 crédits)
- SOC-2003 Laboratoire de recherche II (6 crédits)
- SOC-3003 Introduction à l’épistémologie et à la sociologie des sciences (3 crédits), offert à l’automne 2016

Ce nouveau profil entrera en vigueur à la session d’hiver 2017.

Pour être admissible au Profil recherche, l’étudiant doit :
- être inscrit au baccalauréat en sociologie (avec ou sans concentration) ;
- avoir acquis au moins 24 crédits dans le programme ;
- avoir réussi les cours SOC-1004 Méthodes de la recherche empirique et SOC-1005 Méthodes du travail intellectuel en sciences sociales
- et avoir une moyenne de programme égale ou supérieure à 2,67 sur 4,33.

Les étudiants inscrits dans l’ancien programme du baccalauréat en sociologie où le laboratoire de recherche était obligatoire ne sont pas admissibles au profil recherche. Ces personnes ont été admises dans le programme à l’automne 2014 ou avant. Les personnes admises au baccalauréat en sociologie depuis l’hiver 2015 sont toutes inscrites dans le nouveau programme et sont admissibles au profil recherche, pour autant que les conditions énumérées plus haut soient remplies.

Rappelons que le Profil recherche et les concentrations sont deux options distinctes, mais qu’il est possible de les combiner. Toutefois, les concentrations ne sont pas mentionnées sur le diplôme. Le Profil recherche est fortement recommandé pour les étudiants qui envisagent effectuer une maîtrise avec mémoire ou avec stage de recherche. Une première expérience plus encadrée favorise le développement de ses compétences, la découverte de ses capacités et l’autonomie dans la définition et la conduite d’un projet de recherche aux cycles supérieurs. L’épistémologie et la sociologie des sciences aident à saisir l’esprit de la démarche scientifique et à prendre une distance critique par rapport à différentes réalités du monde des pratiques de la recherche.

Vous trouverez, ci-dessous, la liste des cours obligatoires et optionnels qui seront offerts à la session d’automne 2016 en sociologie. Surveillez le site Internet du département, dans la section «Horaires et plans de cours», une liste des cours hors-département qui sont reconnus dans les concentrations y sera publiée prochainement.

COURS EN CLASSE

SOC-1000 Introduction à la sociologie (obligatoire - 1re année bacc. et certificat)
Professeure : Sylvie Lacombe
Lundi, 15h30 à 18h20
On tentera de cerner le champ d'intérêt de la sociologie, de caractériser l'objet social, de réfléchir sur les questions soulevées sur le statut de la discipline, l'objectivité et la neutralité. Détermination et articulation des principaux éléments de structuration de la société industrielle contemporaine; exploration des mécanismes de dynamisation de la société.

SOC-1003 Formation et développement du Québec contemporain (obligatoire - 1re année bacc. et certificat)
Professeur : Dominique Morin
Jeudi 15h30 à 18h20
Ce cours présente les grandes lignes d'une interprétation historique de la société québécoise en faisant la jonction avec la nation canadienne-française (1820 et 1960). S'enchaînent ensuite une série de conférences sur certains thèmes : la nation, la question démographique, l'urbanisation, le pluralisme culturel, la condition féminine, le travail, etc.

SOC-1005 Méthodes du travail intellectuel en sciences sociales (obligatoire - 1re année bacc.)
Professeure : Pascale Bédard
Lundi, 8h30 à 11h20
Ce cours vise à outiller les étudiants pour le travail intellectuel. Les étudiants y apprennent notamment à faire de la recherche documentaire et à prendre des notes de lecture; à mettre en forme une bibliographie et à citer des documents; à distinguer différents types de travaux (le compte rendu, l’essai, la synthèse, le rapport de recherche, l’article scientifique), à construire une problématique de recherche, à utiliser de la théorie, à définir des concepts et à formuler une question et des objectifs de recherche.

POL-2000 Méthodes quantitatives (obligatoire - 1re année bacc.)
(remplace le cours SOC-1001 Analyse de données I)

Professeur : Louis Imbeault
Mardi 12h30 à 15h20

SOC-2105 Sociologie du travail
Professeur à confirmer
Vendredi 12h30 à 15h20
Évolution des secteurs d'emploi et des conditions des travailleurs salariés. Marché secondaire et son rapport aux femmes. Évolution des techniques d'organisation et de gestion de travail précaire. Division internationale du travail. Enjeux sociaux : politiques patronales/résistances syndicales. Impact sur la société.

SOC-2113 Sociologie de la culture
Professeure : Pascale Bédard
Mercredi 12h30 à 15h20
La culture est abordée dans sa trajectoire entre le moment traditionnel, moderne et postmoderne : nature et culture; tradition; autonomisation de la culture et de l'art; culture populaire; goûts, distinction et pratiques culturelles; industries culturelles; économie de la culture; langue et identité; diversité culturelle et politiques culturelles; multiculturalisme et diasporas; démocratie culturelle.

SOC-2140 Sociologie de l’éducation
Professeure : Mélanie Bédard
Mercredi 15h30 à 18h20
Société, socialisation et éducation dans le monde moderne et aujourd'hui. Auteurs et approches classiques de la socialisation de l'éducation : méritocratie, démocratisation, intégration, reproduction. Formation des classes moyennes et professionnalisation dans l'après-guerre. L'école comme enjeu : contrôle et orientation dans le passage du Canada français à la société québécoise.

SOC-2157 Déviance, folie et normativité sociale
Professeur : Fabrice Fernandez
Mardi 15h30-18h20
À l’heure où les questions d’ordre public, de contrôle social et de sécurité sont placées au cœur de l’actualité, il n’est pas inutile de revisiter les approches sociologiques qui ont tenté de nous doter d’outils de réflexion sur la nature sociale de la déviance et de la folie. C’est ce à quoi va s’attacher ce cours : interroger la construction et le traitement social, médical, scientifique mais aussi politique, pénal et moral des figures jugées problématiques (et souvent hybrides) de la déviance, de l’anormalité et de la maladie mentale. L’objectif de ce cours sera donc de dresser un état des lieux de la réflexion sociologique sur cette question sensible pour interroger la normativité sociale qui est à l'œuvre dans l’espace social contemporain.

SOC-2200 Théorie sociologique : sociologie compréhensive
Professeur : Olivier Clain
Mercredi 8h30 à 11h20
Le cours vise à initier l'étudiant à la démarche théorique propre à la sociologie compréhensive. On retracera d'abord les origines des sciences du sens dans le contexte de la société allemande du XIXe siècle pour examiner, par la suite, l'interprétation nouvelle de l'action sociale que cette sociologie propose.

SOC-2400 Théorie sociologique : structuralisme, structure et action
Professeur : Daniel Mercure
Lundi 12h30 à 15h20
Introduction aux principales théories et aux débats contemporains sur les rapports entre structures sociales et agents sociaux : structuralisme cognitif et poststructuralisme, théorie de de la structuration, théories de l'action (agency).

SOC-2700 Théorie sociologique : globalisation
Professeur : André C. Drainville
Vendredi 8h30 à 11h20
La sociologie s'est constituée dans l'acceptation de la concomitance entre les frontières sociales et nationales. Renonçant à sa part du global, elle reléguait à sa marge problématiques, idées et concepts qui referont surface plus d'un siècle plus tard et nous confronteront comme des choses nouvelles, produits de l'air d'un temps ou tout, soudainement, nous apparaît global. Ce qui s'appelle aujourd'hui sociologie « transnationale », « globale » ou « mondiale » a une histoire. L'intention de ce cours est de la situer dans ses contextes, de retracer ses lignes de force et de la reconnaître comme un tout relativement cohérent.

SOC-3003 Introduction à l’épistémologie et à la sociologie des sciences (obligatoire pour le profil recherche)
Professeur : Olivier Clain
Jeudi 8h30 à 11h20
Introduction aux grands courants de l’épistémologie et de la sociologie des sciences du dernier siècle et prolongement de l’aperçu critique qu’on en aura donné pour tenter de caractériser l’esprit des sciences contemporaines, tels sont les objectifs du cours. Il est à noter que la réflexion proposée empruntera également à la philosophie générale de la connaissance - qui dans la tradition française ne se confond pas avec l’épistémologie - à la philosophie des sciences et à l’histoire des sciences. En puisant ses exemples dans les discours scientifiques les plus divers, le cours s’adresse en fait aux étudiants de toutes les disciplines.

SOC-4153 Genre et société (cours multicycles)
Professeure : Élisabeth Mercier
Mardi 8h30 à 11h20
Comment devient-on une « femme » ou un « homme »? Comment rendre compte des différentes formes de représentation de la masculinité et de la féminité? Jusqu'à quel point les comportements sociaux sont-ils régis par le genre? De quelle façon interviennent la classe sociale ainsi que l'identité ethnique et nationale dans la structuration des rapports sociaux de sexe? Ce cours aborde les principales théories du genre et des rapports sociaux de sexe pour évaluer, d'une part, la valeur heuristique de cette approche pour l'analyse sociologique et, d'autre part, les perspectives diverses sur le genre qui relèvent de différentes orientations épistémologiques.

SOC-4157 Résistances dans l’économie mondiale I (1790-1975) (cours multicycles)
(auparavant : Praxis globale historique (1804-1975))
Professeur : André C. Drainville
Jeudi 12h30 à 15h20
Ce cours est une introduction générale aux résistances à la mise en ordre libérale/coloniale du monde. La période examinée s’ouvre avec la révolution haïtienne (1790-1804) et se termine par les mouvements anticoloniaux, en périphérie et au centre de l’économie mondiale. Le cours s’intéresse notamment aux rébellions d’esclaves, à l’Atlantique révolutionnaire, au Black Atlantic, aux résistances coolies, aux guerres anticoloniales, au nationalisme noir, aux émeutes urbaines, à l’internationalisme, etc. Examinant des épisodes concrets, il permet de voir comment les forces sociales dites « situées » s’installent sur les terrains de l’économie mondiale et ce qu’elles inventent comme manière d’être dans le monde.

Pour en savoir plus sur ce cours et sur celui qui sera offert en continuité avec ce dernier à la session d’hiver 2017, nous vous invitons à lire l’article «Entrer dans les résistances» dans le présent Bulletin.

COURS À DISTANCE (pour plus d’information, consultez la page du cours  à www.distance.ulaval.ca)

SOC-2114-Z1 Environnement et société
Professeur : Emiliano Scanu
S’intéresser à la relation entre environnement et société constitue une porte d’entrée privilégiée pour comprendre le monde contemporain. Quels sont les principaux problèmes écologiques d’aujourd’hui? Comment les sociétés y font-elles face? Qui sont les acteurs impliqués? Autour de quels discours et pratiques se structure l’action environnementale? Ce cours se concentre sur les multiples implications sociopolitiques et culturelles des enjeux écologiques, et vise à stimuler une réflexion constructive et critique à l’égard de la place que l’environnement occupe au sein de nos sociétés. Le cours aborde les thèmes suivants : sociologie et environnement; développement durable; changements climatiques; biodiversité; eau; forêts; milieux urbains; participation et gouvernance environnementale; mouvement écologique; science, technologie et environnement.

SOC-2117-Z1 Consommation et modes de vie
Professeur à confirmer
Analyse sociologique de la nouvelle culture matérielle, de la mode et des marques, des budgets familiaux. Publicité comme objet de consommation et comme langage de la société de consommation. Consommation et strates sociales et analyses d'effets de génération et d'âge. Examens de théories sociologiques d'ensemble.

SOC-2120-Z1 Sociologie de l’innovation technologique
Professeur : Emiliano Scanu
La technologie occupe indéniablement une place centrale dans la société contemporaine. Que serait le monde moderne sans technologie? Il devient aujourd’hui indispensable de comprendre la manière dont les technologies influent sur la société et, à l’inverse, comment les institutions sociales conditionnent le progrès technologique. Ce cours présente les enjeux actuels de l’innovation technologique et fournit les connaissances nécessaires pour en comprendre les multiples facettes, applications et impacts. Les thèmes suivants sont abordés : sociologie, science et technologie; histoire des techniques; modèles d’innovation; rôle des entreprises et de l’État dans l’innovation technologique; risques et impacts de nouvelles technologies; environnement et innovation technologique; éthique et évaluation des technologies.

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Chronique des 2e et 3e cycles

Richard Marcoux, directeur des programmes de 2e et 3e cyclesLe 6 avril prochain débutera la période d’inscription aux cours offerts à la session d’automne 2016. L’inscription pourra alors se faire en ligne dans le portail Capsule, ou auprès de votre agente de gestion des études, Manon Deschênes, pour les situations particulières.

Notez qu’il est encore temps de vous inscrire à un ou plusieurs cours pour la session d’été 2016. Pour les étudiants des cycles supérieurs, il est possible d’obtenir 3 crédits dans le cadre de l’Université féministe d’été (FEM-7003 Femmes et santé), du nouveau cours de Sociologie visuelle (SOC-7108 Sujet spécial) ou du séminaire Dynamiques des sociétés africaines (SOC‑7139).

Un article dans ce Bulletin vous propose un entretien avec les organisatrices de l’Université féministe d’été qui en présentent l’historique et le thème de cette année.

Voici les cours qui seront à l’horaire à la session d’automne 2016 et leurs descriptifs, par ordre de sigles.

SOC-7114 Sociologie du développement
Professeur : Alexis Jonathan Martig
Lundi, 15h30 à 18h20
Recension des principales théories du développement portant sur le Tiers-Monde. Évolution historique du Tiers-Monde dans l'économie mondiale et le système interétatique. Étude des différentes dimensions des sociétés du Tiers-Monde : régimes agraires et monde rural; stratégies d'industrialisation; marché du travail (secteur formel/informel); clivages sociaux horizontaux et verticaux (classes, castes, ethnies); conflits intercommunautaires; État (bureaucraties, régimes, politiques sociales). Approche comparative des régions ou pays suivants : Afrique subsaharienne, Amérique latine, Inde, Chine, Corée du Sud.

SOC-7146 Collecte d’information et traitement des statistiques sociales
Professeur : Richard Marcoux
Lundi, 12h30 à 15h20
Les développements fulgurants que connaissent les nouvelles technologies et leurs applications dans les domaines des statistiques ont grandement transformé l'usage que l'on fait de ce type d’information dans le monde de la recherche en sciences sociales. Des organismes nationaux et internationaux et de nombreuses infrastructures de recherche offrent de plus en plus d’information statistique. L’objectif de ce cours est de permettre à l'étudiant d’avoir une excellente maîtrise des outils qui facilitent la recherche de sources de données statistiques largement accessibles et des instruments disponibles pour leur traitement de base (identification des sources, traitement statistique de base et présentations cartographiques).

SOC-7147 Séminaire sur la vie urbaine
Professeur : Dominique Morin
Mercredi, 8h30 à 11h20
La ville occidentale fut le berceau de la philosophie et des sciences humaines, qui y ont associé leurs idées de la communauté, de la civilisation, de la politique, de l’économie, de la différenciation sociale et des problèmes sociaux. En ce lieu de discussion entre l’histoire, la géographie et les sciences sociales, l’objet spécifique de la sociologie est une vie urbaine qui structure la ville, induit ses mouvements, anime les esprits et s’épanche au-delà de ses frontières. Ce séminaire propose de se familiariser avec les idées sociologiques sur la vie urbaine avant de se consacrer à l’examen de questions contemporaines.

SOC-7153 Genre et société - Cours multicycle
Professeure : Élisabeth Mercier
Mardi, 8h30 à 11h20
Comment devient-on une « femme » ou un « homme »? Comment rendre compte des différentes formes de représentation de la masculinité et de la féminité? Jusqu'à quel point les comportements sociaux sont-ils régis par le genre? De quelle façon interviennent la classe sociale ainsi que l'identité ethnique et nationale dans la structuration des rapports sociaux de sexe? Ce cours aborde les principales théories du genre et des rapports sociaux de sexe pour évaluer, d'une part, la valeur heuristique de cette approche pour l'analyse sociologique et, d'autre part, les perspectives diverses sur le genre qui relèvent de différentes orientations épistémologiques. L’étudiant qui a déjà suivi le cours de premier cycle SOC-4153 ne peut s’inscrire à ce cours.

SOC-7155 Sociologie des problèmes sociaux
Professeur : Fabrice Fernandez
Mercredi, 12h30 à 15h20
Ce séminaire examine la dynamique des problèmes sociaux et la normativité sociale qui en constitue le cadre. Il invite à réfléchir sur les processus sociaux, politiques et moraux à l’œuvre dans la construction, la délimitation, la contenance, voire la résolution de ces problèmes (étiquetage, régulation morale, contrôle social, médicalisation, judiciarisation, criminalisation, etc.) et à comprendre les expériences de ceux qui, ainsi catégorisés, sont souvent pris en charge par des dispositifs sociaux, médicaux, judiciaires, voire sécuritaires. Ce faisant, il suscite la discussion sur les frontières entre normal et pathologique, légal et illégal, dangerosité et vulnérabilité, et sur leur variabilité dans la société contemporaine.

SOC-7157 Résistances dans l’économie mondiale I (1790-1975)
(autrefois intitulé : Praxis globale historique (1804-1975) - Cours multicycle
Professeur : André C. Drainville
Jeudi, 12h30 à 15h20
Ce cours est une introduction générale aux résistances à la mise en ordre libérale/coloniale du monde. La période examinée s’ouvre avec la révolution haïtienne (1790-1804) et se termine par les mouvements anticoloniaux, en périphérie et au centre de l’économie mondiale. Le cours s’intéresse notamment aux rébellions d’esclaves, à l’Atlantique révolutionnaire, au Black Atlantic, aux résistances coolies, aux guerres anticoloniales, au nationalisme noir, aux émeutes urbaines, à l’internationalisme, etc. Examinant des épisodes concrets, il permet de voir comment les forces sociales dites « situées » s’installent sur les terrains de l’économie mondiale et ce qu’elles inventent comme manière d’être dans le monde. L’étudiant qui a déjà suivi le cours de premier cycle SOC-4157 ne peut s’inscrire à ce cours.

Pour en savoir plus sur ce cours et sur celui qui sera offert en continuité avec ce dernier à la session d’hiver 2017, nous vous invitons à lire l’article «Entrer dans les résistances» dans le présent Bulletin.

SOC-8100 – Séminaire de doctorat I (obligatoire)
Professeur : Daniel Mercure
Mardi, 12h30 à 15h20
Ce séminaire, à la croisée des sociologies du travail, de la culture et de la vie quotidienne, porte sur les transformations contemporaines du rapport au travail, notion qui pourrait se définir sommairement comme « une manière de vivre le travail ». Le séminaire comporte trois parties. D’abord, nous examinerons, dans une perspective historique, la longue tradition de recherche en sociologie qui, depuis Weber et Sombart jusqu’aux nombreux travaux contemporains, a proposé différentes perspectives théoriques en vue de comprendre les liens entre changement social, rapport au travail et ethos du travail. Ensuite, nous nous attarderons aux débats en cours sur les transformations du rapport au travail. Enfin, c’est par l’examen concomitant des dynamiques novatrices du capitalisme contemporain, notamment de son esprit, de son idéologie et de ses pratiques managériales, ainsi que des nouvelles figures de l’individu contemporain, que nous proposerons une critique des nouvelles formes du vivre ensemble que nous révèlent notre connaissance du phénomène étudié.

POL-7033  Mouvements sociaux et idéologies politiques
Professeure : Diane Lamoureux
Mardi, 15h30 à 18h20
Le cours vise à familiariser les étudiants avec les questions théoriques et méthodologiques posées par l'étude des mouvements sociaux dans le capitalisme postindustriel et par l'analyse de leurs interventions dans le champ politico-institutionnel : écologisme, pacifisme, féminisme, mouvements contre-culturels, etc.

Voici également la liste provisoire des cours et séminaires de 2e et 3e cycles qui seront offerts en sociologie à l’hiver 2017 :

SOC-6101      Séminaire de maîtrise
SOC-7123      Théories sociologiques  générales
SOC-7100*    Méthodes qualitatives
SOC-7101*    Analyse quantitative de données         
SOC-7108      Sujet spécial: liberté, libéralisme et néolibéralisme
SOC-7143*    Résistances dans l'économie mondiale II (1975-aujourd'hui)
SOC-7150      Sociologie de la culture et des pratiques culturelles
SOC-7152      Sociologie et genre
SOC-7156      L’approche des parcours de vie en sociologie
* : cours multicycles

 

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Entrer dans les résistances

Les cours Praxis globale historique et Praxis globale contemporaine seront renommés dès l’automne, Résistances dans l’économie mondiale I (1790-1975) et Résistances dans l’économie mondiale II (1975-aujourd’hui). Pour une première fois, ils seront offerts de manière consécutive, sur deux trimestres de la même année universitaire. Le Bulletin a rencontré le professeur André C. Drainville, qui a bien voulu nous parler de l’objet de ces cours et de leur formule pédagogique qui en font la particularité.

D’abord, André C. Drainville fait le constat qu’il n’existe tout simplement pas de cours à l’Université Laval et qu’il se fait bien peu de travail sur les formes de résistances dans l’économie mondiale. Un détail loin d’être banal, explique le professeur. « Les manières que l’on a de se projeter dans l’histoire, de penser historiquement, ce sont des manières qui sont un peu inféodées au pouvoir, qui en sont dépendantes. L’action des gens, les formes de résistances, apparaissent comme des désordres à l’intérieur d’une histoire d’ordre. Ceux qui résistent sont vus comme des intrus dans une histoire déjà faite ».

Pour lui, cette manière de voir les résistances a plusieurs conséquences, dont celle de leur enlever toute intégrité historique. « Cela encourage une certaine condescendance, comme s’il s’agissait toujours de « petites gens qui s’agitent dans une manifestation », et lorsqu’ils ont fini, on revient aux choses « normales ». Cette normalité, c’est l’hégémonie, l’ordre, laissant croire que la résistance n’est fondatrice de rien. Il faut vraiment « entrer » dans ces épisodes, aller plus loin que la compréhension générale », poursuit-il.

C’est justement de là que vient l’idée de proposer les cours sur deux trimestres consécutifs, afin de permettre de faire ce travail de compréhension en profondeur avec les étudiants, d’entrer dans ces épisodes de résistances pour mieux en saisir toute l’importance historique et de voir la cohérence de leur relation à l’économie mondiale « en étant moins dépendant des constructions politiques, d’avoir un regard sociologique autonome critique sur la résistance dans l’économie mondiale », souligne M. Drainville.

Ainsi combinés, les deux cours couvrent une période de plus de 200 ans, débutant avec la révolution haïtienne jusqu’à aujourd’hui.

L’approche pédagogique du cours se démarque également. D’abord, c’est un séminaire multicycles, mais aussi interdisciplinaire, accueillant des étudiants de philosophie, éventuellement d’histoire ou de science politique. C’est aussi un cours où il y a du travail concret à faire, d’étudier des épisodes de manière descriptive, avec plusieurs exposés et discussions. « L’esprit du cours est vraiment un esprit d’atelier, de « shop », très communal », illustre le professeur, ajoutant que tous contribuent à enrichir le contenu étudié tout au long des trimestres.

Notez qu’il est est possible de ne prendre qu’un seul des deux cours et il n’est pas non plus nécessaire de s’y inscrire dans l’ordre chronologique proposé pour être en mesure d’en suivre le rythme.

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14e édition de l'Université féministe d'été : Femmes et santé

L’Université féministe d’été tiendra sa 14e édition, du 22 au 27 mai 2016, sous le thème «Femmes et santé». Cette semaine intensive de conférences et d’échanges interdisciplinaires réunira pour l’occasion plus d’une vingtaine de conférencières autour de nombreux enjeux liés à la santé des femmes. Y seront notamment abordés la violence, les migrations, la sexualité et la fécondité, la gestation pour autrui, le corps et l’obésité, la santé physique et mentale et le travail.

Université féministe d'été, 12e édition, 2014.Bien que la majorité des conférencières et des personnes inscrites soient des femmes, l’Université féministe d'été (UFÉ) accueille chaque année des hommes parmi les étudiants, mais aussi des professionnels concernés par les thèmes abordés dans le cadre de leur travail. Il importe de le préciser en ouverture d’un texte où nous avons choisi d’employer le féminin plutôt que le masculin comme genre dominant, sans visée discriminatoire à l’endroit des participants de la gent masculine.

Le choix du thème de cette édition s’est imposé aux organisatrices comme une nécessité, répondant à des besoins exprimés par des étudiantes et au constat du manque de cours offerts qui abordent les questions de santé des femmes. Il répond aussi à «un besoin social, un besoin de discussion sociale, sur l’importance de ces enjeux de santé, et une préoccupation de remettre des thèmes [traités en 2007] à l’agenda pour nous permettre de prendre la mesure de ce qui va bien et ce qui va moins bien», détaille Hélène Lee-Gosselin, titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés.

Le thème de la santé des femmes en est aussi un sous lequel peuvent être abordés des réalités nouvelles, ou qui sont objets de débats en ce moment : «Il y a plusieurs nouveautés dans cette édition, en lien avec l’actualité, comme la gestation pour autrui, les enjeux psychiatriques, les modèles que l’industrie pharmaceutique propose aux mères pour la question des soins, l’utilisation des médias électroniques qui est un nouveau phénomène en santé,…», expose Dominique Tanguay, adjointe à la titulaire et professionnelle de recherche à la Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés.
«Toute la relation au corps était présente en 2007 et revient cette année, admet Mme Tanguay, mais à l’époque, cela avait été présenté sous l’angle des désordres alimentaires. Cette année, nous parlerons plutôt de la représentation de l’image, d’un corps considéré sain ou inadéquat par exemple », précise-t-elle.

Plus qu’un simple état des lieux, l’UFÉ propose aussi des pistes de solutions. «On y explore des interventions qui soutiennent, en matière de santé, une meilleure égalité entre les hommes et les femmes, alors oui il va y avoir de la prise de conscience de problèmes, mais il va aussi y avoir des discussions sur des stratégies, des interventions positives qui permettent d’améliorer les choses», affirme Mme Lee-Gosselin.
Non seulement l’Université féministe d’été est elle l’une des premières offerte par l’Université Laval, mais c’est également la plus importante en terme d’inscriptions. Une popularité qui n’a cessé de croître depuis la première édition, en 2003.

Un espace de discussion et d’apprentissage interdisciplinaire
Ce qui fait la particularité de cette université d’été depuis 14 ans, c’est sans aucun doute la diversité des participantes qu’elle met en relation autour d’un même thème et la grande interdisciplinarité qui est mise de l’avant. Une opportunité de découvrir comment les questions féministes sont abordées par les différentes disciplines, allant des sciences sociales aux sciences infirmières, en passant par le droit, les relations industrielles, les sciences de l’éducation et les lettres. «Pour nous, ce qui est important, c’est d’une part la diffusion de ces connaissances féministes, et d’autre part, la capacité d’interagir avec des gens de différents milieux, c’est un espace unique pour ce faire», soutient la titulaire de la Chaire Claire-Bonenfant.

De plus, suivant cette vision d’un espace de discussion, le traitement en profondeur des thèmes a préséance sur la quantité. «On tient à laisser beaucoup de temps de parole aux conférencières, explique Dominique Tanguay. Au départ on avait trois ou quatre conférencières par bloc, et puis on a choisi de restreindre à deux, parce que les commentaires qui nous étaient faits étaient que les conférences n’étaient pas assez longues pour développer les idées, pour transmettre l’information». Du temps est aussi réservé aux questions et aux réactions de l’auditoire qui enrichissent la réflexion des participantes et qui offrent aux conférencières des ouvertures à des échanges plus approfondis sur certains points.

Formation créditée, colloque et activités publiques
Ouverte à toutes et à tous, sans préalable, l’inscription à l’Université féministe d’été permet d’assister à l’ensemble des activités offertes, mais il est également possible d’obtenir 3 crédits en s’inscrivant au cours de 1er cycle FEM-2000 − Femmes et santé ou au cours de 2e et 3e cycles FEM-7003 − Femmes et santé. Ces crédits sont déjà acceptés dans de nombreux programmes et même par des universités québécoises affiliées en vertu de l’entente du Bureau de la coopération interuniversitaire. Ainsi, l’UFÉ reçoit chaque année de nombreuses personnes de l’UQÀM, de l’Université de Montréal, de l’Université d’Ottawa et d’ailleurs.
La grande conférence publique organisée le mercredi soir, quant à elle, est accessible à toutes les personnes intéressées, gratuitement et sans inscription nécessaire.

Selon les années, la composition de l’auditoire varie, mais selon Hélène Lee-Gosselin, la foule est typiquement composée aux deux-tiers d’étudiantes et d’un tiers de personnes venues pour le colloque seulement. Ces dernières proviennent des milieux professionnels, communautaires, politiques, gouvernementaux ou de groupes militants.
«C’est un espace d’apprentissage et de dialogue et [cette diversité] donne une couleur particulière à l’évènement, par la diversité des participantes, donc des femmes du terrain, des femmes en position d’agir dans des institutions, des femmes de plusieurs générations, des étudiantes de 20 ans jusqu’aux militantes qui en ont pas loin de 70…», énumère Mme Lee-Gosselin.

En plus d’accueillir régulièrement des groupes de femmes du Québec, l’UFÉ rayonne dans la francophonie des autres provinces et territoires du Canada, attirant des groupes de l’Ontario, du Yukon, et de la Saskatchewan.
Habituellement, environ une douzaine de personnes en provenance d’Haïti joignent aussi les rangs de la formation non créditée chaque année, et ce depuis 10 ans.

Petite histoire de l’UFÉ
Initiée par Huguette Dagenais, professeure d’anthropologie, l’Université féministe d’été est née en soutien à l’ancien programme de DESS en études féministes, mais aussi afin d’élargir la gamme de cours offerte à la communauté universitaire des 1er et 2e cycles. «Il y avait une reconnaissance que le DESS était méconnu, qu’il y avait donc des enseignements féministes qui profiteraient à la communauté scientifique et à la communauté étudiante et ça prenait une stratégie pour les rendre disponibles», explique Hélène Lee-Gosselin. «Huguette Dagenais, aussi à l’origine de la revue Recherches féministes et du DESS, a eu cette merveilleuse idée qui répondait non seulement à un besoin de l’Université Laval, à un besoin pour le monde universitaire féministe au Québec», ajoute Mme Lee-Gosselin.
«La première année, nous avions eu une cinquantaine de personnes, malgré une organisation très rapide. Ça avait été un très bon succès malgré le peu de publicité faite», se remémore Dominique Tanguay, qui a participé au comité organisateur de l’UFÉ depuis sa création.
Au bout de quatre ans, en 2007, les inscriptions à l’UFÉ avaient atteint plus de 100 personnes, alors que le thème était la santé, comme pour cette 14e édition. «Selon les années et les thèmes, les inscriptions varient, précise Mme Tanguay, pour notre plus grosse édition, nous avions presque atteint 200 inscriptions».

Les thèmes de toutes les Universités féministes d’été depuis 2003 ainsi qu’une grande partie des planches des conférencières, voire la quasi-totalité depuis 10 ans, sont disponibles sur le site Internet de l’UFÉ. «C’est une source d’information précieuse pour quiconque s’intéresse aux questions qu’on a traitées», souligne Hélène Lee-Gosselin, qui dirige la Chaire depuis 2010.

Des études féministes et des études du genre
L’ancien diplôme en études féministes et l’UFÉ étaient alors rattachés directement à la Faculté des sciences sociales. Depuis un an, le Département de sociologie a intégré ce volet à sa programmation et développé, avec la Faculté, le nouveau microprogramme en études du genre, lancé à l’automne 2015. Rappelons d’ailleurs l’arrivée prochaine de la professeure spécialiste des études du genre, Élisabeth Mercier, au Département de sociologie. Celle-ci présidera une séance de l’UFÉ 2016. Le Département de sociologie et la Faculté des sciences sociales ont à cœur de perpétuer la tenue de l’UFÉ dont le rôle est important dans la valorisation et la diffusion des perspectives féministes à l’Université Laval. L’UFÉ fait partie des cours reconnus dans le microprogramme en études du genre.

Un réseau, deux bourses
La Chaire Claire-Bonenfant est l’une des unités fondatrices du Réseau Québécois en Études Féministes (RéQEF), qui regroupe l’ensemble des chercheuses féministes au Québec, et dont le financement a été renouvelé pour six ans en 2014. Ainsi, la programmation de l’UFÉ vise non seulement à donner l’occasion aux chercheuses de l’Université Laval de présenter leurs travaux, mais également aux chercheuses féministes du RéQEF.

Le RéQEF offrira deux bourses de 300 $ pour récompenser la meilleure note obtenue à l’UFÉ au 1er cycle et aux 2e et 3e cycles. Une bourse qui couvre les frais de scolarité du cours, mais qui peut aussi donner un coup de pouce non négligeable lors d’une candidature pour les bourses du CRSH, par exemple. La revue Recherches féministes offrira aussi un abonnement d’un an aux deux récipiendaires.

À qui s’adresse l’UFÉ?
Cette 14e édition est destinée à «toute personne qui s’intéresse aux enjeux de santé physique, de santé mentale, de santé reproductive, de santé sociale, ainsi qu’aux inégalités entre les hommes et les femmes de façon plus large, car certains blocs vont traiter d’autres aspects, comme du travail, des médias», termine Mme Tanguay.

Les deux organisatrices soulignent également que l’UFÉ est une occasion idéale de réseautage, pour trouver un stage ou un emploi, car la salle regorge alors de potentiels futurs employeurs. Les conférencières y sont aussi plus accessibles que dans un colloque scientifique, car l’atmosphère est toujours très conviviale au cours de cette semaine intensive. Il n’est pas rare d’y voir les discussions se prolonger dans les couloirs, dans des dîners organisés ou sur les pelouses du campus, par beau temps.

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Le Département dans les médias

Dans cette rubrique, vous trouverez une compilation des plus récentes apparitions médiatiques des membres du Département de sociologie.
Pour nous faire part de votre passage dans les médias écrits ou électroniques, merci d’écrire à bulletin@soc.ulaval.ca

Trois professeurs émérites du département chez les «Possédés»
La série audiovisuelle «Les Possédés et leurs mondes» présente des témoignages, des réflexions et les trajectoires intellectuelles d’anthropologues et de chercheurs qui ont publié dans la revue Anthropologie et sociétés au cours de leur carrière. Parmi les nombreux témoignages, vous trouverez ceux de trois professeurs émérites du Département de sociologie, Andrée Fortin, Denys Delâge et Jean-Jacques Simard.
Cette série est entièrement réalisée par la revue Anthropologie et Sociétés avec l’appui du Département d’anthropologie de l’Université Laval. Il s’agit, comme l’indique leur site Internet, de «documents inédits, des entretiens, mais surtout de longues narrations au cours desquelles les possédés, filmés dans leur milieu, reviennent sur leur vocation anthropologique et sur leurs travaux, expliquent leur contribution intellectuelle sur les plans méthodologique, ethnographique et théorique». Accessible librement, et à voir absolument! https://www.anthropologie-societes.ant.ulaval.ca/les-possedes-et-leurs-mondes

Richard Marcoux dans Le Devoir
Pour souligner la Journée internationale de la francophonie, le 18 mars, la Grande Bibliothèque avait organisé deux tables rondes sur le thème « Écrire en français à l’ère du numérique ». Le journal Le Devoir a interrogé certains des participants, dont Richard Marcoux, qui y discutait des difficultés de financement des revues francophones.

Raphaël Létourneau à MAtv et dans La Quête
Finissant du baccalauréat en sociologie, Raphaël Létourneau était invité à l'émission Mise à jour Québec, sur la chaîne MAtv, afin de parler de son étude sur les problèmes de sous-financement des organismes communautaires, réalisée dans le cadre du cours Laboratoire de recherche en sociologie. Il y apparait à 7 minutes 48 secondes.
Sur le même sujet, il a également été sollicité par le magazine de rue de Québec La Quête. Vous pourrez lire ses propos à la page 14 de l'édition du mois de mars 2016.

Daniel Mercure dans Revista Cultura
Le professeur Daniel Mercure, actuellement en année d’étude et de recherche, a accordé un entretien à la revue Revista Cultura de mars 2016,  intitulée «Como É Duro Trabalhar».

Madeleine Pastinelli et le cas de Facebook
La professeure Madeleine Pastinelli est citée dans un article sur la place qu’occupe le réseau social Facebook dans nos vies quotidiennes, publié dans le numéro d’avril 2016 de la revue Châtelaine.

 

 

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Conférences et évènements

Andrea Rea

Conférence du professeur de sociologie Andrea Rea, de l’Université libre de Bruxelles: «La frontière-réseau: penser l’articulation mobilité et immobilité dans les contrôles aux frontières». Dans le cadre des cycles de conférences sur les migrations internationales
Mardi, 5 avril, 12h, local 2320 du Pavillon G.-H.-Kruger, Université Laval


Albert Ogien au CÉLAT

Le Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (CÉLAT) recevra prochainement Albert Ogien, sociologue, directeur de recherches au CNRS et directeur de l’Institut Marcel Mauss de l’ l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, qui présentera une conférence intitulée « Le pluralisme comme revendication et comme hantise : démocratie radicale, populisme, alternative ».
Albert Ogien est l’auteur de plus d’une douzaine d’ouvrages portant sur la sociologie de l’action, la déviance et sur les transformations contemporaines du lien social et de la démocratie.  L’événement est gratuit et ouvert à tous.
Mercredi 13 avril, 11h30 à 13h, local DKN-5172


Cérémonie du Laboratoire de recherche en sociologie

Présentation des rapports d’enquêtes des équipes de la 33e cohorte de sociologues-laborantins.
Lundi 28 avril, 16 h, local 2320 du Pavillon Gene H. Kruger


Dominique Morin

Le directeur du Département de sociologie, Dominique Morin, présentera une conférence intitulée « Vers une société démocratique du développement, les réflexions de Gérald Fortin sur la participation à la suite de l’expérience du BAEQ ».
Cette présentation a lieu dans le cadre de la journée d’étude et de réflexion 50 ans de participation citoyenne en aménagement du territoire au Québec : perspectives, enjeux et défis, organisée par le Département de géographie de la Faculté de foresterie, géographie et géomatique, de l’Université Laval, le Programme de recherche sur les quartiers centraux de l’Université Laval ainsi que plusieurs partenaires.
Mardi, 29 avril (heure et local à confirmer)


84e Congrès de l’ACFAS, du 9 au 13 mai, UQÀM, Montréal

Plusieurs professeurs, diplômés récents et étudiants du Département de sociologie présenteront des conférences dans le cadre du congrès annuel de l’ACFAS. Pour voir la programmation complète, consultez le site du congrès :
http://www.acfas.ca/evenements/congres/programme/84

Charles FLEURY, professeur, Université Laval - Colloque 465 - Démographie et main-d’œuvre : regards passés et enjeux futurs
Lundi 9 mai, 10 h 20 - 11 h 50

Vieillissement de la main-d’œuvre québécoise : le cas de la génération X
Le prolongement de la vie professionnelle est souvent envisagé pour faire face aux défis que pose le vieillissement démographique. La scolarisation accrue des individus, l'amélioration de l'espérance de vie en bonne santé et la tertiarisation de l'économie constitueraient des évolutions favorables à un tel prolongement. Bien qu'ils représentent un pan important de la population active québécoise actuelle, les membres de la génération X apparaissent peu dans les réflexions entourant le vieillissement démographique et le prolongement de la vie professionnelle. Ceux-ci présentent pourtant un parcours singulier dont il faut tenir compte lorsqu’il s’agit de faire des pronostics sur le vieillissement de la main-d’œuvre québécoise. Je vise à mettre en lumière certaines des transformations intervenues au cours des dernières décennies dans les sphères du travail et de la famille susceptibles d’avoir affecté leur parcours de vie et la façon dont ils envisageront la retraite. Adoptant l’approche des parcours de vie comme cadre d’analyse, j'examinerai de manière plus spécifique l’évolution de leur situation professionnelle et familiale ainsi que leurs modes d’agencement tout au long de la vie. Je m’appuierai sur les données québécoises de l’Enquête sur la population active et de divers cycles de l’Enquête sociale générale. Je traiterai également de quelques résultats issus de l’Enquête québécoise sur les conditions de travail, l’emploi et la santé et la sécurité au travail (EQCOTESST).

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Louis Guay, professeur retraité, Université Laval - Colloque 427 - La ville durable à l’épreuve des pratiques
Mercredi 11 mai, 9h30

Grande conférence « Construire la ville durable : les enjeux et les défis de la gouvernance urbaine »
L’exposé se propose de fournir quelques clés conceptuelles pour penser la ville durable. Les grandes villes s’annoncent de plus en plus sous la bannière du développement durable. Certaines d’entre elles ont aussi entrepris des actions en vue de faire face aux enjeux écologiques globaux comme les changements climatiques et la protection de la biodiversité. Mais la route vers la ville durable risque d’être longue. Les chercheurs en aménagement, en urbanisme et, plus largement, dans les études urbaines doivent se donner des moyens d’analyse pour suivre et bien comprendre comment les grandes villes cherchent à se transformer dans un contexte social, politique et environnemental plus complexe. Après avoir présenté une sélection d’enjeux d’environnement et d’aménagement, l’exposé se penchera sur le rôle que jouent les grandes villes dans la lutte aux problèmes écologiques globaux et dans la promotion du développement urbain durable sur leur territoire, notamment dans les plans métropolitains.

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Fabrice Fernandez, professeur du Département de sociologie, avec le professeur Samuel Lézé, de l’École Normale Supérieure de Lyon. - Colloque 493 – Les 10 années du premier rapport sur la judiciarisation des personnes itinérantes : suites et effets dans la recherche

Jeudi 12 mai, 15h15 - «Les économies morales à l’épreuve du terrain»
La théorie des économies morales qui s'est dernièrement développée au sein d'une anthropologie morale et politique vise à comprendre la gestion contemporaine des populations vulnérables. L'objectif de cette communication est d’une part, d'en présenter les contours afin d'en mesurer les forces et les faiblesses à partir de plusieurs études empiriques et d’autre part, d’exposer ses possibles applications au cas des personnes itinérantes au Canada.

Vendredi 13 mai, 9h30 - « Humaniser la prison ? Le traitement carcéral des troubles mentaux »
Pourquoi est-il désormais si nécessaire d'humaniser les conditions de détention et de traiter les détenus avec humanité ? Et surtout, comment cette nécessité se manifeste-t-elle dans les pratiques de traitement ? A partir d’une recherche ethnographique sur les soins psychiatriques en prison, l’objectif de cette communication est de questionner les pratiques de ces professionnels de santé mentale confrontés au monde carcéral. Les deux principaux enjeux de ce traitement seront tout d’abord questionnés : d’une part le processus de sélection et de conversion des détenus en patients dignes d’intérêts et d’autre part les modes de répartition de ces patients dont le traitement est autant thérapeutique que moral. Nous discuterons ensuite les effets de ces processus de sélection, de répartition et d’intervention au regard d’une politique de régulation morale de l’expérience carcérale. Il apparaît en effet qu’au nom d’une prise en considération des vulnérabilités individuelles, cette politique « humanitaire » ouvre la porte à de nouveaux modes de régulation par l’édiction de normes et de valeurs, à l’aune desquelles on juge de la normalité des détenus, de leur volonté de se soigner et de sortir d’un comportement jugé déviant.

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Barbara ANDRADE DE SOUSA, étudiante à la maîtrise en sociologie, Université Laval -Domaine de recherche 405 - Milieux de vie, aménagement et appropriation de l'espace humain
Lundi 9 mai entre 9h et 11h30

De la clandestinité à la fierté : l’appropriation de l’espace urbain par la communauté gaie
À partir de la décennie 1970, on voit surgir dans la plupart des métropoles en Occident, des quartiers comprenant une grande concentration de ménages gays et d’établissements commerciaux destinés à cette clientèle. L’analyse de ce phénomène se polarise en deux volets distincts : la sociologie urbaine, qui étudie la fonction du quartier dans la structure de la ville et dans la vie des habitants, et la sociologie de genre, qui examine les enjeux de la communauté gay. Les recherches menées sur le sujet ne s’intéressent pour la plupart qu’à une partie du phénomène et ont négligé de se pencher sur la façon dont la trajectoire de la communauté homosexuelle locale s’articule au parcours historique, politique et urbain de la ville où le quartier est situé. Ce travail vise à combler cette lacune et à éclairer la trajectoire qui a mené la population gay à s’approprier un espace urbain. Pour saisir ce phénomène, on réalise une analyse comparative entre les villes suivantes : San Francisco, Paris et Montréal. On retrace le parcours de la vie gay locale en parallèle avec le cheminement du quartier qui abrite le ghetto gay depuis 1900 jusqu’à nos jours. En s’appuyant sur l’importance centrale du quartier dans la sociologie urbaine, l’étude clarifie le processus social et urbain qui a engendré une forme particulière de quartier au sein de la ville et dans lequel les normes et représentations sont différentes de celles qui orientent la majorité de la population.

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Sébastien Chailleux, docteur en sociologie, 2015, Université Laval - Domaine de recherche 406 - Nature, transformation et gouvernance de la société et des institutions

Mardi 10 mai, 13h - Quelle légitimité pour les experts? Luttes pour le cadrage de la controverse sur le gaz de schiste en France et au Québec
La communication interroge le processus de recours à l'expertise scientifique et technique en France et au Québec à propos de la controverse sur le gaz de schiste. En reprenant la question de la limitation de la participation publique au forum scientifique posée par Collins et Evans (2002; 2007), je démontre que la tentative de poser une frontière entre forum scientifique et politique est vaine et génère un risque de décision technocratique favorable aux intérêts des porteurs de projet. Plutôt que de soutenir le danger d'un populisme technologique, je montre que la focale doit être faite sur le processus de cadrage sociopolitique d'une controverse. L'exemple du gaz de schiste est mobilisé afin d'illustrer un cadrage sur la gouvernance au Québec et un recours à une expertise interdisciplinaire favorisé par la participation publique issue du BAPE. A l'inverse, le cas français montre un cadrage sur la technologie de fracturation hydraulique qui conduit à un confinement de l'expertise aux seules géosciences dans les rapports officiels. Les tentatives d'imposition d'experts ex ante valident la tendance des gouvernements à soutenir les porteurs de projets tandis que la détermination d'une expertise pertinente n'apparait qu'ex post. La communication se base sur une série d'entretiens, un corpus de presse écrite et l'analyse de divers rapports officiels.

Mercredi 11 mai, 9h - Hydrocarbures non classiques au Québec : un processus de coproduction de connaissances et de gouvernance de la fracturation hydraulique
La communication se propose de mettre en lumière le processus de coproduction de savoirs concernant la fracturation hydraulique mais aussi plus largement la filière des hydrocarbures non conventionnels au Québec. La fabrication des choix politiques est en effet passée à travers différents instruments institutionnels participatifs, scientifiques et législatifs. Ce processus d’influences réciproques a généré une zone de transaction entre les différents acteurs et leurs discours. En se basant sur la sociologie de la coproduction de S. Jasanoff (2004), cette communication démontre comment les opposants aux projets d’exploitation de gaz de schiste sont parvenus à renverser le soutien gouvernemental à cette industrie à travers des mobilisations sociales, la construction d’une contre-expertise, sa publicisation dans des audiences publiques et sa validation partielle lors de l’évaluation environnementale stratégique. Elle montre aussi la réplique gouvernementale qui parvient à reconstruire un régime de gouvernance prenant en compte les nouveaux savoirs mais autorisant la technologie controversée malgré tout. Basée sur une série d’entretiens, un corpus d’articles de presse, les rapports du BAPE (2011 ; 2014) et de l’EES (2014), mon analyse montre la coproduction d’un ordre sociocognitif et sociopolitique autour de la technologie de fracturation hydraulique et d’extraction des hydrocarbures non conventionnels.

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Annie GRÉGOIRE-GAUTHIER, étudiante à la maîtrise, Université Laval - Domaine de recherche 402 - Économie, emploi et marchés
Jeudi 12 mai, entre 13h et 14h30, Bâtiment – Local : Hubert-Aquin (A) – A-1720

Être femme, immigrante et entrepreneure à Québec : entre contraintes et possibilités
Pourquoi certaines femmes immigrantes choisissent-elles de se lancer en affaires? Alors que l’entrepreneuriat féminin et l’entrepreneuriat ethnique ont été l’objet de nombreuses recherches ces dernières années, la perspective particulière des femmes immigrantes, à l’intersection de plusieurs rôles sociaux et faisant face à de nombreux défis spécifiques, est, quant à elle, encore largement inexplorée. Des entretiens semi-dirigés avec vingt-cinq femmes immigrantes entrepreneures de la région de Québec m’ont permis de découvrir de quelle manière l’entrepreneuriat peut devenir, pour plusieurs femmes immigrantes, une stratégie leur permettant de contourner les obstacles liés à l’immigration et aux contraintes familiales, dans une perspective de survie économique et d’intégration à la communauté d’accueil. L’entreprise, promesse de flexibilité rêvée, s’organise alors pour plusieurs comme un prolongement de la sphère domestique, provoquant un enchevêtrement entre les espaces assignés traditionnellement au travail et au non-travail.
Cette recherche, effectuée en collaboration avec la Chaire de recherche Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés, a permis de déceler les liens intrinsèques entre l’assignation des femmes entrepreneures immigrantes aux rôles domestiques et parentaux et leur rapport à l’entrepreneuriat, permettant au passage de questionner les stéréotypes habituellement associés à la réussite entrepreneuriale.

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Alexis Martig, professeur associé, Université Laval - Colloque 445 - Travail, exploitations et servitudes contemporaines dans les Amériques
Jeudi 12 mai, 10h15

Le « travail esclave » rural contemporain au Brésil : servitude, droits et citoyenneté...
À partir de recherches de terrain et d'entretiens réalisés auprès de travailleurs libérés du « travail esclave » rural, et d’acteurs sociaux engagés dans la lutte contre celui-ci, cette communication se propose de réfléchir aux conditions socio-historiques et aux dimensions subjectives ayant permis l’émergence de cette forme d’exploitation et sa « naturalisation » (Souza,2006). Pour cela, après avoir présenté les caractéristiques du « travail esclave » et l’histoire de sa reconnaissance progressive par l’État brésilien, nous reviendrons sur la manière dont les travailleurs ruraux brésiliens ont été sociohistoriquement construits comme une population subalterne et des « alter inégaux » ou des citoyens inférieurs dans la société brésilienne (Martig, 2014; Sales, 1994). Il s’agira ainsi de tenter de saisir les dimensions subjectives de la servitude en s’intéressant à la manière dont la résignation face à une situation de servitude peut être pensée en termes de perceptions de soi comme inférieur ou inégal et peut être comprise en termes de (non) performativité des droits et de défaut de citoyenneté. Nous chercherons ainsi à saisir les différents éléments, notamment liés à la construction de la subjectivité, à l’origine de la « naturalisation » du « travail esclave » au Brésil permettant ainsi de comprendre la nécessité pour les acteurs sociaux engagés dans la lutte contre le « travail esclave » de dénoncer cette forme de « travail forcé » comme un intolérable moral…

 

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Travailler et étudier : les tâches d'enseignement

Dans le dernier Bulletin, il était question des différents emplois étudiants accessibles aux 1er et 2e cycles. Bien sûr, plusieurs doctorants occupent aussi des postes d’auxiliaires de recherche et d’enseignement. Une tâche plus exigeante leur est tout particulièrement réservée, celle d’auxiliaire assistant d’enseignement, donc d’agir comme enseignant dans le cadre d’un cours. La convention collective des chargés de cours permet en effet de réserver des contrats à ceux qui répondent au profil d’embauche adopté par l’assemblée des professeurs pour des cours qui seraient offerts à des chargés de cours. C’est souvent à titre d’auxiliaire assistant d’enseignement que des professeurs et des chargés de cours ont eu leur première expérience d’enseignement à l’Université Laval.

Pour mieux connaître ce qui occupe les doctorants dans leurs tâches d’enseignement, le Bulletin a rencontré deux doctorants qui sont responsables de la 33e cohorte du Laboratoire de recherche en sociologie, Marie-Hélène Deshaies et Louis-Simon Corriveau. Également, Emiliano Scanu nous a fait part de son expérience d’enseignement acquise pendant ses études doctorales, qui se continue depuis sa diplomation, avec la charge de deux cours à distance, Sociologie de l’innovation technologique (SOC-2120) et Environnement et société (SOC-2114).

Assister puis enseigner : l’expérience d’Emiliano Scanu
Emiliano Scanu définit lui-même son parcours comme « idéal », au sens où sa progression dans les emplois offerts aux doctorants s’est faite de manière graduelle : auxiliaire de recherche, auxiliaire d’enseignement et finalement, chargé de cours pour les deux cours à distance Environnement et société (SOC-2120) et Sociologie de l’innovation technologique (SOC-2114).

Emiliano Scanu, chargé de cours, 2016«Dès le début de mon doctorat, j’ai été embauché comme auxiliaire de recherche par mon directeur de thèse, M. Louis Guay. J’ai travaillé plusieurs sessions avec lui sur des thèmes comme la gouvernance climatique urbaine et les enjeux de la gestion de l’eau. Ces premières expériences ont été une très belle occasion d’approfondir des sujets qui m’intéressaient particulièrement et de me familiariser avec le fonctionnement de la recherche universitaire dans un contexte, celui canadien, que je connaissais encore à peine».

Il a ensuite obtenu le contrat d’auxiliaire d’enseignement pour le cours Environnement et société (SOC-2114), qui se donnait à ce moment en classe. «À cet égard, je me considère aussi très chanceux, car la matière que j’enseignais correspondait exactement à ma principale spécialisation de recherche, c’est-à-dire la sociologie de l’environnement. J’ai ainsi pu approfondir considérablement ma connaissance dans ce domaine : enseigner, c’est aussi apprendre!», souligne-t-il. «Être auxiliaire d’enseignement représente certainement une expérience très enrichissante d’un point de vue intellectuel, mais également d’un point de vue humain, car tu découvres les différentes situations dans lesquelles se trouvent les étudiants, et cela te porte à être plus flexible, ouvert et empathique», ajoute Emiliano.

Participer à la création d’un cours
En plus d’assister dans l’enseignement du cours, Emiliano Scanu a eu la chance de participer à l’élaboration de la version en ligne d’Environnement et société avec Louis Guay. «Une expérience extrêmement enrichissante et épanouissante, se réjouit-il. Quelle sensation plus valorisante pour un doctorant de monter un cours auquel il contribue avec son expertise, ses perspectives et ses recherches? La création d’un cours représente aussi une étape que je crois très formatrice lorsqu’on envisage de poursuivre une carrière dans l’enseignement».

Depuis qu’il en est seul responsable, Emiliano s’assure d’actualiser constamment le cours en fonction de nouvelles connaissances et des rétroactions des étudiants. «Je dois avouer que c’est une tâche très ardue celle d’améliorer un cours initialement conçu par un professeur d’expérience et un expert reconnu de sociologie de l’environnement comme M. Guay», souligne-t-il, ajoutant que le cours de Sociologie de l’innovation technologique (SOC-2120) est également mis à jour chaque session.
Son expérience dans le contenu s’étend jusqu’au Département de science politique, pour lequel il a collaboré à la section sur les enjeux sociopolitiques des changements climatiques pour le cours Fondements du développement durable. «Une autre expérience très formatrice et stimulante», estime-t-il.

Auxiliaire et chargé de cours
Les tâches d’auxiliaire assistant d’enseignement et de chargé de cours comportent plusieurs similitudes. «L’une des différences fondamentales [en tant que chargé de cours] est que tu es le seul responsable de la gestion du cours, de son organisation et de son développement. D’une part, il faut suivre les avancements théoriques et empiriques du domaine de connaissance enseigné, afin de les intégrer au cours. D’autre part, le chargé de cours s’occupe d’encadrer les étudiants et de veiller au bon déroulement du cours, souvent avec l’aide d’un auxiliaire d’enseignement», détaille-t-il.

Conciliation avec les études
Du point de vue d’Emiliano, enseigner, faire de la recherche et poursuivre son doctorat peuvent très bien se concilier et sont même complémentaires: «Le cursus doctoral ne se résume pas à la démarche de recherche pour la rédaction d’une thèse. Au contraire, il se compose d’un ensemble d’expériences qui contribuent à la formation du doctorant d’abord comme sociologue, mais aussi comme personne et citoyen. Par expériences, j’entends notamment le travail d’auxiliaire de recherche et d’auxiliaire d’enseignement, mais également le fait de participer à des colloques, de publier des travaux, de s’impliquer au sein d’un comité étudiant ou d’un groupe de recherche, ou simplement d’échanger avec les collègues et les professeurs du département. Je vois le doctorat comme un travail « à temps plein » : c’est de la sociologie 24 heures sur 24. Il s’agit de l’aspect que j’ai le plus apprécié des études doctorales», soutient celui qui a soutenu sa thèse en 2015.

Enseigner le Laboratoire de recherche en sociologie : l’expérience de Marie-Hélène Deshaies et Louis-Simon Corriveau

D’emblée, la tâche d’enseignement du Laboratoire de recherche en sociologie diffère des autres postes d’enseignants, d’abord parce que le cours s’étale sur deux sessions, puis parce qu’il comporte peu de cours magistraux et finalement, parce que le travail d’encadrement est partagé entre deux professeurs, accompagnés de coordonnateurs dont le nombre varie en fonction des cohortes. C’est un véritable atelier où, cette année, les apprentis chercheurs sont formés par deux maîtres et deux bacheliers.

Marie-Hélène Deshaies, doctorante et enseignante du Laboratoire de recherche en sociologie, 2016Marie-Hélène Deshaies occupe ce poste pour la deuxième année consécutive. L’an dernier, elle secondait le professeur responsable du cours, Dominique Morin, pour une première expérience d’enseignement universitaire après avoir œuvré en éducation aux adultes dans le passé. «Je trouve que c’est un plus de l’enseigner deux années de suite», affirme-t-elle.

Pour Louis-Simon Corriveau, il s’agit d’une première fois en tant qu’enseignant du Laboratoire, mais il en avait déjà été coordonnateur aux côtés de Sylvie Lacombe alors qu’il étudiait à la maîtrise. Une expérience qu’il avait alors beaucoup appréciée.

Maintenant au doctorat, Louis-Simon estime que son parcours a vraiment été une continuité depuis la maîtrise, où il a enchainé quelques tâches d’auxiliaire d’enseignement et de recherche, avant d’avoir une première tâche d’enseignement pour le cours Sociologie de l’Innovation technologique. «Cette expérience m’a permis de bien connaître les rouages de la structure administrative derrière un cours, parce que le contenu était déjà déterminé», explique Louis-Simon.

La charge de travail d’enseignant pour le laboratoire est considérable, mais surtout variée, allant des premiers contacts avec les organismes, au développement des mandats et de leur attribution aux équipes avant de laisser aller les étudiants «dans la nature» tout en les encadrant par des rencontres régulières et des commentaires de leurs ébauches durant 30 semaines. «Je me sens parfois comme un chargé de projets, illustre Louis-Simon, on rencontre les équipes, on s’assure que tout va bien, mais finalement, c’est leur travail à eux, alors je me sens beaucoup plus comme un accompagnateur, un peu à l’idée de la maïeutique, l’art de l’accouchement des esprits, utilisé en philosophie, qui est de les amener à comprendre des choses…», ajoute-t-il.

«Gérer de l’humain»
Le rythme soutenu de ce cours demande également une grande sensibilité de la part des enseignants. «Le labo, c’est beaucoup du relationnel. Oui il y a de la théorie, de la méthodologie, mais l’accompagnement des équipes, je dirais que ça représente les trois quarts du travail, donc c’est aussi tout un apprentissage d’être capable de cerner les gens, de les accompagner au mieux compte tenu de ce qu’ils sont et en fonction des difficultés qu’ils peuvent vivre dans leur équipe», explique Marie-Hélène Deshaies.

Malgré les consignes données lors des cours magistraux en début de session, ce n’est qu’une fois sur le terrain que lesLouis-Simon Corriveau, doctorant et enseignant du Laboratoire de sociologie, 2016 équipes de laborantins se trouvent confrontés à certaines difficultés. «L’apprentissage se fait par l’action», commence l’enseignante, ajoutant que les étudiants hésitent parfois à venir leur faire part de leurs problèmes. «Pour eux, nous sommes à la fois les accompagnateurs, mais aussi les évaluateurs, explique-t-elle, alors on espère qu’ils ne nous voient pas comme ça pendant la session, mais au Labo, on « gère de l’humain », c’est une expérience assez différente là-dessus».

Travail d’équipe
«Travailler à deux professeurs, en plus de deux coordonnateurs, c’est avoir chacun des perspectives, des sensibilités différentes, ce qui est intéressant pour nous comme pour les étudiants», soutient Marie-Hélène.
De plus, cela oblige à répartir équitablement les tâches et la supervision des équipes. «On se divise le contenu en suivant un plan. Et puis on est chanceux, car nous nous inspirons des notes que Dominique Morin et Madeleine Pastinelli ont bien voulu nous partager, donc on construit à partir de cela. Ça été très riche pour nous d’avoir leur deux façons de faire parfois différentes», souligne Louis-Simon.
Les deux enseignants du Laboratoire assurent que l’entente entre eux et les coordonnateurs est excellente et que le travail se fait complètement en équipe.
Cette formule demande toutefois plus de souplesse dans la gestion du travail, explique Marie-Hélène: «Un cours, c’est plus prévisible, tu sais qu’il va y avoir un examen, un travail à remettre… Dans le cas du Labo, c’est différent, car il faut toujours s’ajuster, même s’il y a un plan de travail, il peut arriver un départ, quelqu’un qui est malade, un réajustement d’équipe, qu’un terrain ne marche pas… on est beaucoup dans l’imprévu, il faut être prêt à se faire beaucoup solliciter».

Expérience enrichissante
Louis-Simon se réjouit d’avoir eu l’occasion d’enseigner aussi rapidement dans son parcours de doctorant. Le Laboratoire lui parait d’autant plus intéressant à inscrire sur son curriculum vitae en raison des tâches variées qui y sont accomplies et qui lui semblent plus fidèles à ce que demande le marché du travail hors du milieu universitaire. «C’est vraiment formateur, en étant en contact avec les organismes, mais aussi en valorisant le fait qu’on doit chapeauter des équipes, gérer les courriels de questions, plusieurs dossiers en même temps, etc. Cela fait une belle expérience à mettre de l’avant», affirme-t-il.

Pour Marie-Hélène, enseigner, et en particulier au Laboratoire, impose également un intéressant travail de synthèse de ses connaissances: «dans le fond, tu dois faire une synthèse de tout ce que tu as appris au bac, à la maitrise, car tu risques d’avoir à mobiliser ce matériel-là, autant du point de vue méthodologique que théorique», explique-t-elle. «J’ai ressorti toutes mes notes de cours, j’ai revisité mes travaux, j’ai regardé les autres labos faits dans les dernières années, j’ai donc identifié un certain nombre de choses qui sont des incontournables. Cet exercice de retour sur les apprentissages donne aussi un regard sur le Labo que j’ai fait, me permet de voir le chemin parcouru depuis», ajoute-t-elle.

Valorisant
Louis-Simon Corriveau voit son rôle d’enseignant comme plus qu’un simple atout professionnel : «En accompagnant les équipes, on voit qu’ils commencent à avoir la flamme, le désir de jouer avec les données, de s’approprier leur sujet. On voit qu’ils deviennent sociologues pendant le labo! J’aime beaucoup être le témoin privilégié de ça, d’être aux premières loges», se réjouit-il.
Cette progression, que le Laboratoire permet de voir se faire sur huit mois, enchante également Marie-Hélène : «Ce que je trouve fascinant, c’est de voir le style d’écriture des gens changer, la façon d’écrire au début du cours, comme on les voit sur deux sessions, ils doivent écrire beaucoup, alors la plupart des équipes vont faire un bond en qualité du travail remis qui est assez impressionnant. Ils écrivent beaucoup et puis ils sont commentés, critiqués…».
«Mon objectif, comme enseignant de ce cours, c’est que les étudiants développent leur confiance en eux, leur autonomie, mais aussi leur humilité», explique Louis-Simon. En plus du Laboratoire, ce dernier encadre également deux étudiantes pour un cours de sociologie compréhensive, suivant une formule hybride entre le séminaire et la lecture dirigée. «Cela me force à comprendre assez bien ces auteurs et ces ouvrages pour être en mesure de bien les expliquer».  

Concilier travail et études
Produire une thèse de doctorat est déjà un travail très prenant, alors d’arriver à le faire avec une tâche d’enseignement telle que le Laboratoire peut être plus difficile. «Même si j’avais déjà fait le labo comme étudiante, on oublie et puis on ne le vit pas de la même façon comme professeure, alors l’année passée j’étais un peu plus prise au dépourvu question horaire, car je ne voyais pas toujours quand allaient arriver les périodes plus intenses de travail», admet Marie-Hélène, ajoutant que l’organisation de son temps de travail sur sa thèse se fait beaucoup mieux cette année. Dans tous les cas, donner un cours une première fois demande plus de préparation et d’investissement personnel.

 

 

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Portrait d'étudiant : Raphaël Létourneau

Raphaël Létourneau terminera son baccalauréat en sociologie dans quelques semaines. Depuis son rapport de laboratoire de recherche en sociologie l’an dernier, le finissant a été invité plusieurs fois à parler des problèmes de financement des organismes communautaires dans les médias. Avec son excellent dossier académique, mais surtout, « sa grande implication dans la vie étudiante associative et sa participation à la réflexion sociale par ses engagements, il incarnait un modèle d’étudiant en sociologie dont le département peut être fier, qui témoigne de la pertinence de la recherche sociologique », a expliqué le directeur des études de 1er cycle, Charles Fleury. Pour ces raisons, il lui a paru tout naturel de proposer Raphaël pour être le porteur de la masse de l’Université Laval à la Collation des grades, en juin 2016, et pour y prononcer une allocution en tant que finissant. Le Bulletin a souhaité vous le faire connaître.

Bulletin de sociologie : Peux-tu me décrire ton parcours scolaire jusqu’à l’université, qu'est-ce qui t'a mené en sociologie?

Raphaël Létourneau : Avant de m’inscrire au baccalauréat en sociologie, je m’intéressais d’abord à la psychologie et je me suis inscrit en sciences humaines-profil individu (concentration psychologie) au Cégep de DrummRaphaël Létourneau, finissant au baccalauréat en sociologie, 2016ondville. Toutefois, les cours qui m’ont le plus marqué à l’époque étaient ceux de sociologie. Les réponses que la sociologie donnait à mes interrogations sur les rapports sociaux et les problèmes sociaux me semblaient plus satisfaisantes que celles qu’on pouvait trouver en psychologie. Malgré cet intérêt, mes études universitaires ont commencé au baccalauréat en communication publique-profil journalisme. Intéressé par le domaine des médias, j’ai participé à la radio étudiante ainsi qu’au journal étudiant Impact Campus durant cette période. En expérimentant le travail de journaliste au cœur de la grève étudiante de 2012, j’ai rencontré un blocage. Je me questionnais régulièrement sur la pertinence des personnes que j’interviewais pour commenter divers évènements d’affaires publiques. J’avais l’impression de mal cerner toute la complexité des enjeux que je couvrais, ce qui m’a progressivement amené à reconsidérer mon champ d’étude. De plus, j’étais souvent plus intéressé par la compréhension des rôles des médias selon les contextes historiques, politiques, économiques et sociaux, plutôt que par l’aspect technique des professions en communication. À la suite de ces réflexions, je me suis inscrit au baccalauréat en sociologie à l’hiver 2013. Cela s’est révélé une excellente décision, puisque j’y ai véritablement trouvé un environnement social et intellectuel enrichissant. Chose certaine, j’ai plus de questions en tête actuellement que j’en avais avant mon arrivée en sociologie, mais cela fait justement partie de la beauté de cette discipline.

BdS : Quels champs t'intéressent plus particulièrement en sociologie?

RL : J’ai un intérêt pour plusieurs champs, mais j’en reviens régulièrement à ceux-ci : la culture, les inégalités sociales, les mouvements sociaux, les organisations, la sociologie de l’individu, la théorie critique ainsi que la sociologie compréhensive.

BdS : Ton rapport de labo fait l'an dernier a suscité beaucoup d'intérêt et t'a valu de nombreuses apparitions dans les médias. Peux-tu nous en parler un peu? T'attendais-tu à utiliser et à parler autant de tes résultats de recherche? 

RL : Pour le contexte, j’ai réalisé cette étude à partir d’un mandat du Regroupement des organismes communautaires de la région 03 (ROC 03) qui cherchait à obtenir un portrait général des problèmes de financement de ses membres et de ses impacts. Grâce à un questionnaire en ligne rempli par une soixantaine d’organismes, mon étude a révélé un phénomène de sous-financement majeur avec une majorité d’organismes (69,8 %) qui ont connu des problèmes de financement entre 2011 et 2014, et plus de la moitié (55,6 %) qui ont eu à réduire leurs activités et/ou leurs services durant cette période. On parle aussi d’environ 12,7 % des organismes qui ont eu recours à des périodes de fermetures temporaires allant de quelques semaines à plusieurs mois. Cela dit, le cœur des résultats est qu’un phénomène d’instrumentalisation apparenté à de la sous-traitance s’installe entre les bailleurs de fonds et les organismes communautaires. En effet, les organismes sont contraints d’utiliser leur financement pour répondre à des commandes spécifiques en terme de projets ou d’objectifs. Étant donné que les organismes communautaires sont créés par et pour une communauté citoyenne, cette dynamique affaiblit leur autonomie et met en péril leur capacité de répondre prioritairement aux besoins sociaux identifiés par la communauté elle-même. En somme, le sous-financement oblige les organismes à consacrer leurs ressources et les efforts des gens qui s’y investissent davantage aux priorités des bailleurs de fonds qu’à celles des communautés qu’elles représentent.

Tout au long de la production de mon rapport de recherche, le ROC 03 suivait avec intérêt mon travail, car il prévoyait faire une sortie publique avec les résultats afin d’argumenter les revendications du milieu communautaire en matière de financement. À la suite de la publication du rapport, j'ai participé à une conférence de presse du ROC 03, suivie d’une entrevue à la Première Chaîne de Radio-Canada et d'un article sur le site de Radio-Canada. Le ROC 03 m’a aussi invité à présenter mes résultats devant ses membres lors de son assemblée générale annuelle. J’ai aussi été approché par Pierre Fraser, alors doctorant du Département de sociologie, pour coréaliser le documentaire L’austérité n’affecte personne sur les impacts de l’austérité sur le milieu communautaire. Une vidéo de mon entrevue individuelle dans laquelle j’explique l’installation d’une logique managériale dans le milieu communautaire a également eu une bonne visibilité sur Internet. Plus récemment, le magazine de rue La Quête m’a contacté afin de commenter les impacts de l’austérité sur le milieu communautaire à la lumière des résultats de mon enquête. De plus, j’ai été invité à l’émission télévisée d’affaires publiques Mise à jour Québec sur les ondes de MAtv pour parler des causes du sous-financement du milieu communautaire.

De toute évidence, la visibilité de mon étude a excédé mes attentes. Toutefois, il faut dire qu’à la suite de la publication de mon rapport de recherche, j’ai développé une proximité avec le milieu communautaire qui a contribué à ce que je sois interpelé pour parler de ma recherche. En effet, je m’y suis impliqué en étant élu au conseil d’administration du SQUAT Basse-Ville, un organisme qui vient en aide aux jeunes fugueurs et itinérants de la région de Québec. L’automne dernier, j’ai également été élu en tant que représentant du SQUAT Basse-Ville au conseil d’administration du ROC 03. C’est d’ailleurs dans le cadre de mes fonctions d’administrateur au ROC 03 que j’ai été invité à participer à l’émission Mise à jour, ce que j’ai fait en portant le chapeau d’étudiant-chercheur en sociologie.

BdS : Tu as été choisi comme porteur de la masse à la collation des grades, qu'est-ce que cela signifie pour toi? Et puis tu auras donc une allocution à faire, quel message souhaites-tu y transmettre?

RL : Lorsque l’on m’a contacté pour l’occasion, je dois avouer que je ne prévoyais pas participer à cet évènement. En fait, cette grande cérémonie pleine de décorum lors de laquelle « on flatte l’Université Laval dans le sens du poil » me semblait très peu attrayante, voire plutôt critiquable. J’étais indécis, mais j’ai réalisé que cela pouvait représenter une bonne occasion pour passer un message pertinent et souligner la valeur essentielle de la sociologie et des sciences sociales dans la réflexion, la compréhension et la transformation de notre société. Autrement dit, j’aimerais profiter de mon allocution pour aller au-delà des intérêts carriéristes que représente une diplomation pour m’attarder aux intérêts collectifs de notre expertise.

BdS : Et maintenant que le baccalauréat est terminé, quels sont tes projets pour la suite?

RL : En septembre prochain, je poursuivrai mes études universitaires à la maîtrise en sociologie avec mémoire, puisque je souhaite approfondir sérieusement un sujet qui m’intéresse et m’interroge. Mes réflexions sont embryonnaires, mais je m’intéresse aux mouvements sociaux et j’aimerais étudier davantage les freins à l’unification des acteurs du changement social tel que les groupes communautaires, les associations étudiantes et les syndicats. Le cas de la mobilisation contre les politiques d’austérité des dernières années m’intéresse tout particulièrement. Il me reste également à trouver un directeur ou une directrice! D’ici là, je poursuis mon travail d’auxiliaire de recherche pour Luc Audebrand, professeur du Département de management, avec qui je travaille sur une approche critique de l’économie du partage (Uber, Airbnb, etc.) dans une perspective d’innovation sociale. Une belle opportunité de recherche interdisciplinaire!

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Portrait d'étudiante : Catherine Dussault

Finissante au baccalauréat en sociologie, Catherine Dussault a choisi de traverser l’océan pour faire une partieCatherine Dussault, finissante au baccalauréat en sociologie, 2016. de ses études à l’étranger dans le cadre du Profil international. Ainsi, elle a fréquenté deux universités européennes, à Leiden, aux Pays-Bas, et à Strasbourg, en France. De retour au Québec, elle débutera à l’automne une maîtrise en sociologie avec mémoire. Le Bulletin s’est entretenu avec elle.

Bulletin de sociologie : Qu'est-ce qui t'a attirée en sociologie? Quels y sont tes champs d'intérêts jusqu'ici?

Catherine Dussault : J’ai pris connaissance de ce qu’est la sociologie comme discipline lorsque j’étais au cégep. Je suis littéralement tombée amoureuse de cette discipline qui permettait de rejoindre mes intérêts premiers pour la science politique, puis pour l’anthropologie. J’ai décidé de m’inscrire au baccalauréat en sociologie lorsque j’ai fait le constat que, selon moi, la sociologie est une posture qui élargit les horizons de pensée plutôt qu’elle ne les restreint en imposant un cadre trop précis tel qu’il me semblait avec les autres sciences sociales. Mes intérêts pour la sociologie sont donc très vastes, et c’est précisément cette possibilité que m’offre la discipline qui me plait. Étant selon moi une posture plus qu’un champ fixe, la sociologie me stimule constamment. Mes champs d’intérêts pourraient se regrouper sous les catégories d’épistémologie, de sociologie de la connaissance, de théories sociologiques.

BdS : À la suite de ton enquête du cours Laboratoire de recherche en sociologie, tu es allée en Roumanie, en lien avec le sujet étudié par ton équipe. Peux-tu nous en dire davantage sur cette enquête et ce voyage?

Sibiu, Roumanie. Crédit photo: Catherine DussaultCD : Le Laboratoire de recherche a été réalisé en réponse à l’appel d’offres provenant de l’École doctorale en sciences sociales de Bucarest (EDSS). L'ÉDSS est une école de formation doctorale ayant siège à Bucarest, en Roumanie. Mise en place dans le contexte du postcommunisme, l’ÉDSS répond à la volonté de « restructuration » des sciences sociales à travers l’édification de « centres d’excellence ». Les étudiants, principalement originaires de Roumanie, de Moldavie et de Bulgarie accomplissaient leur première année de doctorat à cette École, puis poursuivaient leurs études dans une université francophone partenaire, dont l’Université Laval. Ayant pris conscience que plusieurs étudiants échappaient à la mission originale de « restructuration » des sciences sociales de la « région » en ne retournant pas dans leur pays d’origine à la suite de leur formation, l'ÉDSS s'intéressait à l'expérience des anciens étudiants étant restés au Québec afin de comprendre dans quelle mesure et de quelle manière la mission qu’elle s’est assignée a été accomplie à travers les parcours académiques, professionnels et intellectuels de ces derniers.

Rencontrer ces anciens étudiants a été pour moi une expérience incroyable. J’ai développé au fil des rencontres un sentiment d’engagement très fort envers eux, d’où l’envie d’aller en Roumanie afin de peut-être mieux les saisir ; de mieux comprendre leurs origines. Contrairement à ces attentes, je ne crois pas mieux « connaitre » ces personnes. En revanche, je suis convaincue de mieux comprendre les propos que je pouvais tenir sur eux. Par exemple, cette phrase que j’ai écrite dans le rapport : « les anciens étudiants ont pu considérer [le Canada] comme le lieu le plus propice à la réalisation de leurs ambitions » se répétait en boucle dans ma tête, surtout lorsque j’étais au nord du pays. J’ai eu l’impression d’avoir un peu mieux saisi la portée d’une telle phrase. Une fois à Bucarest, j’ai eu la chance de voir l’École et surtout de rencontrer Dragos Jipa, assistant directeur de l’ÉDSS, et celui qui était en charge de notre projet à Bucarest. Encore une fois, j’ai pu comprendre plus en profondeur une partie de la réalité roumaine. Enfin, aller sur place m’a permis de comprendre que ce que nous faisons est toujours partiel, et qu’écrire un tel rapport nécessite d’oser, puisqu’on doit croire que ce que l’on écrit est vrai – même si on en doute réellement…

BdS : Par la suite, tu as étudié aux Pays-Bas, pour finalement continuer à Strasbourg. Peux-tu nous expliquer ce parcours, ce que tu y as fait?

Leiden, pays-Bas. Crédit photo: Catherine Dussault, 2016CD : J’ai débuté les cours en septembre à Leiden, aux Pays-Bas. Hors Europe, c’est une petite ville étudiante très peu connue. La ville est à forte majorité féminine – puisque les disciplines enseignées sont plus « traditionnellement » féminines : sciences sociales, sciences historiques, droit. Pour une étudiante, je trouve qu’il est absolument intéressant de se retrouver dans des cours où seulement un, deux, parfois trois individus sont des hommes (sur un total d’une vingtaine environ). La dynamique est totalement différente, ce sont ici les femmes surtout qui prennent la parole et qui, d’une certaine manière, occupent l’espace de la classe, contrairement à l’Université Laval – du moins c’est mon impression en sociologie – où ceux qui parlent sont surtout des hommes.

J’étais à Leiden dans le cadre d’une entente interinstitutionnelle entre les universités. Je suivais le programmeStrasbourg, France. Crédit photo: Catherine Dussault, 2016 « Culturele Antropologie en Ontwikkelingssociologie » (anthropologie culturelle et sociologie – ontwikkeling signifie « développement »), où les cours étaient donnés en anglais. Les cours que j’ai suivis étaient issus de ce département, où la dimension sociologique était relayée au second plan. Pour un total de 30 ECTS – 15 crédits québécois –, je suivais seulement trois cours. Arriver à Strasbourg est en quelque sorte un choc pour moi : pour le même nombre de crédits, je suis inscrite à neuf cours. Je crois que cela témoigne d’une grande différence entre les deux types d’éducations. À Leiden, les étudiants sont plus laissés à eux-mêmes dans leur apprentissage : beaucoup de lectures obligatoires, beaucoup de conférences/sorties obligatoires, etc. À Strasbourg, j’ai l’impression d’être toujours à l’Université, et ce qui est prévu comme travail hors des cours est très flou ; l’important est donc d’assurer une présence aux cours. Je suis à Strasbourg dans le cadre du profil international, ce qui laisse une assez grande latitude à l’étudiant qui souhaite découvrir d’autres disciplines. Mon horaire est réparti entre cours de philosophie, cours de sociologie et cours de langues. Je peux donc voir que les filières sont très « étanches », en ce sens que les domaines ne semblent pas se chevaucher : les manières de faire par discipline me semblent assez rigides et les sujets par cours sont très précis, en profondeur.

BdS : Comment apprécies-tu ton expérience d'études à l'étranger, y vois-tu de grandes différences ou des similitudes dans l'enseignement de la sociologie par rapport au département ici?

CD : J’adore mon expérience et je me considère réellement chanceuse d’avoir l’opportunité de partir dans le cadre de mes études. Étudier à l’étranger, c’est se mêler à d’autres manières de voir, de penser et de faire l’éducation. Je crois donc que la sociologie comme discipline n’est pas pensée ni enseignée pareillement à l’Université de Leiden, à l’Université Laval ou à l’Université de Strasbourg. Il me semble que peu importe l’université, la « structure » reste la même (soit celle du professeur qui fait des cours magistraux, des étudiants qui doivent « produire » essais, examens, etc.), mais qu’elles entretiennent des rapports totalement différents au savoir, et que les relations qu’il est possible de construire avec les professeurs ne sont pas du tout les mêmes selon l’endroit. Ces expériences m’ont donc appris que le savoir de l’université n’est pas neutre ; le vrai n’est pas le même partout. Étudier à l’étranger correspond à intérioriser les attentes du professeur et des étudiants, ce qui permet d’élargir ses horizons de compréhension en se mêlant à de nouvelles manières de penser un même « objet ».

Les professeurs apprécient souvent la présence d’étudiants étrangers dans leur classe précisément parce qu’ils reconnaissent que nous avons une posture autre, une manière de penser différente, voire plus « originale » dans ce contexte. Participer en classe m’a toujours profondément intimidé. Depuis mon départ à l’étranger par contre, je me surprends à participer en classe. Se plonger dans un autre contexte est donc une manière de s’autoriser plus je crois : on vit plus intensément, à un rythme qui semble accéléré. À cette dimension d’ouverture de soi s’ajoute selon moi celle du doute de soi. En arrivant à l’étranger, on ne connait personne, et personne ne nous connait. Il s’agit de repartir à zéro d’une certaine manière. Je doute véritablement de moi, de mes capacités lorsque je rends un travail, lorsque je prends la parole. J’ose et à la fois je doute. C’est probablement cette tension entre ces deux dimensions qui rend l’expérience si formatrice, puisqu’on se trouve à nu, et exposé ainsi au regard des autres. Il s’agit donc d’essayer à partir des connaissances que nous avons apprises ailleurs tout aussi bien en faisant abstraction… Pour répondre à la question, je crois que les manières de penser la sociologie diffèrent selon les universités. Bien sûr, je ne me sens pas totalement dépossédée en classe, mais je suis consciente qu’aller à l’université ailleurs implique l’acquisition d’une culture nouvelle. Par exemple, il m’est arrivé tout récemment dans mon cours de philosophie, lors d’un oral face à face avec le professeur, de me faire dire que «rien n’est faux», mais que ce n’est «pas un commentaire de texte français» que j’avais fait. Les attentes ne sont donc jamais les mêmes, et souvent elles ne sont pas énoncées. C’est ce qui fait la beauté de la chose, mais c’est également ce qui fait perpétuellement douter de soi. Si j’avais à résumer mon expérience à l’étranger, je la qualifierais d’expérience d’humilité.

BdS : Savais-tu dès le début de ta formation que tu souhaitais aller étudier outre-mer et à ces endroits en particulier?

CD : Oui, je savais que j’étudierais à l’étranger avant même de savoir ce que je voulais étudier. En revanche, jusqu’à assez récemment, je ne savais pas où je désirais étudier. Les Pays-Bas ont été un véritable coup de cœur pour moi, d’où l’intention d’y habiter plus sérieusement. Au fil des visites, j’ai développé des sentiments assez particuliers avec le pays au point de m’y sentir chez moi. Pour la France, et plus particulièrement Strasbourg, c’est un peu un concours de circonstances. D’une part, je crois qu’il y avait ce « fantasme intellectuel » d’étudier en France, d’où proviennent plusieurs grands philosophes et sociologues. Il y avait d’autre part cette envie de vivre dans un endroit que je ne connaissais pas. Quand je suis arrivée à Leiden, j’avais l’impression de « rentrer chez moi », alors qu’à Strasbourg, il a fallu plus de temps pour acquérir ces repères. Je repartais à zéro pour une seconde fois – et c’est en voyant les deux moments comme totalement séparés que j’ai pu réellement « m’intégrer » à l’expérience de Strasbourg. En d’autres termes, on ne sait pas plus (que les autres étudiants « étrangers ») parce qu’on a déjà étudié ailleurs, on sait seulement qu’on doit réapprendre à nouveau.

BdS : Pour la suite, quels sont tes projets ?

CD : Mes projets pour la suite sont d’abord de retourner au Québec pour y faire ma maitrise. J’ai plusieurs envies et projets potentiels, disons-le ainsi, mais j’aime mieux laisser aller les choses pour voir comment elles vont se déplier.

BdS : Quel sera ton projet de mémoire de maîtrise, et pourquoi t'intéresses-tu à ce sujet en particulier?

CD : Mon mémoire se fera sous la direction de Dominique Morin. Il s’agira de retracer l’émergence de la bioéthique comme discipline, afin de comprendre les luttes internes liées au projet de l’institution d’une discipline autonome et de ses normes. Je tenterai de saisir le cadre des pratiques à l’intérieur duquel professionnels, praticiens et universitaires se rencontrent et socialisent afin de saisir la manière dont les participants, d’abord formés dans des disciplines autres, s’engagent dans l’interdisciplinarité afin de produire des savoirs communs répondant à des visées de connaissance fondamentale et de décision pour l’action dans le cadre clinique. Je m’intéresse à ce sujet pour plusieurs raisons – et pour d’autres que je ne connais pas encore. D’abord, le monde de la médecine me fascine réellement. Ensuite, j’ai l’impression que ce projet me permettra de rencontrer des individus passionnants, et que je serai poussée à réfléchir à un niveau épistémologique tout en considérant les aspects pratiques liés au cadre clinique. Mon projet me rattachera donc continuellement au « réel ». Enfin, je crois que le projet permet de regrouper beaucoup de mes intérêts premiers dans un cadre tout à fait stimulant.

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Publications récentes

 

Denys Delâge, 2015, « Chansons du Détroit et les Premières Nations : un essai », Les Cahiers des Dix, no 69, p. 303-340.

Andrée Fortin, 2015, « Mémoire des années 1960 dans le cinéma québécois », Les Cahiers des Dix, no 69, p. 1-48.

Simon Langlois, 2015, « La nouvelle stratification sociale de la société québécoise, 1971 à 2011 », Les Cahiers des Dix, no 69, p. 341-370.

GUAY, Louis et Pierre Hamel (2015).  «Cities and urban sociology», dans: Lorne Tepperman et P. Albanese (dir.), Sociology. A Canadian Perspective. Don Mills, ON, Oxford University Press, 4e édition, 550-573.

MARCOUX, Richard (2015). « Le travail des enfants au Mali. Tentative de mesure et inégalités de genre », Revue de droit comparé du travail et de la sécurité sociale, numéro 2015/2, pp. 84-90.
http://comptrasec.u-bordeaux.fr/revue/galit-galit-s-discriminations-essai-de-dialogue-interdisciplinaire-des-savoirs-juridiques-et

Muna Ndulo, Mamoudou Gazibo (GIERSA) «Growing Democracy in Africa. Elections, Accountable Governance and Political Economy». http://www.cambridgescholars.com/growing-democracy-in-africa

Pierre Fraser a publié trois livres tirés de sa thèse de doctorat et projette déjà la sortie de cinq autres volumes à partir de ses enquêtes sociologiques. Militant depuis longtemps en faveur d’une plus grande accessibilité de la recherche scientifique au plus grand nombre de lecteurs possible, il a choisi rendre disponible la version électronique de ses livres tout à fait gratuitement. Seule la version papier, vendue sur Amazon, est payante. https://pierrefrasersociologie.wordpress.com/livres/

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Mémoires et thèses électroniques

Mémoires de maîtrise

Louis-Pierre Beaudry
Dans le bois: la sylviculture dans le parcours professionnel de travailleurs immigrants au Québec
Direction de recherche: Daniel Mercure
Codirection de recherche: Danièle Bélanger

Depuis le début des années 2000, plusieurs immigrants ont intégré le secteur sylvicole de l’industrie forestière québécoise. Analysant un corpus d’entretiens tenus auprès de 16 de ces travailleurs et de 6 de leurs employeurs, ce mémoire présente les différentes étapes de leur parcours professionnel correspondant à leur passage en sylviculture : la recherche, l’introduction, l’occupation et la sortie de l’emploi. Chacune de ces étapes est mise en relation avec les questions cruciales pour les immigrants que sont l’intégration socioprofessionnelle, la qualification et l’ethnicité. De manière générale, l’emploi sylvicole représente pour eux une avenue jugée plus intéressante que leur situation d’emploi préalable, puisqu’il offre une rémunération relativement élevée et neutralise la pénalité qu’ils peuvent subir à cause de leur origine ethnique ; celle-ci agit dans ce cas plutôt comme catalyseur de l’obtention de l’emploi. Deux catégories de travailleurs se profilent selon leur présence projetée en sylviculture : à «long terme» et «de passage». Suivant ces catégories, on peut observer trois stratégies d’orientation du parcours professionnel : pour les premiers – peu scolarisés –, une stratégie de «prolongation», qui vise à profiter de l’intégration jugée satisfaisante offerte par la sylviculture, et pour les seconds – fortement scolarisés –, deux autres stratégies qui prévoient plutôt une sortie de la sylviculture et une quête de qualification qui permettrait l’obtention d’un meilleur emploi. La stratégie d’«adaptation» est caractérisée par l’abandon du domaine de formation prémigratoire, dont l’accès est jugé trop difficile ; la quête de qualification est orientée en fonction des opportunités du marché du travail (conditions et accessibilité de l’emploi). Au contraire, la stratégie de «persistance» donne préséance à l’adéquation de l’emploi avec la formation prémigratoire, quitte à retourner aux études pour la valoriser dans le système québécois. L’analyse identifie des enjeux typiques de la question du travail des immigrants, mais aussi des éléments particuliers à la sylviculture québécoise.

 

Thèses de doctorat

Sébastien Chailleux
«Non au gaz de schiste!» Cadrages et débordements de la controverse sur les hydrocarbures non conventionnels en France et au Québec

Direction de recherche: Louis Guay
Direction de recherche en cotutelle: Antoine Roger
Université de cotutelle : Université de Bordeaux

L’analyse de la controverse sur le gaz de schiste en France et au Québec à un niveau intermédiaire (méso) permet de souligner les processus de construction et contestation sociale et politique des différents cadrages soutenus par les réseaux d’acteurs en concurrence. Les dynamiques d’intéressement à l’intérieur et à l’extérieur de l’action publique illustrent les multiples scènes et forums dans lesquels se déploie la controverse. L’analyse de la construction de ce problème public et ses diverses redéfinitions démontre le rôle central du cadrage politique des controverses. Les solutions retenues définissent tout autant qu’elles tentent de réduire le risque relatif à cette nouvelle industrie gazière (face à un risque cadré comme technologique en France, on observe un cadrage sur l’acceptabilité sociale au Québec). Il s’agit alors d’insister particulièrement sur la dimension procédurale de problématisation des enjeux au regard du recours à la participation publique et à l’expertise scientifique. Les multiples acteurs de cette controverse sont interrogés : les participants à la mobilisation sociale mais aussi les acteurs de l’industrie et des structures politiques et administratives, afin de dresser la cartographie de leur position mais aussi de leurs discours depuis les prémices de cette nouvelle activité industrielle d’exploration du gaz de schiste (2008) jusqu’aux derniers rebondissements politiques (2015). Cette recherche s’appuie sur un corpus d’entretiens qualitatifs (40) mais aussi d’articles de presse écrite (2 400) ainsi que sur l’analyse qualitative et quantitative des divers rapports et commissions de travail sur le gaz de schiste. MOTS-CLÉS : Gaz de schiste, controverse, traduction, problème public, hydrocarbures non conventionnels, fracturation hydraulique, expertise, intéressement, comparaison, risque technologique, acceptabilité sociale.

Harold Bony
Les enfants de la rue à Port-au-Prince - Liens avec les membres de leurs familles

Direction de recherche: André Turmel

En Haïti, comme dans de nombreux pays en développement, on assiste à la présence des enfants et des jeunes qui élisent domiciles dans les rues. Ils viennent des milieux défavorisés et sont victimes des actes de violence corporelle, psychologique et langagière, soit dans leur propre famille, soit dans des familles d’accueil et en domesticité. Cette étude sur les enfants de la rue, à Port-au-Prince, vise, entre autres, non seulement à comprendre les raisons qui justifient leur présence dans les rues, mais également à obtenir une meilleure connaissance des relations qui les lient avec l’univers familial dont ils se sont séparés. Abandonnés ou presque à leur sort, ils n’ont personne pour leur inculquer des notions sociales et morales et pour leur faire vivre des valeurs ; conditions essentielles devant les aider à se construire. En plus des compétences en matière de relations sociales normatives dont ils ne sont nullement dotées, les carences psychosociales et éducatives, et l’inexistence ou le faible revenu substantiel qui les caractérisent en font des parias, aux yeux de leurs propres concitoyens. Donc, ils vivent en marge de la société. L’objectif de cette recherche est d’identifier le lien social existant entre les enfants de la rue et leurs parents; lien associé aux facteurs économique, social, parental, et aux politiques publiques. Diverses techniques de collecte ont été utilisées, entretien semi-directif, entrevue de groupe ou focus-group, observation participante établissent une correspondance entre les hypothèses et les résultats obtenus, correspondance appuyée par diverses théories exposées au chapitre Analyse et Interprétation des résultats. La réalisation de cette thèse requerrait des données empiriques et scientifiques recueillies par une approche qualitative, en réalisant des entrevues individuelles, et des entrevues de groupe afin de mieux cerner la réalité des enfants de la rue. Nos enquêtés viennent tous et toutes des familles pauvres des zones rurales et des quartiers populaires des centres urbains du pays. Nos entrevues ont été réalisées à Port-au-Prince entre les mois de mars et d’avril 2012. Les problèmes socio-affectifs et le faible niveau de revenu quand ce dernier existe, identifiés par les outils de collecte de données et justifiant notre perception d’avant-projet, et l’évidence observable représentent les facteurs déterminants et permanents de la situation vécue par les enfants. Les inégalités sociales criantes sont symptomatiques de l’absence de politique sociale des gouvernants. Il s’établit une corrélation presque totale entre nos résultats et ceux concernant les enfants de la rue d’autres pays en développement. Des recommandations, en termes de conclusion, considèrent la nécessité pour les responsables du pays de tenir compte des retombées d’une politique à la carte pour éviter la paupérisation d’une plus grande partie de la population, par l’implantation d’une politique de justice sociale à travers tout le territoire. Car l’absence de politique publique et de normalisation institutionnelle auront des conséquences négatives pour les couches les plus vulnérables de la société. Enfin, cette étude, malgré son originalité et sa découverte nous permettant d’apporter certaines réponses à des questions, agite des préoccupations toujours pendantes et non élucidées.

 

 

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Dates importantes

 

Vendredi 1er avril

Date limite pour demandes d'admission à la session d'été 2016, première et deuxième périodes, pour les candidats québécois et canadiens hors Québec

Date limite pour demandes d'admission à la session d'été 2016, première période (mai-juin), pour les candidats au programme spécial de français, langue étrangère ou seconde

Date limite pour demandes d'admission à la session d'automne 2016 pour les candidats étrangers à un programme non contingenté des 1er, 2e et 3e cycles

Lundi 4 avril au mercredi 6 avril

Conférence internationale «Intelligences numériques»
Intelligences numériques (Digital Intelligence) 2016 (#di2016) est une nouvelle conférence internationale dédiée aux cultures et à la société numérique, organisée conjointement par l'Université de Nantes (France) et l'Université Laval (Canada). Elle a pour ambition d'être un lieu un lieu de rencontres inédit entre chercheurs relevant de thématiques variées afin de débattre et contribuer à la constitution d'un nouveau paradigme scientifique et culturel sur les intelligences numériques. #di2016 fera parti de la Semaine numérique de Québec, un rassemblement de gens d'affaires, d'artistes et de chercheurs qui exploreront différents aspects de l'univers numérique, avec la collaboration de divers partenaires québécois ou européens.
Centre des congrès de Québec, 900, boul. René-Lévesque Est
Inscription obligatoire au coût de 200 $
Pour Information : info@itis.ulaval.ca

Mercredi 6 avril

Début de la période d'inscription à la session d'automne 2016

Lundi 11 avril 2016

Conférence : Regards croisés sur la notion de justice environnementale
Conférence de Martin Dumas, avocat, professeur agrégé à la Faculté des sciences sociales et directeur de la Chaire Marcelle-Mallet sur la culture philanthropique de l'Université Laval. Cette conférence est organisée par l'Institut Institut EDS, en collaboration avec la Chaire Marcelle-Mallet sur la culture philanthropique et la Chaire de recherche du Canada en droit de l'environnement.
16h30, Salle Hydro-Québec, pavillon Alphonse-Desjardins. Entrée libre.
Contact : mylene.bergeron@ihqeds.ulaval.ca

Jeudi 21 avril

Séance d'information à l’intention des étudiants en rédaction de thèse et de mémoire
De 14h à 15h, à la Bibliothèque, pavillon Jean-Charles-Bonenfant, local 1343

ITIS – Les Rencontres du numérique «Les enjeux éthiques de la ville intelligente»
L'évolution des technologies ouvre constamment de nouvelles frontières et, avec elles, de nouvelles promesses. La ville intelligente est l'un de ces domaines en émergence, apportant avec elle volontés de meilleure gestion et gouvernance. Des données massives aux outils de géolocalisation, de la protection de la vie privée aux questions d'éthique, qu'en est-il, vraiment? Dans cette conférence, le professeur Patrick Turmel, de la Faculté de philosophie de l'Université Laval, tentera d'apporter diverses perspectives, question de savoir si, au final, si la ville intelligente a son éthique…
Conférencier : Patrick Turmel, professeur, Faculté de philosophie de l'Université Laval
19h - 20h30, à la Salle Gérard-Martin de la Bibliothèque Gabrielle-Roy
Entrée libre. Inscription ou réservation: 418 641-6789, poste 128.
Contact : info@itis.ulaval.ca

Vendredi 22 avril

Fin de la session d’hiver 2016  

Lundi 25 avril au vendredi 29 avril inclusivement

Période réservée aux examens qui ne peuvent avoir lieu aux heures et dans les locaux prévus à l'horaire  

Vendredi 29 avril

Date limite d'inscription à la session d'été 2016 – première période (mai-juin) pour les cours de l'enseignement régulier   Dimanche 1er mai

Dimanche 1er mai

Date limite de dépôt des candidatures pour la bourse Jean-Charles-Falardeau d’accueil à la maîtrise en sociologie

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